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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XIII

cours poétiques et chevaleresques de Poitiers et de Toulouse, il s'était enfin jeté dans un couvent de l'ordre de Cîteaux, qu'il édifiait par son ardeur fanatique » (1). Ailleurs, il l'appelle un « évêque frénétique» (2).

Sismondi l'accuse de s'être « jeté avec fureur dans les rangs des persécuteurs » (3). Il le représente comme déclarant « que sa conscience ne trouverait point de repos jusqu'à ce que, dans le seul diocèse confié à ses soins , il eût conduit sur les bûchers plusieurs milliers de victimes qu'il pouvait désigner au bourreau » (4). Ailleurs il parle de la « fureur sanguinaire de Foulques , qui aurait voulu faire périr sur les échafauds la moitié du troupeau confié à ses soins » (5) ; il s'indigne aussi « de la haine du légat Arnaud » contre Raymond VI (6).

Tel est le portrait que les auteurs hostiles à l'Église ont fait de Foulques, «■ aussi furieux dans le fanatisme et la vengeance qu'il l'avait été autrefois dans le plaisir » (7), de cet « irascible et turbulent

(1) Hist. de France, liv. xxm.

(2) Ibid,

(3) Histoire des François , liv. m, chap. xxiv.

(4) Ibid., chap. xxv.

(5) Ibid., chap. xxvi.

(6) U. ibid.

(7) Michelet, Histoire de France, liv. rv, chap. vi (suite) . Hachette, Paris, 1852.

vieillard» (1). 11 est vrai que Foulques eut une jeunesse, non pas orageuse, mais mondaine. Son père, nommé Amphaux, riche marchand de Gènes, « luy lessa un fort beau et ample héritage, et d'or et d'argent » (2). Doué d'une belle imagination et d'un vrai talent de poète, il suivit, en même temps que les désirs de son cœur, les goûts de son siècle. 11 cultiva la galanterie et se fit troubadour. 11 plut beaucoup à Richard, roi d'Angleterre, au comte Raymond VI de Toulouse, et à Béral de Baux, seigneur de Marseille. « Il composoit fortbienet doctement en langue provençale, chantoit encore mieux, estoit beau de sa personne, plaisant et libéral » (3). Aussi, on a de la peine à se le représenter sous les traits sinistres et presque sauvages que lui ont donnés Michelet et Sismondi. L'auteur que nous venons de citer est loin de partager leur sentiment. Pour lui, Foulques, malgré les écarts de son imagination et les émotions d'un cœur généreux, qui l'attachèrent vivevement à Adalasia, femme de Béral de Baux, défaut dont ne furent exempts aucun des poètes

(1) Peyrat , Histoire des Albigeois, les Albigeois et V Inquisition , liv. i, E. v.

(2j Les vies des plus célèbres et plus anciens poètes provençaux, qui ont fleury du temps des comtes de Provence. — Lyon , chez Alex. Marsili , 4575.

(3) Ibid.

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