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DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XIV

devoir de justice envers l'Eglise, nous méconnaîtrions la perfidie des attaques parties des rangs du rationalisme contre la conduite prétendue sanguinaire de l'épouse du Christ dans la croisade du Languedoc, si nous ne parlions de son apostolat bienfaisant , fécond . héroïque même , qui , par sa seule force et sa divine vertu , eût vaincu des hérétiques moins fanatisés et eût épargné à nos riches provinces l'effusion du sang de guerriers moins violents, moins obstinés, plus amis du devoir et de l'honneur.

Saint Dominique reçut de son père, de sa sainte mère et d?un oncle vénéré qui remplissait les fonctions d'archiprêtre dans le diocèse d'Osma, cet esprit de zèle, de charité ardente et généreuse, que le Sauveur a apporté à la terre et qui a transformé le monde (1). Nous en avons admiré les premiers effets dans les courses apostoliques, les conférences, les prédications qu'il fit en compagnie de l'évêque d'Osma, en 1206 et en 1207. Ce n'était pas assez, en effet, pour lui, que d'avoir renoncé à la culture des sciences purement humaines pour se livrer à l'étude de la théologie (2). Toute connaissance , toute science , tout amour veulent se répandre comme la lumière et la eha-

(1) F. Jordanus, vita B. Dominici, N°1, ap. Quétif et Echard, t. i, p. 2.

(2) Ibid., n<>2.

leur, et, en cela, elles participent à la sublime bonté de Dieu, dont la première manifestation est une diffusion de lui-même. Dominique, après le départ des religieux de Oîteaux, demeura donc dans le Languedoc pour prêcher aux hérétiques la grâce et l'amour qu'ils méconnaissaient (1). Son unique prière, depuis qu'il avait étudié à Palentia, était qu'il fût animé de cette charité vraie, dont les attraits sont tout-puissants pour ouvrir le cœur des hommes à la vérité et au salut (2). Dieu répondit à ses désirs. On connaît ce premier trait de son apostolat: il n'avait que trente-trois ans (3) quand il fit pour la première fois le voyage de Toulouse, accompagnant l'évêque d'Osmaquiy était venu pour le mariage de Ferdinand, fils du roi de Castille , avec la noble fille du comte de Marcha. Ayant appris que l'hôtelier chez lequel ils étaient descendus partageait les doctrines dualistes, il ressentit une douce compassion pour son âme ; il passa la nuit à converser avec lui sur les choses de la foi : Dieu un , Jésus-Christ Dieu et Sauveur , la vie présente, voie unique et dernière qui conduit à la vie éternelle. Il y eut une telle sagesse dans l'esprit qui parlait en lui, que son hôte, ne résistant pas à

(1) F. Jordanus, loc. cit., n» 17.

(2) Ibid., no 6.

(3) Il était né en 1170 [ Theodoricus ), il vint à Toulouse en 1203.

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