‹ Les Albuminuries curablesChapitre 8 sur 20 · EN APPARENCE BIEN PORTANTS · texte numérisé non relu

EN APPARENCE BIEN PORTANTS

inent à la fatigue occasionnée par l'escrime et à l'élimination des déchets musculaires (albuminurie coUiquative de Gubler), la sérinurie résultant plus volontiers delà congestion rénale qui peut dépendre directement de la secousse provoquée par l'exercice du cheval. Nous nevoulonspoint prétendre qu'il s'agisse là d'une règle absolue, mais le phénomène nous a paru assez conslani pour mériter une mention toute particulîÈre.

En dehors de cette notion spéciale, nous n'avons à signaler comme caractères appartenant en propre à cette catégorie d'albuminurie que les particularités suivantes : plus grande rareté de Turine émise, dmsilé Hénéralement plus élevés, couleur plus foncée, sels en excès. Nous retrouverons d'ailleurs presque constamment ces mêmes caractères associés, chaque fois qu'il s'agit d'albuminurie fonctionnelle. Je n'ai, pourmon compte, jamais rencontré de cylindres dans ces urines, bîei! queNoorden prétende que les lubes hyalins et mêths granuleux ne sont pas rares dans leurs sédiments. J'avoue ne pas ajouter, en ce qui me concerne, une très grande importance au phénomène en lui-même, car j ai vu des sédiments urinaires contenant des débris de tubes granuleux chez des sujets non affectés d'albuminurie et indemnes de toute poussée néphritique. Et du reste la eylindruria sans albuminurie a été signalée récemment encore parKobler et par Kossler.

Chez les sujets affectés d'albuminurie « dite physiologique n, X&pisjHonurie n'est pas rare; on laconstate habituellement dans les urines du matin chez tes sujets à type albuminurique diurne. Le même fait a été signalé aussi avec précision par Finot. Quant à la présence de la nucléo-àlbumine (ancienne mucine) signalée surtout par Noorden, c'est en général dans les cas où l'albuminurie est accentuée ou provoquée par {3. station debout qu'elle se rencontre de préférence. Nous n'insisterons pas ici sur cette question, devant y revenir plus longuement au chapitre des albuminuriesd'origine nerveuse, parmi lesquelles

Talbupiinurie de la station debout, ou albuminurie orthostatique, nous parait devoir se ranger.

5. — Evolution et pronostic. — Cette variété d'albuminurie ne comporte pas une symptomatologie qui lui soit propre^ autrement elle ne mériterait plus son nom d'albuminurie des sujets en apparence bien portants. Quand il existe des symptômes connexes, c'est qu'ils dépendent lé plus souvent d'un état pathologique concomitant qui peut à la rigueur ajouter, son influence provocatrice dans la production du syndrome (telle la dilatation de l'estomac avec ou sans hyperchlorhydrie) ou qu'ils relèvent d'une dyscrasie généralement héréditaire qui est elle-même une cause prédisposante à l'albuminurie. C'est chez de pareils sujets que l'on rencontre souvent au milieu du jour de ces urines lactescentes avec gros dépôt de mucus rapidement formé et production à la surface du verre de cette couche croûteuse d'oxalurates et de phosphate ammoniaco-magnésien qui a une grande analogie avec la kyestéine des anciens accoucheurs.

C'est tout au plus si, chez les sujets affectés d'aibu-, minurie dite physiologique pure, on peut noter un léger degré de dépression très passagère des forces au moment de la décharge albumineuse, ou une fluxion catarrhale rapide au niveau de la muqueuse nasale.

