ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les autopsies d’agranulocytoses auriques ne sont pas très nombreuses. On en compte 9 y compris les 5 que nous avons pratiquées personnellement. Elles ont été faites dans des conditions assez différentes : 7 malades sont morts au cours de leur agranulocytose (obs. 4, 2 et 9, obs. 45 de MM. Flandin, Escalier, Sassier et Jolly, obs. 20 de MM. Ameuille, Kudelski et Joseph, obs. 23 de MM. Chevalier, Planchu et Badinaud, ob. 24 de M. Knud Secher.
Un malade est mort au cours de la poussée leucocytaire qui a suivi la guérison de l’agranulocytose (obs. 6).
Enfin, une fois l’autopsie a été faite 6 mois après la guérison de l’agranulocytose (obs. 1).
Ces autopsies obtenues dans des conditions très différentes permettent des rapprochements intéressants.
Les lésions. anatomopathologiques qui sont une des caractéristiques de l’Agranulocytose peuvent toutes être retrouvées dans les agranulocytoses de l’aurothérapie. Leurs caractères généraux sont ceux qui ont été remarquablement exposés dans la revue
générale de Chalier. L'absence de granulocytes, l’absence de suppuration. la présence de nécroses viscérales disséminées, les hémorrragies interstitielles la prolifération du tissu réticuloendothélial, ont été retrouvés dans de très nombreux cas.
L'examen histologique de l’ulcération vélopalatine du malade de notre 2€ observation (page 13) montre des lésions absolument identiques à celles qui ont été décrites dans les agranulocytoses cryptogénétiques et qui ont fait dire à certains auteurs que l’agranulocytose cryptogénétique était causée par une infection à point de départ buccal.
L'examen anatomopathologique des reins, du foie et surtout de la moelle osseuse doit être précisé davantage car l’état de ces organes est à la base des nombreuses théories pathogéniques. L’examen des reins n’a jamais montré que des lésions cadavériques banales. Les conditions habituelles des autopsies ne permettent pas de préciser l’état des épithéliums sécrétoires. On ne peut done ni nier, ni affirmer l’existence d’une néphrite toxique. Or, on sait que certains auteurs attachaient beaucoup d'importance à l’atteinte du rein dans le mécanisme des accidents de l’aurothérapie. Nous rappellerons que les signes cliniques de néphrite et en particulier l’albuminurie manquent souvent compétement au Cours des agranulocytoses auriques.
Les lésions du foie ont beaucoup plus d'importance. L'existence d’une hépatite centrolobulaire a été constatée presque toujours. Chez un de nos malades
Jean Braillon. 5
(obs. 2), les lésions anatomiques du fore et les symptômes évoquaient l’ictère grave. D'autre part, plusieurs fois, on a constaté l'existence de lésions scléreuses plus anciennes (obs. 2 et 9). Nous rappellerons d’ailleurs que l'hépatite est presque de règle dans Pagranulocytose quelle qu’en. soit l’origime. E’hépatite ne caractérise donc pas les intoxications.
La moelle osseuse, seul organe dont les lésions soient constantes est particulièrement intéressante à examiner dans les agranuloeytoses de l’aurothérapie. Au point de vue technique, pour lexamen de la moelle osseuse nous rapporterons rapidement la méthode que nous avons finalement adoptée : on scie la diaphyse fémorale et on prélève la moelle diaphysaire qui ne contient que rarement des lamelles osseuses et qui peut être coupée sans décaleificatron laquelle altère toujours beaucoup les protoplasmes. De plus on fait des impressions de la moelle osseuse costale sur des lames qui sont ensuite colorées au May-Grunwald-Giemsa en renouvelant plusieurs fois le colorant.
Nous possédons les examens: de Iæ moelle osseuse de 5 malades morts de leur agranulocytose (obs. 2-4, 20, 23 et 24), celur d’un malade mort pendant la convalescence de l’agranulocytose (obs. 6) et celui du malade (ob. 1) qui est mort 6 mois aprês la guérison de ses désordres sanguins.
Les lésions de la moelle osseuse s’écartent souvent des descriptions classiques de Versé, de Rotter et de Hueber. En effet, ces auteurs décrivent une moelle