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CHAPITRE IX

Avènement d'Innocent III au trône pontifical. Etat général de l'hérésie.

Le jour même de Ja mort de Célestin III, le 8 janvier 1198, Lothaire, fils de Transmondo, comte de Segni,issu d'Anagni, cardinal-diacre des saints Sergius et Bacchus, fut élu et prit le nom d'Innocent 111.

Ses contemporains le représentent comme un homme d'un esprit pénétrant (perspicacis ingenii), d'une vaste mémoire, très-versé dans les lettres divines et humaines, distingué comme orateur et comme écrivain. On vantait à la fois sa charité envers les pauvres , sa fermeté contre les rebelles et sa bienveillance envers les âmes soumises et dévouées. Courageux et inébranlable, magnanime et habile , il fut toujours le défenseur de la foi et l'adversaire de l'hérésie (hœresis exjpugnator). Exact à rendre à chacun son droit, bon et indulgent , modeste dans la prospérité, patient dans le malheur, il pardonnait bien vite. Il avait étudié d'abord à Rome , puis à Paris , enfin à Bologne ;

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il fut supérieur à ses contemporains autant dans la philosophie que dans la théologie, autant par les qualités de l'esprit que par les dons du cœur (1). Tel était le nouveau pape, bon, magnanime Jeune encore, le plus grand dans l'Eglise par ses vertus, la noblesse de son caractère , la promptitude du coup-d'ceil et la sûreté de l'appréciation ; le plus grand dans un siècle qui ne manqua à aucune des espérances qu'il avait fait concevoir. Défendant, simple prêtre , par ses paroles et par ses larmes l'honneur du suprême pontificat , mais une fois élevé sur la chaire de Pierre , conduisant les affaires avec autant de prudence et de sagesse que de force et d'énergie , il était né pour gouverner l'Église , pour exercer sur les peuples du monde entier la suprême magistrature dans des circonstances difficiles, au moment où « le dogme était mis en péril par un grand nombre d'hérésies très-dangereuses, la liberté de l'Eglise menacée par la politique des Hohenstaufen , où l'indépendance des papes l'était également par l'alliance de la basse Italie avec l'empire, où les droits de la suzeraineté qu'avaient les papes sur Naples et sur la Sicile n'étaient plus guère qu'un vain mot (2) ; au moment où le Turc venait d'être victorieux et où l'hérésie se réjouis-

(1) Bibl. Vatic. n° 1960 , publié par Theiner, dans son édition de Baronius , t. xx , adanwim 4198. 2) Hefelé, Histoire des Conc.

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