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CHAPITRE IL

Manès. — Les Fondements de sa Doctrine.

C'est une vérité acquiseà l'histoire que , à la fin du ne siècle, l'Orient avait pleinement déversé sur l'Occident ses erreurs qui remontaient à Zoroastre. Mais ces erreurs ne formaient encore qu'un chaos confus. La phalange innombrable des hérétiques gnostiques et dualistes, qui remplissent l'histoire de cette époque , n avait abouti par ses efforts désespérés qu'à montrer qu'en dehors de l'Evangile il y a toujours et uniquement désordre, trouble et agitation. Parti de principes parfois très-différents, les uns et les autres poursuivaient cependant un même but : la destruction de l'Eglise ; mais , dans cette œuvre commune , ils se divisaient et se séparaient sur la voie et sur les moyens. Les divergences qui se produisaient de plus en plus ne tendaient donc qu'à les séparer davantage. L'œuvre de Manès fut précisément de réunir comme en un faisceau puissant toutes ces aspirations diverses , tous ces germes d'erreur flottant dans les airs, tous ces principes encore vagues , et de les établir sur

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