‹ Les aïeux de Molière à Beauvais et à Paris: d'après les documents authentiquesChapitre 9 sur 30 · LES ÀJEUX DE MOLIERE · texte numérisé non relu

LES ÀJEUX DE MOLIERE

et qu'il faisait exercer par un autre : il était maître tapissier, et sa boutique portait renseigne de Sainte- Véronique.

Ses enfants furent :

1° Jehan, qui continue ;

2° Pierre Pocquelin, baptisé le 13 mai 1596, marchand mercier, rue de la Chanvrerie ; 3° Jeanne Pocquelin, baptisée le 8 juin 1597, mariée le 19 janvier 1605, à Toussaint Perrier, • marchand linger ;

4° Marie Pocquelin, baptisée le 15 janvier 1599, mariée le 5 août 1618 à honorable homme Martin Gamard, maître tailleur d'habits (1), d'où:

a. Laurent Gamard, 11 août 1619 ;

b. Louis Gamard, 8 mars 1621 ;

c. Nicolas Gamard, 21 septembre 1622, marié le 15 février 1650 avec Geneviève, fille de Jean Julien, marchand de vin ;

5° Nicolas Pocquelin, baptisé le 4 mars 1600, tapissier ordinaire du Roi, office qu'il céda à son frère Jehan Pocquelin, suivant procuration ad resignandum du 2 avril 1631, reçue Turgis et Morel, notaires au Châtelet de Paris ; il se qualifia ensuite tapissier et concierge de la maison de Messire de Liancourt.

(1) Ch. Livet, Les Intrigues de Molière , 1877, p. 02.

Sa femme fut Jeanne Varet, suivant contrat du 22 février 1645; elle lui donna :

d. Marie Pocquelin, baptisée à Saint-Sulpice, le 2 octobre 1645; elle fut tenue par son grand père Jehan Pocquelin, qui se qualifia « tapissier ordinaire du Roy ; »

6° Agnès Pocquelin, baptisée le 27 novembre 1 601 , mariée le 6 juillet 1 625, à François Rozon, huissier au Ghâtelet ; elle mourut le 1 er juillet 1636, ayant eu de son union :

e. Agnès Rozon, 19 août 1629, femme, le 7 février 1655, de Louis Bellier ;

f. Marie Rozon, 10 juin 1631 ;

g* Bernard Rozon, 25 juillet 1633;

7° Guillaume Pocquelin, baptisé le 21 avril 1603, tapissier, rue de Bourbon, marié et père de : h. Charlotte Pocquelin, baptisée le 13 août 1636 et morte le mois suivant ;

8° Martin Pocquelin, 21 janvier 1606, marchand de fer, marié en juillet 1635, avec Marguerite Fleurette, morte le 16 octobre 1636 ;

9° Adrienne Pocquelin, 29 mars 1609 ;

10° Louise Pocquelin, femme, le 16 août 1637, de Charles Droguet, gagne-denier ; enfant :

i. Charlotte Droguet, 28 septembre 1638.

Honorable homme Jehan Pocquelin, né en 1595, marchand et maître tapissier à Paris, demeurant rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache, pourvu le 22 avril 1 631 , par lettres royales, à l'office de « tapissier ordinaire de la maison du Roi ».

Fiancé le 25 avril 1621, il épousa le 27 du même mois Marie de Cressé, fille d'honorable Louis de Gressé, aussi marchand bourgeois de Paris, et de Marie Anselin, demeurant au marché aux Poirées : le mariage fut célébré à Saint-Eustache, le 27 avril

Marie de Cressé mourut le 30 mai 1633, ayant donné, à Jehan Pocquelin, six enfants :

