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PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE III

lettre de Manès cités par Julien. C'est à cela que nous devons de les posséder (1).

Mais si nous n'avons que les débris épars des œuvres de Manès, nous n'avons pas perdu, du moins, les nombreuses réfutations du dualisme; par elles, il nous est permis de pénétrer jusqu'à la doctrine elle-même. Le lecteur nous permettra de ci 1er au moins les principales de ces réfutations.

Nous ne parlerons pas des Actes d'Archêlaûs , qui nous donnent une relation des dogmes manichéens d'après Tyrbon ; car celui-ci , n'étant dans la secte qu'un simple auditeur , déclara lui-même ne pas connaître tous ses mystères.

Saint Epiphane avait vu le livre Des Mystères ; nous avons la savante réfutation qu'en donna Tite, évêque de Bostres.

Saint Augustin a rapporté l'ouvrage de Fauste : c'est une source précieuse. A la vérité, le De Fundamento, le Contra Fausturn, le Liber contra Felicem et Fortunatum du grand docteur suffiraient pour nous donner du manichéisme la connaissance la plus étendue ; mais dans le cours du ine et du ive siècle , il n'y a , pour ainsi dire , pas un auteur chrétien qui n'ait écrit contre le dualisme: saint Sérapion, évêque de Thmuis (2),

(1) Fabricius a inséré ces Fragments dans le tome V de sa Bibliothèque grecque.

(2) Le P. Turrien, jésuite, a traduit son ouvrage en latin.

en Egypte (1), saint Basile, évêque de Césarée, en Cappadoce ; saint Cyrille, à Jérusalem ; saint Ambroise, à Milan ; Didyme l'Aveugle, à Alexandrie; saint Grégoire de Nysse; saint Chrysostôme; Philastre, évêque de Bresse; Diodore de Tarse (2) ; Eusèbe d'Emesa , qui avait lu les œuvres de Manès clans la traduction syriaque; l'arien George de Laodicée lui-même, combattirent le Manichéisme.

La relation de Stratégius, chargé par Constantin de lui faire connaître exactement les opinions des diverses sectes répandues dans l'empire (3), serait pour nous du plus grand intérêt. Nous pourrions plus tard la mettre en parallèle avec les actes des Conciles tenus contre les Albigeois et avec les relations des légats du Saint-Siège. Malheureusement, cet écrit est perdu. Remarquons cependant que, malgré ces ruines, il nous reste encore assez de documents étendus et sérieux par le caractère même de leur auteur, pour connaître, avec la certitude la plus entière, la doctrine de Manès. A défaut d'auteurs chrétiens, les philosophes païens, Sirnplicius (4) et Alexandre de Lycos,

(1) ville d'Egypte. Cf. Steph. Ptolem. et OracuL Sybill.

(2) Son écrit comprenait vingt-cinq livres.

(3) Ammian. Marcell., lib. xv, 13.

(4) Commentaire sur V Enchiridion d'Epictele, cap.

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