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redonné de l’amidopyrine en observant les modifications du sang. Benjamin et Biedermann donnent 65 centigrammes d’amidopyrine et observent une chute des leucocytes de 3.700 à 1.000 sans modification marquée de la formule. Madison et Squier voient en 12 heures le nombre des granulocytes tomber de 6.850 à 1.200. Il ne faudrait pas croire cependant que de telles réactions soient constantes. Plum Preben donne 20 centigrammes d’amidopyrine et voit le nombre des leucocytes s’abaisser en 2 heures de 9.000 à 2.000 puis remonter à 11.500 pour revenir à 2.000 24 heures après l’ingestion. Il y a ensuite une montée progressive.
Videbech a donné 20 centigrammes d’amidopyrine sans obtenir de modifications des leucocytes et cela deux fois de suite chez le même malade.
Nous avons rapporté à la Société d’Hématologie le 6 juillet 1935 l’observation d’une agranulocytose apparue chez une femme qui utilisait une spécialité à base d’amidopyrine et qui, après le début des accidents, avoir absorbé 4 grammes d’antipyrine. C’est à notre connaissance le premier cas qui ait été publié en France. à
Plusieurs particularités rendaient cette observation intéressante : la gravité des lésions locales et de l’état général, l’absence d’éosinophilie semblaient permettre de porter un pronostic fatal. Et cependant la malade a guéri rapidement en l’absence de toute thérapeutique. Après la guérison nous avons étudié l’action de 5 centigrammes, puis de 50 centi-
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grammes d’amidopyrine en faisant des examens de sang en série. Le nombre des leucocytes et des polynucléaires neutrophiles a présenté des fluctuations trop faibles pour que nous croyions pouvoir leur attribuer une valeur absolue.
Nous n’avons donc pas pu démontrer que l’amidopyrine était bien la cause de l’agranulocytose de notre malade. Mais nous ne pensons -pas que l’absence de désordres sanguins après l’épreuve de l’amudopyrine démontre que ce corps n’était pas la cause de l’agranulocytose et qu'il n’y avait là qu’une coïncidence. Notre troisième observation nous a montré une agranulocytose aurique chez laquelle nous avons pu après guérison reprendre l’aurothérapie sans incidents. La date à laquelle on donne les médicaments, les doses employées, leur répétition ont peut-être une importance que nous ignorons. Le problème de lapparition d’une agranulocytose au cours d’un traitement presque toujours bien toléré comprend encore bien des inconnues.
Depuis que ces travaux ont été publiés plusieurs associations médicales et même le gouvernement des États-Unis ont averti officiellement les médecins et le public que l’amidopyrine et les spécialités qui en contiennent peuvent amener la mort par agranulocytose.
L’amidopyrine serait done pour de nombreux auteurs la cause la plus fréquente de l’agranulocytose, Îl n’est d’ailleurs pas possible de savoir avec
dr.) AN
quelle fréquence lPagranulocytose se produit au cours d’une thérapeutique aussi courante et si peu contrôlée. La eonnaissance du rôle de Fanidopyrine a transformé le problème de Pagranulocytose. Certains auteurs vont jusqu’à voir dans lanuidopyrine la cause unique de l’agranulocytose. Ils mettent en doute l’existence des agranulocytoses spontanées et celle des autres agranulocytoses toxiques. Cependant dans certains cas on a pu établir qu’il n’y avait jamais eu absorption d’amidopyrine et que le novarsénobenzol reste dans ces cas la cause la plus probable. Enfin quelques cas assez peu nombreux demeurent cryptogénétiques. Il est donc devenu nécessaire de rechercher si le malade au cours de l’aurothérapie, n’a pas absorbé de pyramidon ou quelque spécialité analgésique. Knud Secher (obs. 24) dans une lettre qu’il nous à envoyé personnellement nous aflirme que « l’agranulocytose n’a rien à voir avec la sanocrysine .J’ai traité 600 ou 700 tubereuleux par la sanocrysine sans jamais rencontrer un seul cas d’agranulocytose. J’ai traité 200 rhumatisants et parmi ceux-ci j’ai eu quel cas d'agranulocytose mais les malades avaient tous reçu des préparations amidopyriques pour calmer les douleurs. » Cependant l’emploi d’analgésiques est beaucoup plus rare dans la tuberculose pulmonaire que dans le rhumatisme chronique. Nous n’avons d’ailleurs pas pu retrouver lemploi du pyramidon ou d’aucun analgésique suspect chez nos huit malades personnels. Nous remercions MM. Flandin, Cha-
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baud, Chalier et Jullien des renseignements qu'ils nous ont procurés. Le malade de M. Flandin (obs. 15) n'avait pas absorbé de pyramidon pendant son séjour à l'hôpital, il est peu probable, mais non impossible, qu'il en ait pris avant son hospitalisation. Les malades de MM. Chabaud, Chalier et Jullien (obs. 17-23-21) n’avaient certainement Jamais absorbé de pyramidon ou d’analgésiques qui auraient pu en contenir.
L’aurothérapie reste donc bien une cause d’agranulocytose. Mais parmi les cas observés les seuls qui soient certainement dûs à l’or sont ceux où on peut affirmer que l’amidopyrine n’a sûrement pas été employée.
Au cours de l’aurothérapie l'absorption d’amidopyrine expose-t-elle davantage à l’agranulocytose ? Le pourcentage anormalement élevé d’agranulocytoses que Knud Secher a observé chez les rhumatisants qui recevaient à la fois de lamidopyrine et des sels d’or permet de le supposer. De toutes façons il semble qu’on doive éviter particulièrement au cours de l’aurothérapie le pyramidon et les spécialités qui en contiennent, l’antipyrine et peut-être même les barbituriques.
Nous avons recherché dans nos observations si nous n'avions pas donné à quelque moment un autre médicament qui paraissait inoffensif et qui pourrait maintenant être soupçonné. Nous n’avons donné que de la cryogénine. Une seule fois (obs. 1) celle-ci avait été donnée à la dose de 0 gr. 50 par jour pendant
les quinze jours qui ont précédé l'apparition d’une
agranulocytose, mais ensuite la cryogénine a été
employée à nouveau pendant 3 mois sans que les examens de sang en série n’aient rien montré d’anormal. Chez un 2€ malade (obs. 3) la cryogénine qui n'avait pas été utilisée avant l'apparition de l’agranulocytose, a été administrée ensuite sans qu’on observe aucune modification sanguine. Il semble donc qu’on peut écarter la cryogénine comme cause possible de l’agranulocytose. Il n’y a d’ailleurs aucune analogie entre la composition chimique de la cryogénine et celle de l’amidopyrine.
Jean Braillon. 6