1° Jean, qui formera le cinquième degré ; 2° Louys Pocquelin, baptisé le 6 janvier 1623,

mort avant sa mère ; 3° Jean Pocquelin, dit le jeune, né rue Saint- Honoré, baptisé le 1 er octobre 1624, marchand tapissier sous les piliers des Halles, puis valet de chambre ordinaire de la Reine, en 1655 ; marié par contrat du 15 janvier 1656, à Marie Maillard, fille de feu Eutrope Maillard et de Pierrette Guilminaut ; il mourut le 5 avril 1660, âgé de 35 ans, ayant eu :

a. Jean-Baptiste Poequelin, le 18 janvier 1657, mort jeune ;

b. Nicolas Poequelin, le 19 février 1658 ;

c. Autre Jean-Baptiste Poequelin, le 5 mai 1659, avocat au parlement de Paris, marié le 23 décembre 1684 à Elisabeth Garroche (1); d'où:

aa. Louise Poequelin, inhumée au cimetière des Innocents, le 10 juillet 1687, âgée da 19 mois ;

d. Agnès Poequelin, le 4 septembre 1660.

4° Marie Poequelin, 10 août 1625, morte avant sa mère;

5° Nicolas Poequelin, 13 juillet 1627, vivant encore au 13 janvier 1633 ;

6° Marie dite Magdelaine Poequelin, 13 juin 1628 ; mariée par contrat du 14 janvier 1651 à André Boudet, marchand tapissier, bourgeois de Paris, demeurant sous la Tonnellerie, au Soleil d'or ; Elle fut inhumée à Saint-Eustache le 18 mai 1665, et son mari, le 8 mai 1682.

Leurs enfants (2) furent :

e inhumé le 23 janvier 1656 ;

/. inhumé le 23 juin 1656;

g inhumé le 3 janvier 1659 ;

(1) Jal, p. 989. — Voy. & l'appendice l'extrait n° 10.

(2) Ch. Livet, p. 92.

k. Jean-Baptiste Boudet, baptisé le 26 septembre 1 660, bourgeois de Paris, mort avant 1 71 1 ; i. Madeleine Grésinde Boudet, le 23 juin 1663; j. André Boudet, né avant 1665, lieutenant à Gayenne, dans une compagnie de milice, puis bourgeois de Paris, habitant au cloître et paroisse de Saint-Jacques-de-l'Hôpitai ; Jehan Pocquelin, veuf de Marie de Gressé qui mourut le 10 mai 1632, âgée de 34 ans, se remaria le 30 mai 1633, avec Catherine Fleurette, fille d'honorable homme Eustache Fleurette et de Denise Foubert; elle mourut de couches, le 12 novembre 1636, n'ayant donné à son mari que les deux filles qui suivent :

7° Catherine Pocquelin, 15 mars 1634, religieuse

de Sainte-Marie de Montargis ;

8° Marguerite Pocquelin, née le 15 novembre 1 636,

qui ne survécut que quelques jours à sa mère.

Jehan Pocquelin mourut à son tour le 25 février

1669, et fut inhumé le surlendemain dans l'église

Saint-Eus tache.

Jean Pocquelin, né dans la maison des Cinges (1), angle de la rue Saint-Honoré et de la rue des Vieilles-

(1) Nous rétablissons l'ancienne orthographe parce que la vieille maison du xii« siècle, où naquit Molière, avait pour enseigne un

Étuves, baptisé le 15 janvier 1622 ; reçu le 14 décembre 1637 survivancier en l'office de valet de chambre du Roy à la place de son père ; avocat pendant quelques mois, puis auteur et comédien, sous le nom, devenu immortel, de Jean-Baptiste Poquelin, sieur db Molière (1).

Il entra vers la fin de 1642 dans la Société des Enfants de Famïlle> ceux qu'on appelait les petits comédiens ,' et quelques mois après dans la Troupe de l'Illustre Théâtre (2) qui joua, dans les fossés de la Tour de Nesle, au Jeu de paume des Métayer, un an plus tard à celui de la Croix-Noire, au port Saint-Paul, puis à un troisième, rue de Buci.

