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CHAPITRE II

Les Albigeois. — Leur doctrine. — Partie morale et ascétique de leur système.

Quel était, pour les Albigeois, le fondement de la loi morale ? Par quel critérium discernaient-ils le bien et le mal ? Où plaçaient-ils la règle du bien 1

Ce fondement, et à la fois ce critérium, cette règle, devaient découler et n'être que l'application de leur principe de la matière mauvaise. Si la matière est essentiellement mauvaise, tout contact volontaire avec elle sera vicié par elle, entaché de péché et produira le mal. Telle fut leur grande loi morale.

Tout péché, c'est-à-dire tout contact avec la matière, pourvu qu'il eût été manifesté par un acte, était mortel de sa nature, pardonnable toutefois, mais seulement par l'entrée dans l'Église albigeoise.

Puisque la loi morale ordonne de s'abstenir de tout commerce avec la matière, que tel est son fondement et telle son essence, on peut prévoir

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