‹ Les Agranulocytoses de l'AurotherapieChapitre 39 sur 51 · LENS · texte numérisé non relu

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des hématies, des leucocyte: et la formule leucocytaire constituent un idéal qu’il n’est presque jamais possible de réaliser. Il est beaucoup plus facile de colorer rapidement une lame et de chercher une dizaine de leucocytes sur le bord du frottis. Avec l’habitude en moins de deux minutes d’examen, on peut affirmer la présence ou l’absence d’agranulocytose.

TRAITEMENT. — Le diagnostic précoce permet de suspendre immédiatement l’aurothérapie, ce qui semble être la première condition du traitement. On pourrait considérer le fait comme non prouvé puisque nul n’a jamais osé faire une piqûre de sel d’or au cours d’une agranulocytose aurique, ce serait faire courir au malade des risques certainement très grands.

Des nombreuses thérapeutiques qui se sont proposées de guérir l’agranulocytose aucune n’a pu faire la preuve de son efficacité.

Les transfusions répétées de 100 à 200 cc. de sang nous ont cependant paru avoir une action favorable. Elles agissent sur l’anémie, et à moindre degré sur le purpura, elles semblent améliorer l’état général et cette amélioration ne paraît pas être uniquement psychique. Nous avons également utilisé l’hépatothérapie sous forme de foie de veau cru, 200 grammes par Jour et d'extraits hépatiques buvables. L’hépatothérapie n’a pas sur l’anémie qui accompagne l’agranulocytose la même action que sur l’anémie pernicieuse. Son action sur l’agranulocytose elle-

même qui a été soutenue par différents auteurs est beaucoup plus discutable, elle semble du moins être moftensive.

D’autres thérapeutiques sont plus brutales et peut-être plus dangereuses. Le Dmelcos nous a donné un résultat très favorable (obs. 8) mais au prix d’une réaction extrêmement brutale, dans un autre cas (ob. 4) son action a été nulle.

Le nucléinate de soude n’a été employé qu’une fois par MM. Achard, Coste et Cahen (obs. 12) leur malade a guéri. Le nucléotide de pentose ou pentnucléotid prôné par les Américains a été utilisé par Rheinheimer et Smith, le malade a guéri. Cependant dans ces deux cas le pronostic paraissait relativement favorable. |

Trois de nos malades traités par un extrait injectable de moelle osseuse embryonnaire Choay ont guéri, mais nous ne pouvons affirmer son efficacité.

Nous n’avons pas l’expérience de la radiothérapie médullaire, mais nous croyons que cette thérapeutique d’eflicacité douteuse n’est peut-être pas sans danger.

Dans l’ensemble ces différences thérapeutiques ont une eflicacité discutable. Elles n’ont pas de base expérimentale, car on n’a pu réaliser d’agranulocytoses chez l’animal, elles n’ont été employées que dans des cas peu nombreux et qui surtout ne sont pas comparables.

Nous avons vu que dans l’agranulocytose et surtout dans les agranulocytoses de laurothérapie il

existe très souvent un processus de régénération | spontanée des granulocytes.

Les transfusions répétées, les soins d” de et | peut-être l’hépatothérapie semblent agir en améliorant l’état général, en prolongeant l’évolution et (GÉV:T 0NCR permettant ainsi d'attendre la guérison spontanée.

INTOXICATIONS ASSOCIÉES. AMIDOPYRINE

Nous nous sommes demandés si un autre médicament employé au cours de l’aurothérapie ne pourrait pas être la cause méconnue de l’agranulocytose. La découverte du rôle important de l’amidopyrine dans l’agranulocytose impose cette recherche.

L’amidopyrine ou pyramidon

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ou 1 phényl, 2, 3 diméthyl-diméthylaminopyrazolone est utilisé comme analgésique et antithermique. Associé aux barbituriques 1l entre dans la composition d’un grand nombre de spécialités anaigésiques et soporifiques. Ce corps qui semblait anodin est considéré actuellement par beaucoup d’auteurs étrangers comme la cause la plus fréquente de l’agranulocytose. Kracke le premier, en 1931 signale que les produits contenant des groupements benzéniques peuvent être à l’origine de certaines agranulocytoses, et l’attention se porte d’abord sur les barbituriques. Mais tandis que le rôle des barbituriques reste discuté, on incrimine bientôt l’amidopyrine qui leur est bien souvent associée, on signale aussi le rôle possible de l’antipyrine. En peu de temps une quarantaine au moins de travaux américains, allemands, hollandais, danois, ont été consacrés à cette question,

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On a d’abord signalé des cas assez nombreux où une agranulocytose était survenue après l’absorption de doses normales ou même assez faibles d’amidopyrine. |

Plusieurs auteurs ont ensuite revu leurs observations d’agranulocytose spontanée. Schellekens et Duysings disent avoir pu établir que 9 de leurs malades sur 13, Fitz Hugh que 17 de ses malades sur 26 avaient absorbé de l’amidopyrine juste avant le début ou pendant la maladie. Certains auteurs comme H. Jackson ont critiqué ces affirmations et ils ont rappelé qu’on peut utiliser des antipyrétiques au début d’une agranulocytose encore minime sans qu'il y ait là autre chose qu’une coïncidence. Il en est ainsi quand le médicament n’a été donné que pendant peu de temps et que l’agranulocytose a été découverte peu après. Cependant Jackson pense qu'il se pourrait que l’amidopyrine fût alors un facteur d’accélération ou qu’elle aggravât des formes subcliniques. Sur 27 cas d’agranulocytose retenus par lui, 56 % avaient à un certain moment absorbé de l’amidopyrine ; Jackson considère que l’amidopyrine est la cause probable de l’agranulocytose dans 26 % des cas, et qu’il n’y a qu’une coïncidence dans 30 % des cas. Certaines observations qui constituent de véritables expériences sur l’homme sont particulièrement intéressantes. Plusieurs auteurs signalent des rechutes qui coïncident avec une nouvelle absorption du médicament. Enfin plusieurs fois après la guérison de l’agranulocytose, on a

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