‹ Les aïeux de Molière à Beauvais et à Paris: d'après les documents authentiquesChapitre 7 sur 30 · GÉNÉALOGIE · texte numérisé non relu

GÉNÉALOGIE

La filiation (1) s'établit régulièrement depuis :

Jehan Pocquelin, marchand et bourgeois de Beauvais, lequel servit, le 8 juin 1553, de procureur à M° Jehan Hariel, régent de l'Université de Paris, pour donner au chapitre de Beauvais, le dénombrement du fief de la mairie d'Haudiviller que possédait ledit Hariel.

Il épousa Jeanne Hariel, fille de Robert Hariel, bailli du chapitre et de Jeanne Canterel ; leurs enfants furent :

1° Jehan qui suit ;

2° Simonne Pocquelin citée plus haut ;

(1) La presque totalité des renseignements qui iront suivre provient des manuscrits historiques sur le Beauvaisis, appartenant à M. Le Garon de Troussures : « La connaissance des notes se rattachant à ces recherches,» a écrit M. Math on, ■ serait une nouvelle source d'éclaircissements pour mieux affirmer que la famille de Molière était originaire de Beauvais. >

3° Le P. Alexandre Pocquelin, Bellovacus, religieux de Tordre des Franciscains ou Frères Mineurs, représenté dans un tableau du musée de Versailles peint vers 1640.

Jehan Pocquelin, II e du nom, marchand et bourgeois de Beauvais, né vers 1530, échevin de la ville en 1566 et 1568.; son receveur en 1571 ; mort le 14 novembre 1572.

Il fut marié deux fois :

La première, avec Angadresme (1) Mallet dont il eut :

1° Marie Pocquelin, épouse, par contrat du 27 mai

1576, de Jehan Binet ; 2° Jehan Pocquelin, III e du nom, lequel, aVec sa sœur Marie Pocquelin et son beau-frère Jehan Binet, transigea le 1 er juillet 1585 avec Guy Garette et Marie Cozette, sa femme, auparavant veuve de Jehan Pocquelin.

C'est lui qui a formé la branche parisienne (2)

(1) Au vu siècle vivait Angadresme, fille de Robert, chancelier du Roi ; elle fut mise au nombre des Saintes pour sa vie pieuse, et est devenue la patronne de Beauvais,

(2) Nous avouons que, trompé par l'existence du même prénom de Jehan, nous avions toujours cru que ce Jehan Pocquelin s'était marié deux fois : la première à Agnès Mazuel, la seconde à Anne Gaulde : nous sommes heureux de pouvoir rectifier cette attribution erronée, grâce aux Mss, de M. de Troussures.

illustrée par Molière : quoique branche aînée, nous la rapporterons après les Pocquelin de Beauvais pour ne pas couper la filiation que nous venons de commencer.

La seconde fois, avec Marie Cozette, laquelle, le 13 mars 1573, comme tutrice de ses enfants, passa acte avec Jacques Cozette, tuteur de ses enfants et de Simonne Pocquelin, et curateur de Marie Pocquelin, fille du premier mariage de Jehan Pocquelin avec Angadresme Mallet ; ladite Marie Cozette, étant veuve, épousa en deuxième mariage, par contrat du 22 juillet 1575, Guy Carette.

Du deuxième lit de Jehan Pocquelin avec Marie Cozette sortirent :

3° Guy Pocquelin ; 4° Robert Pocquelin, qui suit; 5° Jehan Pocquelin, IV e du nom, échevin de Beauvais en 1602, marié à Anne Gaulde, fille de Louis Gaulde.

Nous renvoyons, pour connaître sa nombreuse descendance, à notre histoire de La Famille de Molière, p. 8 à 27, où elle a été établie suivant un document authentique des archives nationales, et où sont rapportés les représentants actuels de Molière ; 6° Alix Pocquelin, épouse, par contrat du 26 octobre 1586, de Marcel Binet, avocat à Beauvais;

Robert Pocquelin, I er du nom, marchand, bourgeois de Beauyais; échevin en 1589.

Il passa bail, le 15 novembre 1613, avec son frère Jehan Pocquelin, de 90 journaux de terre qu'ils possédaient à Grevecœur.

Il était mort le 25 mai 1619, date d'un partage entre Charles Garette, fils de Guy Garette et de Marie Gozette, veuve de Jehan Pocquelin, Marcel Binet et Alix Pocquelin, sa femme, et Gabrielle Gaulde, veuve de Robert Pocquelin, au nom de Louis et de Guy Pocquelin, ses enfants mineurs.

Robert I er épousa Gabrielle Gaulde, fille de Louis Gaulde, receveur de Crevecœur, et. sœur de Anne Gaulde ci-dessus nommée ; il eurent :

1° Louis, qui continue ;

2° Guy Pocquelin, lequel transigea, le 26 juin 1642, avec Louis, son frère, sur les successions de Robert Pocquelin, leur père, et de Marie Gozette, veuve Garette, leur ayeule.

