LES ALBANAIS. AT
balkanique pour la liberté de toute la Péninsule sut-elle commencé, que 60 000 Aïbanais avec
les fusils que leur avaient donné la Serbie et le Monténégro se mirent du côté de la Turquie et sombattirent les deux Etats serbes de leur manière sauvage, sournoise, perfide. Dans chaque bataille, à Merdare, à Prichtina et Prizren, à Koumanovo, à Kitchevo, à Prilip et àh Bitolj, à Debar, à Vezirevmost, partout les
Albanais ont, dès qu'ils voyaient qu'ils seraient
| . , vaincus avec les Turcs par les Serbes, arboré
e drapeau blanc en signe qu'ils voulaient mettre bas les armes: mais partout où les
Serbes, au commencement, respectaient le drapeau blanc, les Albanais ont agi en traitres, en iecueillant par des décharges les mains des
mis qui se tendaient. Même les blessés alba-
hais tiraient sur les médecins militaires serbes qui les pansaient, ou ils faisaient les morts Jour tuer traitreusement par derrière quelque officier serbe qui venait à passer. Des villages ntiers albanais se rendirent au premier officier | serbe qui, accompagné d'une petite avant-garde renait d'arriver, et lui livrèrent « toutes » les
armes qu'ils possédaient. Mais à peine l'officier
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avait-il annoncé au chef de sa troupe principale]
que la route était libre, puisque le village en! question avait rendu les armes, et qu'il conti! nuait son chemin, qu'il se trouvait tout d'un. coup dans une embuscade, où il était, ainsi, que sa compagnie, inondé d’une pluie de pro!
jectiles par les habitants du même village quil lui avait donné la fameuse « bessa » albanaise, |
Il va sans dire que l'officier ainsi trahi faisait!
demi-tour, qu'il cernait le village, qu'il en! faisait prisonniers tous les hommes, qu'il trou | vait ensuite le double de la quantité d'armes | qu'on lui avait livrée et qu’il infligeait aux! traîtres une punition exemplaire selon le droit de la guerre. Les adorateurs des Albanais en, Autriche firent de cela les « atrocités » del l'armée serbe, qu'ils répandaient dans toutes. les gazettes de langue allemande, bien que, en. même temps, la feuille Zkdam paraissant à
Constantinople füt pleine d’éloges sur la con=,
duite de l'armée serbe dans les provinces
turques par elle conquises.
Même les Albanais blessés qui, dans les hôpitaux de guerre et les lazarets de réserve, étaient
soignés et traités tout comme les blessés serbes,
n'ont pas eu de compréhension pour tant de charité. On a trouvé chez eux des revolvers
cachés dans leurs lits et il fallait monter la
garde dans les salles où se trouvaient des blessés albanais et turcs. Cela n’empêchait la sauvagerie des Albanais de se manifester. Tandis que les Turcs blessés disaient, les larmes aux yeux : (Nous vous avons combattus et vous nous traitez en frères (Kardasch-gibi) », un blessé albanais a arraché de ses dents de brute un morceau de la joue d’une sœur infirmière.
Et de ces brutes l’Autriche-Hongrie veut faire un État? Bonne chance! mais des savants autrichiens prétendent que cette tentative serait un malheur pour les Albanais eux-mêmes.
« Un gouvernement national — dit le DE Kurt Hassert! — une autonomie de l’Albanie serait pour les Albanais un cadeau des Danaïdes. Entre tous les peuples balkaniques, les Albanais sont au plus bas niveau de cul- Lure, et ils ont un besoin absolu d'être dirigés
pour pouvoir acquérir la maturité nécessaire à
l'indépendance. »
| 1. Wanderungen in Nordalbanien, Mitt. des K. K. Geogr. ISesellschaft, Vienne, 1898, p. 369.
Mais revenons à l’histoire de l’Albanie qui fut, comme nous l'avons vu, en réalité l’histoire de l'État serbe à travers sept siècles tout | entiers. Est-ce que ce pays, une fois conquis | par les Turcs, n’a rien fait du tout que l'his= toire générale eût consigné?
