‹ Les Agranulocytoses de l'AurotherapieChapitre 6 sur 51 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Notre connaissance des accidents de l’aurothérapie a passé par plusieurs phases. Bien qu’on ait pu faire remonter l’emploi de l’or en thérapeutique à Paracelse et même à la Grèce antique, ce n’est qu’en 1912 avec les travaux de Müllgaard et de Feldt qu’apparaît vraiment l’aurothérapie. En même temps qu’elle, apparaissent les premiers accidents. Au début on employa de très fortes doses de Sanocrysine (thiosulfate d’or et de sodium) jusqu’à Î centigramme par kilogramme de poids, plusieurs jours de suite. On observa alors des accidents que lon attribua aux toxines libérées par l’action bactéricide des sels d’or. On dut ensuite reconnaître qu’il s’agissait d'intoxication. On insistait alors sur les accidents viscéraux et surtout rénaux. Ensuite on expérimenta de nouveaux sels d’or en même temps qu’on diminuait considérablement les doses administrées. On se mit à signaler la fréquence des accidents cutanés et digestifs. Enfin les accidents sanguins attirèrent l’attention à cause de leur gravité.

Parmi ceux-ci les purpuras auriques étaient anciennement connus. Kate Frankenthal avait publié les premiers cas en 1919, mais le premier cas français

DR

n’est signalé qu’en 1929 par Bonafé et Mollard. P. E. Weil qui leur a consacré une revue générale en 1932 en comptait une trentaine d’observations. Depuis, une quinzaine de cas nouveaux ont été publiés, parmi lesquels, les huit cas que nous avons

rapportés avec Hinault à la Société de la Tubercu-

lose. .

Les agranulocytoses auriques qui sont d’un diagnostic clinique beaucoup plus difficile sont de connaissance plus récente. MM. Jacob et Douady ont publié en 1930 le premier cas d’agranulocytose chez une tuberculeuse traitée par la crisalbine ; mais, à eause des faibles doses utilisées, ils pensèrent qu'il n’y avait sans doute qu’une coïncidence. À chaque nouvelle observation, et nous en comptons vingtcinq avec nos cas personnels, de vives discussions éclatent au cours desquelles on incrimine les doses trop fortes, la surveillance insuffisante des malades. Il est assez curieux que malgré de longues recherches bibliographiques nous n’ayions trouvé que trois cas étrangers : en Belgique, en Amérique et au Danemark. Il est vrai que dans de nombreux pays l’aurothérapie est assez peu employée. On peut toutefois penser que beaucoup d’agranulocytoses ‘auriques sont passé inaperçues.

Page 1