Les débuts de Molière furent difficiles, il ne fut qu'un mauvais comédien ; la gène s'en mêla, il fut emprisonné pour dette, et enfin, mis en liberté, il

écriteau où était peint : Pavillon des Cinges. Ce nom lui était venu d'un ancien poteau cornier, sculpté en bois, où Ton voyait plusieurs singes grimpants le long d'un arbre pour atteindre les fruits qui étaient en haut. — Le Moliériste a donné, p. 108, une intéressante notice sur cette maison, qui fut reconstruite en 1802 ; une belle gravure à l'eau-forte donne l'aspect de cette vieille construction du moyen âge.

(1) Nous ne répéterons pas ici les explications que nous avons fournies dans notre Famille de Molière, p. 38 à 54 : le mieux est de s'y reporter. — Ajoutons que le roi Louis XIII avait déclaré que la profession de comédien ne dérogeait pas.

(2) D'après M. Paul Lacroix, Icon. Mol., p. 75, cette ambitieuse qualification d'Illustre Théâtre venait de ce qu'on y représentait surtout les tragédies de Pierre Corneille, qui furent alors réimprimées par les Elzéviers de Leyde avec le titre de V Illustre théâtre de M. Corneille.

proposa aux siens de quitter Paris pour douze années, ayant abandonné, au profit de son frère, la survivance de l'office paternel de tapissier du Roi.

L'histoire de ses pérégrinations (1) n'est pas encore entièrement connue; mais, grâce aux recherches nombreuses faites dans les anciennes archives des villes de France, on sait déjà que les premières représentations furent en 1643 à la célèbre foire du Pardon ou de Suint-Romain qui s'ouvrait à Rouen le 23 octobre, et durait par delà la fête de la Toussaint.

En 1647, Molière était à Bordeaux où il jouait sans succès la Thébalde, pièce qui n'est pas restée ;

En juillet 1647, à Toulouse ;

A Albi, en août et septembre ;

A Carcassonne, en octobre;

A Nantes, le 23 avril 1648;

A Fontenai-le-Comte, le 9 juin de la même année;

A Angouléme et à Limoges ensuite ;

A Toulouse, le 10 mai 1649;

A Narbonne, en janvier 1650 ;

(i) On consultera utilement les ouvrages suivants : Loiséleur, Us Points obscurs de la vie de Molière; Soulié, Recherches sur Molière; Benjamin Pifteau, Molière en promues; Broucbôvd, les Origines du Théâtre de Lyon; et la savante revue, le Moliériste, que dirige avec talent M. Georges Mon val, l'archiviste érudit de la Comédie Française.

À Agen, le 1 3 février suivant ;

A Angers, le 13 décembre 1650 ;

A Lyon, le 9 décembre 1652 qu'il faisait jouer Y Étourdi, la première pièce de lui qui soit restée ;

A Vienne en Dauphiné ;

A Pezenas, entre août et octobre 1653 ;

A Lyon encore, « sa résidence normale » ;

A Montpellier en 1 654 ;

A Avignon, à Pezenas en novembre 1655 ;

A Narbonne, en mai 1656 ;

ABéziers, le 17 novembre 1656, où il joua le Dépit Amoureux;

A Lyon, le 19 février 1657 ;

ANimes, le 12 avril 1657;

A Orange, à Avignon ;

A Dijon, le 15 juin 1657 ;

A Lyon, le 6 janvier 1658;

A Montbrison, à Grenoble ;

A Rouen, en juin 1658.

Le 3 novembre 1658, se sentant assez fort pour aborder la scène devant la première Cour du monde, il revenait à Paris et s'établissait définitivement au théâtre du Petit-Bourbon avec le titre de Troupe de Monsieur.

Alors commencèrent « les années de gloire » : ce ne fut plus qu'une longue suite de succès : acteur et poète, il produisit ces chefs-d'œuvre que nous avons cités dans notre histoire de sa famille, p. 45 et sui-

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