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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE VII

naires, ne tardapasà arriver à Toulouse. Des faits graves s'y produisaient déjà depuisquelque temps. Un très-riche bourgeois possédait deux châteauxforts, qui se trouvaient, l'un dans l'intérieur de la ville, l'autre en dehors des murs d'enceinte. Pierre Mauran donnait tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre de ces châteaux, asile aux hérétiques, qui s'y réunissaient avec d'autant plus de confianceque ces murs fortifiés les mettaient à l'abri de toute attaque. L'arrivée du cardinal le troubla dans sa tranquillité et son zèle ; il éprouva d'abord une sorte de peur; la prudence l'emporta ensuite et lui conseilla de jeter un voile discret sur la secte exécrable dont il faisait partie. Afin de donner le change, il se plutà répéter qu'il était profondément attaché à la religion catholique. Malheureusement pour lui, il n'avait pas habitué ceux auxquels il s'adressait confidemment à le croire sur parole. Mandé par le légat, il fut mis en demeure de se prononcer et de faire connaître sa foi. En tout point elle fut opposée à la doctrine évangplique. Le cardinal et les évêques, le jugeant hérétique, le condamnèrent; et usant d'un droit qui n'émanait plus sans doute de leur caractère sacré, mais que leur avaient conféré le comte de Toulouse et les rois de France et d'Angleterre , appelés comme pacificateurs , ils prononcèrent la confiscation de ses biens et la démolition des deux tours les plus

belles et les plus fortes de son château. Mais aussitôt ce défenseur intrépide du double principe se jette aux pieds du cardinal et des évêques et leur demande pardon. Ceux-ci acceptent son repentir ; mais afin de donner dans sa personne un exemple mémorable, ils le font conduire, les épaules nues, dans les rues et les places de la ville, et le font battre de verges. Il promet enfin de faire le voyage de Jérusalem et d'y consacrer trois années entières au service de Dieu. Ce n'est qu'à cette condition que ses biens lui seront rendus. Cependant les tours de ces deux châteaux, qui sont comme l'expression menaçante de la méchanceté hérétique, seront renversées, et pour lui, il comptera 50,000 livres d'argent entre les mains du comte de Toulouse.

Ce coup de vigueur sembla avoir été inspiré par les conseils de la plus sûre prudence ; car un grand nombre d'hérétiques, craignant un semblable traitement, vinrent aussitôt trouver le cardinal et les évêques, firent l'aveu de leur hérésie, et demandèrent un pardon qu'ils obtinrent sans peine : ce qui prouve que le traitement auquel fut soumis le riche bourgeois ne devait, dans la pensée du légat, porter que sur lui seul (1).

(1) Rogerius, Annal. Anglor.

« En l'an 1170 de l'Incarnation du Seigneur, un cardinal, envoyé de Rome par le Souverain Pontife , l'assiégea.

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