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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE X

pape racontait ces divers événements, dans une lettre adressée à l'archevêque de Spalatro et au prêtre Jean :

« Nous avons une telle confiance dans votre discernement, disait -il, que nous vous avons confié en toute sûreté une de ces missions que Ton confie seulement aux hommes les plus prudents. Nous ne nous sommes pas trompé quand nous avons espéré que vous travailleriez avec zèle à cette mission pour la gloire du nom de Dieu et pour l'honneur de l'Eglise . Dans le pays soumis au noble Kulin, un grand nombre d'habitants étaient vivement soupçonnés de partager l'hérésie cathare. Nous en avons donc écrit à notre cher fils dans le Christ, Henri, le roi des Hongrois (1), qui a repris à ce sujet le prince Kulin, et lui a ordonné de confisquer les biens des Cathares et de les chasser de ses domaines. Mais Kulin, s'excusant lui-même, a répondu qu'il ne croyait pas ses sujets hérétiques, mais catholiques, ajoutant qu'il était prêt à envoyer quelques-uns d'entre eux auprès du Siège Apostolique, qui lui exposeraient leur foi et lui feraient connaître leur manière de vivre; ainsi, ils seraient ou confirmés dans le bien ou arrachés du mal, car ils désiraient garder inviolablement la foi catholique. Aussi dernièrement Kulin nous a député

(dj Epist., lib. v, epist. cm.

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notre vénérable frère l'archevêque et notre cher fils l'archidiacre de Raguse, qui étaient accompagnés de quelques habitants du pays. Ils ont demandé humblement que nous envoyions d'auprès de nous dans leur pays un homme capable , qui examinerait autant le prince que ses sujets sur leur foi et leur vie, arracherait et planterait tout ce qu'il croirait devoir arracher ou planter pour la gloire de Dieu. Nous qui , tout indigne que nous sommes , tenons sur la terre la place de Dieu , qui ne veut pas la mort du pécheur mais seulement son repentir, nous avons cru devoir accorder cette demande ; car c'est avec une affection paternelle que nous désirons leur retour. Après avoir consulté nos frères, c'est vous, Jean, notre fils, que nous avons destiné à une semblable affaire. Afin que vous remplissiez plus parfaitement votre mandat, nous vous avons adjoint notre frère l'archevêque, qui, par sa proximité, a une parfaite connaissance des lieux et des hommes; et nous vous enjoignons d'entrer dans les terres de Kulin, d'examiner avec le plus grand soin la foi et la manière de vivre, autant du prince que de sa femme, de ceux qui l'entourent que de ses sujets. Tout ce que vous trouverez être conforme à la foi catholique, nous vous donnons tout notre pouvoir pour le confirmer. Que s'il y a quelque chose qui sente la méchanceté hérétique et qui soit

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