FRÉQUENCE. CONDITIONS D’'APPARITION
Le nombre des ägranulocytoses auriques signalées est assez Important puisque en 4 ans nous en trouvons 17 cas dans la littérature plus 9 cas que nous avons observés personnellement.
Il est nécessaire d’étudier les conditions dans lesquelles ces accidents ont été observés pour avoir une idée de leur fréquence et surtout pour savoir s'ils sont dus à telle ou telle variante de l’aurothérapie. On pourrait être frappé par le fait que presque tous les auteurs ont publié des observations isolées tandis que nous en avons recueillies 8 et l’on pourrait être tenté d’en trouver l'explication dans notre thérapeutique. Nous croyons plutôt que c’est parce que nous avons recherché systématiquement l’agranulocytose dans tous les cas suspects, en examinant deux ou trois milliers de lames de sang, que nous en avons dépistées un si grand nombre.
Les symptômes sont en effet souvent peu caractéristiques et nous croyons que les agranulocytoses de l’aurothérapie sont presque toujours méconnues. En effet, il s’agit le plus souvent de tuberculeux chez lesquels la fièvre, l’aggravation de l’état général Sont rapportés à la tuberculose. Les lésions ulcéro-
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nécrotiques manquent souvent et lorsqu’elles existent elles sont parfois prises pour des uleérations tuberculeuses ou des stomatites auriques banales. Il ne s’agit pas là de simples suppositions. Plusieurs fois des phtisiologues nous ont parlé de malades chez lesquels ces diagnostics avaient été portés en regrettant de n'avoir pu faire alors des examens de sang. Les formes curables, les formes frustes surtout doivent presque toujours échapper au diagnostic. De même certaines formes foudroyantes peuvent être également méconnues lorsqu'on n’a pas eu le temps de faire un examen de sang et lorsqu'on ne pense pas, à l’autopsie, à faire des frottis de moelle osseuse. [l est donc toujours difficile d’affirmer que lon n'a jamais observé d’agranulocytoses, si on ne les a pas recherchées systématiquement. Le grand nombre des'malades traités n’est pas un argument, surtout s’il s’agit de malades de dispensaire, qui en cas d'accidents graves, restent chez eux ou se font transporter souvent trop tard à l’hôpital.
D’après nos cas personnels nous croyons que la fréquence de l’agranulocytose au cours de l’aurothérapie est d'environ un pour mille. Comme pour tous les accidents rares La « loi des séries » intervient sans doute et il faudrait en tenir compte pour ne pas donner trop de rigueur à l’étude des conditions d'apparition.
L'âge et le sexe semblent avoir peu d'importance dans l'apparition et dans la gravité des agranulocytoses de l’aurothérapie. L'âge. Nous donnons l’âge
de 22 malades en soulignant 2 fois ceux qui sont décédés au cours de l’agranulocytose et 1 fois ceux qui sont décédés après une complication de celle-c1.
On trouve donc tous les intermédiaires entre T4 ans (obs. 14) et 58 ans (ob. 16). La fréquence et la gravité semblent à peu près les mêmes à tout âge : cependant, si l’on tient compte de la fréquence plus grande de la tuberculose aux environs de la 20€ année, il semble que l’agranulocytose soit un peu moins fréquente au-dessous de 25 ans.
Le sexe. l'atteinte un peu plus fréquente des femmes dans l’agranulocytose spontanée se retrouve dans les agranulocytoses de l’aurothérapie. Sur 26 cas nous trouvons 15 femmes et 11 hommes.
Maladies traitées par l’aurothérapie. — La plupart des accidents publiés concernent des tubereuleux pulmonaires : 21 cas sur 26. Les autres cas sont des rhumatismes chroniques : 3 cas (obs. 12, obs. 22, obs. 24), un lupus tuberculeux de la face (obs. 26) et un lupus érythémateux (obs. 16). Certains auteurs : ont pensé que l’agranulocytose était plus fréquente dans le traitement par l’or du rhumatisme chronique. D’autres au contraire soutiennent qu'elle est plus fréquente dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Il faut bien entendu tenir compte du fait que l’aurothérapie est surtout employée dans