Conditions étiologiques générales, fréquence
DE l'albuminurie DITE PHYSIOLOGIQUE OU DES GENS BIEN
PORTANTS. — L'albuminurie est la règle chez les nouveau-nés (Virchow, Martin, Ruge, Hofmeister, etc.). Dursch ne l'aurait constatée que 38 fois % ; je suis disposé à voir dans ce phénomène, avec Ribbert, le résultat d'une formation encore incomplète des glomérules ou encore la conséquence d'une desquamation épithéliale des tubes urinifères se produisant parallèlement à celle de la peau : cette albuminurie disparaît rapidement aux environs du dixième jour après la naissance.
C'est généralement chez les adolescents adultes que l'albuminurie dite physiologique est susceptible de reparaître ; on peut l'observer cependant chez des sujets plus âgés (Leube, Furbringer); je l'ai constatée moi-même chez un certain nombre de confrères entre 30 et 40 ans. Leube l'a notée chez des militaires très vigoureux.
Les conditions susceptibles de la provoquer ont été très soigneusement analysées par le D' Finot qui, ayant, à notre demande, minutieusement examiné et suivixxn certain nombre de ses camarades à l'Ecole de santé militaire, a constaté d'abord la grande fréquence du symptôme : 15 jeunes gens sur 18 rigoureusement analysés deux mois de suite ont présenté de l'albuminurie à l'état intermittent, de telle sorte que, sur 795 analyses, 92 examens pratiqués par le D"" Finot ont été positifs — soit 11 fois 1/2 % . Or il s'agissait toujours de sujets parfaitement constitués, qui avaient subi l'examen d'entrée à l'Ecole et qui n'ofï'raient aucune infirmité ou tare organique quelconque. Mais ce chiffre est peut-être encore au-dessous de la nor-
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maie si I'od ea croit les stalisLiqties de Celle de Cliâtoaubour^, de Capitan, de Zabel ; et il est incontestable que bien des cas analogues doivent nous échap- Ser, car ce n'est guère que là où l'on peut multiplier es analyses méthodiques et en quelque sorte diacipiinairemmt, c'est-à-dire à l'École, au couvent, ou â la caserne, qu'une pareille recherche peut être faite avec fruit — c'est peut-être là aussi une des raisons qui nous font imputer plus spécialement à l'adolescence UQ pareil trouble de la fonction rénale.
3. — L'albuminurie dite physiologioue est avant TOUT UME ALBUMINURIE DE FATiiîUE. — Le fait est établi par les constatations de Leube, de Semmola, et, très vraisemblablement, elle tire sa raison d'être et son explication naturelle des expériences de Ranke, sur lesquelles nous allons avoir à revenir.
Pinot a bien montré l'influsiicc que les exercices soutenus pouvaient avoir sur sa production; c'est l'escrime qui a l'action prépondérante, l'exercice du cheval vient ensuite, mais avec une importance sensiblement moindre. L'exercice forcé de la bicyclette agit dans un sens analogue ; les constatations récentes .de Keller et de Albu viennent de le démontrer.
Mais l'albumine n'apparait pas toujours dans des conditions analogues à la suite d'un exercice de même nature et de môme durée; il y a des causes contingentes qui jouent un rûle provocateur. Or, comme presque tous ces jeunes sujets sont entachés d'arlhritisme personnel ou hérédilaire, il n'est pas étonnant de les voir, plus que d'autres, exposés à subir profondément l'inlluence des troubles mélérologiques et présenter un abaissement plus marqué de la pression artérielle périphérique sous l'impression de ces perturbations. Je sais bien que cette influence seconde ne ressort guère avec grande évidence des tableaux statistiques de Finot, mais je l'ai pour mou compte observée avec la plus grande netteté, et il me semble diffîcile d'en contester l'existence. J'ai vu trës ncltemont aussi que, dans leur période d'albuminurie transitoire, de lois sujets pré-
sentent toujours un abaissement sensible de la pression artérielle ; or, si l'on rapproche de ce fait les recherches de Ranke établissant qu'un exercice violent dérive dans les muscles de la vie organique une quantité considérable de sang, au dépens de la circulation profonde, on est vite induit à conclure que la fatigue prolongée, de par cet afllux sanguin intramusculaire que trahissent l'abaissement dfe la pression artérielle et la diminution des urines, détermine dans la circulation rénale un ralentissement important du courant sanguin, éminemment favorable à la filtration intra-glomérulaire de l'albumine.
4. — Caractères DE l'albuminurie physiologique; conditions ET PÉRIODES d'apparition ; TROUBLES UROLOGIQUES
CONCOMITANTS. — Elle est essentiellement intermittente et irréguliere^ sa période d'apparition, matinale ou diurne, étant en général commandée par le moment où se produit l'exercice physique qui tend à la provoquer ; ainsi chez nos jeunes élèves où elle s'observait plus communément le matin, c'est que l'escrime avait eu lieu à une heure plus matinale ; mais, souvent ce n'est que quelques heures après la fatigue qui doit lui donner naissance que le symptôme apparaît. Quoi qu'il en soit, c'est en général au milieu du jour que l'albumine filtre, et cela dans la proportion de 2 cas sur 3. Furbringer admettait, de son côté, la prédominance des poussées matinales; mais ce n'est point conforme à nos observations que confirment d'ailleurs celles do Duck, Marcacci, et Moxon. Le fait le plus particulièrement intéressant et qui ne paraît pas encore avoir été signalé, c'est la différence qui existe en général entre l'albuminurie du matin et celle du soir,au point de vue de leurs réactions chimiques; la première présente en effet d'une façon presque constante les caractères de la globuline, la seconde ceux de la serine, Finot l'a constaté d'une façon presque absolument régulière chez ses camarades en observation; peut-être ces variations sont-elles en rapport avec la nature de l'exercice qui provoque l'albuminurie, la globulinurie répondant plus fréquem-
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