Oh, que si! D’après sa philosophie nationale:
«A qui le glaive à celui lareligion », la majorité, du peuple albanais se convertit à l’islamisme. | Sous ce rapport aussi la différence entre le peuple serbe et albanais est très caractéristique, Nous avons indiqué plus haut, que la noblesse serbe tout entière, la grande et la petite aristocratie est tombée sur le champ de bataille de Kossovo. Un seul contingent de l’armée serbe s’était attardé pour cette bataille: C'était le contingent bosnien, et ainsi la noblesse serbe de Bosnie fut conservée. Lorsque plus tard la Bosnie fut réduite sous la domination turque, les magnats et la gentry bosniens seuls passèrent à l’islamisme et ce, pour sauver leurs droits féodaux. Mais la nation serbe tant en Bosnie qu’en Herzégovine et dans tous les autres pays serbes resta fidèle à la foi des ancés tres, parce que « la religion lui est plus chère
que la vie », parce que son dernier empereur aussi a montré « que le royaume des cieux lui était plus cher que celui de la terre », lorsqu'il s'engagea dans la lutte désespérée à Kossovo.
Le peuple albanais a observé une attitude toute différente. Non seulement ses petits dynastes et son aristocratie passèrent à l'islamisme, mais aussi la masse du peuple, parce que la religion du glaive victorieux était aussi toujours la sienne propre.
Le deuxième fait important de la domination turque dans les deux pays, c'est l’'émigration. La différence des deux nations sous ce rapport est aussi très caractéristique. Tandis que les Serbes sont attachés à la glèbe et que la perséeution la plus inhumaine n’a pu les décider à quitter leur patrie, tandis qu'il fallait que l’armée autrichienne partie à la conquête de la Turquie et renforcée par la nation serbe tout entière, füt battue, que les Serbes de la Vieille-Serbie, donnant suite à un appel de l’empereur « allemand », allassent s'établir en 1690 en Autriche, pour former là-bas la frontière militaire et le rempart de la monarchie contre les Turcs pour
deux cents ans encore, tandis que ceci est la
seule grande émigration (en deux parties) des Serbes, l’émigration des Albanais dure des temps primitifs jusqu'à nos jours. Non seulement 1ls ont émigré en masse pour occuper les sièges abandonnés par les Serbes dans la Vieille-Serbie à la fin du xvu° siècle, et pour exterminer systématiquement les Serbes qui y étaient restés jusqu’à la guerre balkanique, mais l'émigration des Albanais, par simple ins* tinct de nomade, dure depuis des milliers d’années, depuis qu’on connaît son existence. Cette émigration a inondé toute l'Italie du Sud, de sorte que la Société biblique britannique était obligée de nos jours d'éditer l’Écriture sainte en deux langues albanaises, rien que pour les Albanais d'Italie. L’émigration des Albanais en Grèce ne fut pas moins considérable. En 1854 lorsque le royaume de la Grèce ne comptait qu'un million d'habitants, v. Hahn constatà que pas moins de 200 000 en étaient Albanais: L'auteur de ces lignes vécut à Athènes de 1894 à 1893, et dans ses promenades aux environs les plus rapprochés de la capitale grecque il trouva des villages dont les habitants ne parlaient pas grec, mais ghègue ou tosque :
c'étaient des Albanais. [ls Claient devenus sous tous les rapports de bons citoyens grecs, mais dans leur famille ils étaient restés Albanais. Cette rage albanaise d’émigrer qui dure depuis des milliers d’années, les a dispersés sur toute la péninsule. Ce n’est pas tout : il y à des villages entiers en Autriche-Hongrie qui sont habités par des Albanais. Ces villages s'appellent Nikinze et Herkovtze et se trouvent sur la frontière de Syrmie près de Mitrovitza.
Si par conséquent les hommes d'État d’Autriche-Hongrie veulent incorporer au nouvel État albanais tous les pays où se trouvent des Albanais, il faudrait que logiquement ils adjoignissent à l’Albanie la plus grande partie de la Péninsule balkanique, du moins la moitié ouest de Nikinze et Herkovize jusqu'au Cap Maâtapan, d'autant plus qu'il serait alors plus facile de réaliser le plus ardent désir de la
monarchie, celui de pouvoir mettre la main sur La ligne du chemin de fer de Belgrade à Salonique.
| Vu le respect excessif que toutes les Grandes Puissances d'Europe ont témoigné à l'égard de
la « démonstration militaire » de l’armée austro-