Louis Pocquelin, I er du nom, marchand, bourgeois de Beauvais.

Il était mort le 20 décembre 1645, date d'un acte

de tutelle et curatelle relatif aux enfants mineurs et au posthume de Louis Pocquelin et de Glaire Flouret, qui était alors enceinte.

Sa femme fut Glaire Flouret, laquelle vivait encore le 20 juin 1663, date d'un partage entre Guy Pocquelin et Claire Flouret, veuve de Louis Pocquelin, de biçns situés dans les environs de Beauvais, dépendant de la succession de Gabrielle Gaulde, mère desdits Pocquelin.

Leurs enfants :

1° Robert Pocquelin, docteur de Sorbonne, chanoine de la cathédrale de Beauvais, lequel fit enregistrer à l'armoriai général de France, 1698, sous le n° 52 de la généralité de Paris, bureau de Beauvais, ses armoiries d'azur à un chevron d'or, accompagné en pointe d'une montagne d'argent ombrée de sable ; il mourut, le 31 décembre 1714, doyen des chanoines et doyen des docteurs de la Faculté de Paris ; 2° Marguerite Pocquelin, mariée, par contrat du 6 octobre 1648, à Jean Borel, chef de la panneterie, chez le Roi, fils de Pierre Borel, maire de Beauvais en 1647, 1648 et 1649, et de Simonne Gueulard ; de cette union (1) :

Eustache Borel, seigneur de Berneuil, époux de Marie-Louise de Montpassant, père de : Eus-

(1) Lettre de la fin du xvn* siècle, citée par H. Ma thon, p. 5.

tache-Louis Borel, écuyer, premier président, lieutenant général de Beauvais, qui s'unit à Marie-Françoise de Malingues et en eut dixsept enfants ; 3° Anne Pocquelin, femme, en premières noces, de N... Mauger, et, en second mariage, de Claude Delacroix, officier du Duc d'Orléans, fils de Pierre Delacroix et de Jeanne Lucas ; 4° Louis, qui suit.

Louis Pocquelin, II e du nom, bourgeois de Beauvais, fut baptisé le 18 mars 1641.

Il était valet de chambre de Monsieur (un des seize, servant par quartier aux gages de 400 livres), lorsqu'il fit enregistrer par d'Hozier, au n° 143 du Registre de la Généralité de Paris, bureau de Beauvais, les armoiries qui suivent : d'azur, à un chevron d'or accompagné de deux gerbes de même, et en pointe d'un rocher d'argent.

Il se maria, suivant contrat du 9 août 1675, avec Françoise Brocard, fille de Pierre Brocard, conseiller du Roi, élu en l'élection de Beauvais, et de Françoise Decuignières : elle testa le 22 mai 1724 et fut enterrée le 9 août 1727, ayant été mère de quatre enfants, savoir :

1° Louis, dont l'article sera ci-après ;

2° Marguerite Pocquelin, morte en 1736, ayant épousé Pierre Leullier, avocat fiscal du comté de Beauvais, fils de Lucien Leullier, aussi avocat fiscal du comté et de Marie Dubuisson ;

3° Robert Pocquelin, prêtre, chanoine de la cathédrale;

4° Marie- Anne Pocquelin, morte en 1727, femme, par contrat du l or juin 1711, de Simon Tiersonnier, conseiller au bailliage et siège présidial de Beauvais, maire de ladite ville en 1738, fils de Claude Tiersonnier, sieur de Quennefer, conseiller du Roi, élu en l'élection de Beauvais et de Marguerite Denully.

Louis Pocquelin, III e du nom, sieur d'Hannaches, qu'il acquit le 21 novembre 1718 ; valet de chambre du Duc d'Orléans, Régent de France ; puis officier de la Reine d'Espagne ; enterré le 24 août 1749.

Il épousa, par contrat du 30 septembre 1708, Marie-Anne Denully, fille de Charles Denully, garde des sceaux de l'Hôtel de Ville et de Anne Rozel ; elle mourut en 1740, ayant testé le 20 janvier 1737.

Une fille unique vint de ce mariage; son article suit.

Marie-Anne Pocquelin, épouse en premières noces de M. Delaporte, et en secondes (1) de Paul- André Vérany de Varennes, avocat.

Elle fut instituée héritière universelle de son cousin François Pocquelin, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, mort à Ivry, le 11 mai 1772.

Elle mourut elle-même le 27 mai 1787.

Ainsi s'éteignirent les Pocquelin de Beauvais. Nous allons voir ce que devinrent ceux établis à Paris, qui n'eurent même pas une durée si prolongée .

(1) Voy. La Famille de Molière, p. 12.

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