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PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE VII. ï

de canons tendant à arrêter les progrès trop sensibles de Terreur.

Bientôt elle apparut sur les bords de la Loire, à Orléans même. Elle s'y manifesta dans la personne d'Héribert et de Lisoy, deux clercs fort connus, sortis l'un et l'autre d'une famille considérable, jouissant d'une certaine renommée de science et de vertu (1). Parmi les clercs delà ville d'Orléans, ils ne furent pas les seuls à faire profession de Manichéisme. Une chronique (2) parle de clercs qui devenus manichéens furent brûlés. Une autre mentionne dix chanoines de la cathédrale d'Orléans, qui, convaincus de Manichéisme et obstinés dans l'hérésie, furent dépouillés du sacerdoce, chassés de l'église et enfin brûlés (3). Odolric était alors l'évêque de la ville (4).

Le Manichéisme se répandit de l'Orléanais en Champagne ; là, il s'établit au château de Montwimer, qui demeura pendant longtemps son siège principal dans le nord de la France.

A Reims, deux prêtres furent condamnés ; l'un des deux avait été le confesseur de la reine

(1) Rodulph. Glaber.

(2) Labbe, ad. an. mxxii, Chronica Antisiodorentis.

(3) Labbe , t. n , p. 180. C'est la Chronique d! Ademar, Cf. Helgaldus, Vit. Rob.

(4) Ceci est attesté par un Privilegium , accordé par !e roi Robert à l'abbé Albert.

Constance, femme de Robert de France et fille du comte de Toulouse, Guillaume Taillefer III. Elle voulut elle-même assister au supplice des condamnés. Ajoutons ce trait qui peint l'époque : au moment où son ancien confesseur passait devant elle, elle crut faire une oeuvre de piété en enfonçant une baguette de fer dans l'œil du malheureux, qui avait peut-être essayé autrefois de glisser dans son cœur le venin de l'hérésie.

Vers 1025, on signala des hérétiques à Liège et à Arras ; mais dès ce moment l'hérésie sembla disparaître du nord de la France ; pendant soixante ans environ il ne fut presque plus question d'elle. C'est qu'en effet, si plusieurs auteurs parlent d'une propagation rapide dans plusieurs villes du nord, il ne faut pas oublier que le roi Robert veilla avec le soin le plus jaloux sur la foi de son peuple. Il agit avec une admirable sagesse. Aussi les Manichéens commencèrent-ils à se cacher et à vivre en secret (1) , et ce secret fut si profond qu'ils semblèrent avoir disparu.

Mais ils ne quittèrent point le midi de la France, où ils s'étaient fait un grand nombre de disciples, et qu'ils se plurent dès lors à regarder comme une seconde patrie. C'est là qu'ils comptèrent s'établir d'abord, ensuite conquérir le pouvoir, et ainsi

(1) Helgaldus , Vita Roberti.

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