‹ Les AlbigeoisChapitre 308 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. CHAPITRE XIV

de foi contenait trois parties qui regardaient , la première Dieu , la seconde l'Incarnation , la troisième les Sacrements. Dans la première , Dieu fut déclaré l'unique principe de toutes choses, créateur de l'univers entier, des corps et des esprits, des anges et des hommes. Le diable et les démons avaient été également créés par Dieu ; mais au moment de leur création, ils n'étaient pas mauvais ; ils le devinrent par leur propre faute , et depuis lors ils s'occupent de tenter les hommes:

sacrificium Jésus Ghristus : cujus corpus et sanguis in sacramento altaris sub speciebus panis et vini veraciter continentur; transsubstantiatis, pane in corpus, et vino in sanguinem, potestate divina, ut ad perfîciendum mysterium unitatis accipiamus ipsi de suo quod accepit ipse de nostro. Et hoc utique sacramentum nemo potest conficere, nisi sacerdos, qui fuerit rite ordinatus secundum claves Ecclesise, quas ipse concessit Apostolis et eorum successoribus Jésus Christus.

Sacramentum vero baptismi quod ad invocationem individu® Trinitatis , videlicet Patris , et Filii, et Spiritus Sancti, consecratur in aqua, tain parvulis quamadultis, in forma Ecclesiac a quocumque rite collatum, proficit ad salutem.

Et si post susceptionem baptismi quisquam prolapsus fuerit in peccatum, per veram pœnitentiam semper potest reparari. Non solum autem virgines et continentes, verum etiam conjugati, per fidem rectam et operationem bonam placentes Deo, ad seternam merentur beatitudinem pervenire.

(Mansi, t. XXII, p. 982.- Hard.. t. VII, p. 15.)

enseignement donné par Moïse et les Prophètes inspirés de Dieu et parlant en son nom. La deuxième partie de la profession de foi parlait de l'Incarnation du Fils, de ses deux natures, du sacrifice de sa mort , de sa résurrection , de son ascension et de son retour à la fin du monde, ainsi que de la résurrection de tous les hommes et du jugement général. Enfin, la troisième partie traitait de l'Église et des sacrements ; presque chaque mot y était dirigé contre les Cathares. Les pères confessaient le sacerdoce de Jésus-Christ et sa présence réelle dans l'Eucharistie, opérée par transsubstantiation, la validité du baptême et des autres Sacrements, quel que soit l'état de conscience du ministre, le salut possible non-seulement pour les vierges et les continents , mais encore pour ceux qui sont engagés dans les liens du mariage.

La doctrine dualiste était réfutée et condamnée dans son ensemble. L'Eglise avait parlé et la cause semblait finie. Elle l'était, en effet, pour tout esprit éclairé et pour tout cœur dépouillé des passions qui , depuis cent ans, agitaient si violemment l'Europe, et dans l'Europe le petit pays du Languedoc, devenu comme le rendez-vous des sectaires et le théâtre sanglant où se décidait, par la voie des armes , ce que n'avaient pu faire le devoir, la vertu et la foi.

Page 1