DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE IV
siècle (le xir9), Mesculam, ce fameux docteur, qui fit de ses cinq fils tout autant de rabbins trèssavants, versés dans la connaissance du Talmud et de la Loi. Maintenant Moyse Gisson, qui portait le nom de Grand, y attirait par sa science profonde les Juifs des pays les plus éloignés. Samuel y donnait des leçons publiques très-estimées. Juda y enseignait aussi en même temps qu'il exerçait la profession de médecin ; Selemon y remplissait les fonctions de prêtre de la Loi , et avait pour principal disciple Schimha, qui écrivit contre les chrétiens.
L'école de Beaucaire comptait six rabbins (1) : Abraham, fils du rabbin David, un autre Abraham, Joseph, Benbenschath, Benjamin et Isaac. 11 paraît qu on venait des régions les plus lointaines pour entendre lesleçons du premier principalement, très-versé dans les connaissances juives.
(1) <( In quà Judsei ferme quadraginta, celebrisque academia eximio professore doctore Abrahamo filio R. Davidis. Hic factis erat celebris et sapientia excellebat, cum in Talmudicis, tum in Scripturâ, adeo ut legis addiscendae causa ipsum adirent e loginquis etiam regionibus , atque in suis œdibus otium ac quietem nactos instituebat : quin etiam si cui sumptus non suppeterent, ipse de suo ex facultatibus suis quibuscumque opus esset erogabat, utpote ditissimus. Ibidem sapientes alii, Rab, Joseph, filius R. Menehem, R. Benbenschath, R. Benjamin, R. Abraham denique Isaac filius R. Mosis. » Benj.-Itin.
320 LKS ALBIGEOIS.
A Saint-Gilles, que Benjamin désigne par le nom de Nogres , il y avait environ cent Juifs, tous très-avancés dans la connaissance des lettres Juives. Les principaux portaient le titre de maîtres (1).
L'auteur que nous suivons avait compté deux cents Juifs à Arles, dont l'école était dirigée par six rabbins très-distingués (2). A Marseille, ils avaient deux écoles florissantes (3). Partout ils étaient signalés pour leur amour de la sagesse ; si bien que, malgré cette sorte de répulsion que la société du moyen âge éprouva constamment pour eux, ils avaient fini par acquérir de 1 influence. Ils parcoururent sans cesse le littoral méditerranéen, allant de Marseille à Gironne, de
(1) « Ubi cœtus Judaicus centum circiter sapientum , quorum primarii R. Isaac fîlius R. Jacobi, R. Abraham filius R. Judas, R. Eliezer, R. Isaac, R. Moses et R. Jacob, filius magni doctoris Levi. Ibi degit princeps R. Abbamari, filius R. Isaaci , prœfectus Gubernatoris Damani.» Benj.- Itin.
(2) « Ubi ducenti Israelitee, quorum primarii R. Moses, R. Tobias, R. Jesaias , R. Salamon , Magnus R. Nathan, denique Abba-Mari. » Benj.-Itin.
(3) « Quee civitas multos illustrissimos et sapientes habet , adeo ut duo sint collegia trecentorum ferme Judae-
• orum : quorum unum maris littori inferius imminet; alterum vero similiter mari adjacet , sed in quodam loco superiori , venerantum exhibens concessum , sapientise inquam studiosos. » Benj.-Itin.