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DEUXIEME PARTIE. CHAPITRE X

négligeaient de se conformer à nos ordres, seraient soumis à toute la sévérité ecclésiastique, et ne rentreraient plus dans la possession de leurs biens, à moins que, revenant à eux-mêmes et renonçant à l'hérésie, quelqu'un consentît à avoir pitié d'eux. Et tout cela pour que le châtiment temporel corrige ceux que la sentence spirituelle n'amende pas. Nous avons appris que le prince Kulin avait reçu les nombreux Patarins que notre vénérable frère N. .., archevêque de Spalatro, avait chassés de Spalatro et de Tragurium ; qu'il avait donné à leur iniquité non-seulement un refuge , mais encore du secours, au su de tout le monde, livrant, lui et ses possessions, à leur perversité, les honorant plus qu'il n'honore les catholiques et les appelant faussement chrétiens. Pour que cette maladie contagieuse, à laquelle il faut s'opposer dès ses commencements , ne corrompe pas les pays \oisins et ne jette pas son venin dans le royaume de la Hongrie, nous prions Votre Sérénité royale, nous l'avertissons et nous l'exhortons dans le Seigneur, et lui enjoignons pour l'expiation de ses péchés, puisqu'elle est armée puissamment pour venger une si grande injure faite au Christ et aux chrétiens, d'ordonner au prince (1) de chasser des terres soumises à son pouvoir

(1) Votre vassal.

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tous les hérétiques, après avoir confisqué leurs biens. S'il s'y refuse, vous le chasserez, lui et les hérétiques, non-seulement du territoire qui lui est soumis, mais encore de toute la Hongrie. Vous confisquerez leurs biens partout où on les trouvera dans votre royaume ; que votre vigilance népargne point le prince ; exercez contre lui toute la rigueur de la juridiction temporelle, s'il ne peut pas être rappelé au devoir par une autre voie. Quant à Nicolas, évêque de Faren s e (Farensis episcopus), qui non-seulement en dehors de notre autorité, mais encore malgré notre défense, a eu l'audace d'envahir et de garder la métropole de Jardine, il est déclaré suspens et soumis à Fanathème , et nous vous donnons le droit de le chasser» (1).

Hemmerade suivit les désirs et les pensées du pape. Mais Kulin protesta et affirma avec énergie que ses sujets étaient sincèrement attachés à la religion catholique. Le pape, qui avait déjà appris à ses dépens à connaître les hérétiques, n'accorda pas une grande confiance aux affirmations du vassal menacé. Pour s'assurer de la vérité, il envoya dans la Hongrie son chapelain, le prêtre Jean, avec la mission de s'informer du véritable état des esprits dans ce pays. Voici comment le

(1) Innocentii III, Regestorum. Lib. ni, epist. ni. ,

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