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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE V

la victoire à son Église. C'est votre intérêt de le recevoir avec honneur, lui et ceux qui raccompagnent. Veillez, selon le pouvoir qui vous a été donné d'En-Haut à ce que tant de labeurs endurés spécialement pour votre salut ne demeurent pas inutiles » (1).

Le comte de Saint-Gilles reçut, en effet, avec honneur le légat du Saint-Siège. Après avoir donné des ordres pour qu'il fût partout secondé dans ses états, il s'embarqua pour la Palestine, où cette année même il mourut clans la ville de Césarée (2).

Le cardinal Albéric, suivi de l'évêque de Chartres, arriva le premier à Toulouse. Il commença par prendre connaissance de l'état de l'Église dans ce pays, et il fut bientôt persuadé que les esprits s'éloignaient étrangement de la religion da Christ.

Saint Bernard, retenu un moment par les affaires de Clairvaux, ne tarda pas à prendre la route de Toulouse par Bergerac, Périgueux et Cahors. Aussitôt qu'il fut arrivé, comme il ne fallait pas perdre de temps, la mission commença. Suivons le récit du moine Geoffroy.

(1) Epist. ccxli. — Cf. S. Bernardi vita i, lib. m , c. 6; lib. vi, c. 17; lib. vu, c. 17. — Vita n, auct. Alano, c. 26. — Voir, Pièces justificatives , N° 6.

(2) Robertus de Monte, Appendix ad chronicon Sigeberti. Ap. D. Bouquet, t. xm.

D'après ce moine, témoin des faits, saint Bernard fut reçu dans tout le pays presque avec religion. Sa grande sainteté en imposait à tous; on le regardait comme un ange descendu du ciel. La foule de ceux qui venaient la nuit et le jour demander le secours de sa parole était immense. Jamais semblable enthousiasme. Le saint ne pouvait pas sortir sans êtreaussitôt entouré d'un peuple innombrable, avide de le voir et de l'entendre. La mission semblait donc devoir être féconde.

Pendant les premiersjours, l'abbé de Clairvaux prêcha à Toulouse. La renommée de son éloquence, où se mêlaient délicieusement la piété, l'élégance de la forme et la force du raisonnement, alla bientôt au loin. On le demanda partout. Mais il fallut se borner ; et le saint , écoutant plutôt son zèle que cédant à la faveur populaire, se transporta dans les villes et les bourgs que Henri avait le plus fréquentés. Là il s'attacha à instruire les simples et à fortifier la masse des indécis, à rappeler les égarés, à refaire les convictions de ceux dont la foi avait un instant chancelé. Son influence devint si grande, que les sectaires n'osaient plus se montrer ; Henri lui-même dut fuir devant la douce majesté de saint Bernard et se cacher. Mais, en sûreté nulle part , il finit par être pris par les habitants et livré à l'êvêque de Toulouse.

Dans ce récit, il n'y a rien qui puisse nous sur-

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