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PREMIÈRE PARTIE. CHAPITRE I

auraient rejeté la cause du mal sur un principe matériel. Nous n'avons pas à juger les intentions ; Dieu les a récompensés des services qu'ils ont cru rendre. Seules , les spéculations qui s'élaborèrent durant les deux premiers siècles autour de la question de l'origine du mal, nous intéressent ; par elles il nous sera facile de mieux constater plus tard les singularités des erreurs albigeoises.

Aussi bien, il est curieux de suivre le travail des doctrines orientales pendant les premiers siècles chrétiens et de rechercher les traces de l'influence qu'elles s'efforçaient d'acquérir en Occident, comme poussées par un secret instinct que l'Occident allait devenir le cœur et la tête du monde. L'Orient jouissait d'une grande renommée de savoir : n'était-ce pas de l'Orient que devait se lever le roi attendu et désiré ? L'opinion populaire ne se trompait pas en effet. Mais le grand Révélateur avait déjà apparu; et par une étrange méprise, cent ans après sa venue, tout esprit inquiet ou ambitieux souriait à la gloire d'être le révélateur promis. C'est une des raisons qui expliquent la fécondité de l'erreur au Ier et au 11e siècle , fécondité si prodigieuse que l'historien se perd dans la seule nomenclature de ses chefs.

Nous ne croyons pas devoir compter , parmi les hérétiques qui ouvrirent les voies à Manès, Ménandre , Saturnin et Carpocrate. Clément

d'Alexandrie , qui a si bien connu les erreurs de son temps, ne parle pas des deux premiers. Quant aux principes de Carpocrate, ils prirent un caractère tellement odieux, qu'ils furent, je crois, admis de lui seul.

Quel est donc le premier qui a tenté d'introduire le dualisme dans l'Eglise de Jésus-Christ?

Quelques auteurs du xvne siècle (1) ont attribué cette étrange entreprise a Simonie Magicien.

Rien n'est plus piquant, en effet, que l'histoire de Y Hélène de ce premier des hérésiarques. Cette femme , qu'il avait amenée de Tyr , disait-on , n'aurait été, dans sa pensée, que le premier fruit de l'entendement , c'est-à-dire le premier des Eons (2).

(1) Wolff, op. cit.

(2) Voir sur Simon le Magicien , parmi les Pères : Iren., lib. i , 22-23; — Epiphan., Hœres., 24 ; — Gyrill. Hiero. Catech. vi,24, 25; — Theodor., Hœr. Fabul, lib. i, 1 ; v, 9; — Tertul., de Anima, cap. 34; — Orig., cont, Cels. v, 62; — Hieron., Comment, in Mat., cap. 24; — Clem. Alex., Sfrom.n,25; — Recog. i, 72; n, 7-14; — Justin., Apol. i, 26, 56; — Euseb., Hist. n , 13 ; — Philosophumena , vi, 7-20; — Arnob. , adv. Gent. n, 12; — Ambr. Hexœmeron, rv, 8; — Philastrius , de Hœr. 29; — Theodor. i, 1; v, 9. — Aug., de Hœres. i. Epist. 36, ad Gasulan.

Parmi les modernes : A. Simson , Ueber Leben und Lehre Simon, des Magiers, Zeitschrift von lllgen, 1841, livrais. 3 ; — J. Grimm, Die Samariter, 1854 ; — Baur,

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