Quant h Id, durée même du phénomène, il est très difficile de se prononcer d'une façon formelle ; et j'estime que tous les chiffres donnés jusqu'ici risquent d'être inexacts. Ce genre d'albuminurie, plus spécial sans doute à l'adolescence, a été vu chez des adultes. Or qui nous prouve que chez eux cet accident n'existait pas déjà dès l'enfance, et d'autre part qui peut nous démontrer que les jeunes sujets que nous avons observés nous-mêmes ne conserverontpas des années et des années, toute leur vie peut-être, cette disposition? C'est là un point fort intéressant à élucider : Finot, mieux que personne, sera susceptible de nous renseigner, s'il veut bien suivre les condisciples qui'

EN APPARENCE BIEiN PORTANTS ia

pgurent dans ses tableaux statistiques et qu'il sera ^ujours en état de retrouver. En tout cas, le symp- %me parait en lui-mâme un signe d'une bénignité Kàolue, car je ne sache pas qu'aucun des sujets que fbi eu l'occasion de suivre moi-môme ait eu réellebent &en souffrir; et il n'est pas h. ma connaissance qu'un seul des camarades de Finut ait été notoirement malade DU ait été entravé d'une fagon quelconque dans l'exercice de sa carrière [huit années ont passé déjà depuis ces constatations). Mais, pour conclure avec certitude, il faudrait des observations à plus longue portée, et j'avoue qu'à ce sujet il y a lieu ■île faire des réserves.

Je les formulerai, à iitred'hypoVme s entend; caries vues que je vais exposer auront peut-être pour certains yeux quelque apparence de paradoxe. A tout bien considérer, en effet, onest peut-être en droit de se demander si ces sujets paraissant bien portants, faisant de l'albuminurie à la moindre fatigue et sans aucune réaction fonctionnelle apparente, ne sontpas les vrais prédisposés aux affections rénales à venir? Nous établirons plus tard que les jeunes sujets affectés d'albuminurie cyclique ou nerveuse ne sont pas plus spécialement enclins au maldeBright, el que de nombreux enfants, frappés à une époque quelconque de leur existence de néphrite infectieuse ayant laissé après elle une traînée albuminurique de plusieurs mois, échappent aisément nu mal de BrighI. Mais ceu.x-là mêmes qui, comme dans la catégorie qui nous occupe, font de l'albuminurie sans cause pathologique provocatrice directe, à l'occasion de simples troubles de fonctions dans

a organe voisin, ou de phénomènes ne sortant pas BU cadre des modalités physiologiques, ne sont-ils ^S ceux-là vraiment qui sont marqués au coin

I la vraie tare héréditaire et dont le rein est en méiopragie fonctionnelle, puisque le filtre

mal est susceptible chez euK de liiîsser passer ^Ibumine sans provocation réelle? Qu'à la suite [une infection, d'un traumatisme, ou d'une intoxi-

cation sérieuse, le rein laisse filtrer de l'albumine, rien de plus naturel, c*est le fait même de Teffraction brutale, et l'on peut supposer que, la cause morbigène une fois disparue, la restauration intégrale de l'organe pourra se réaliser. Mais quand le rein laisse filtrer l'albumine sans provocation, voilà qui me paraît constituer la vraie prédisposition morbide, surtout quand les influences héréditaires directes ou collatérales viennent s'y associer.

Dans la statistique de Finot, l'hérédité arthritique figure parmi les antécédents des sujets les plus enclins à l'albuminurie de fatigue; les infections (scarlatine ou diphtérie) qui ont une affinité spéciale pour le rein, passent au second plan. Dans mes notes personnelles, cette influence de l'hérédité parait plus nette encore. Voici quelques faitspris au hasard : C'est d'abord le jeune collégien, dont nous avons rapporté plus haut l'histoire, et devenu brusquement albuminurique, mais pour 24 heures seulement, à la suite de l'ingestion d'une copieuse portion de poisson ; un de ses frères est mort tuberculeux, et son père est aff*ecté d'artério-sclérose. Puis, c'est une femme de 25 ans, de tendance adipeuse ; elle a de l'albuminurie intermittente quand elle se livre à un exercice pénible, se lève par exemple à 4 heures du matin pour aller vendre sur les marchés de la banlieue les produits d'une exploitation qu'elle dirige : sa mère est morte cardiaque, son frère vient de succomber au mal de Bright.

Un jeune homme de 18 ans accompagne chez moi un de ses cousins, mort depuis tuberculeux et chez lequel je constate de l'albuminurie; il me prie, par pur sentiment de curiosité, d'examiner ses propres urines : il a aussi de l'albumine. Mais un second examen, pratiqué le lendemain lui montre que cette albumine a disparu et le rassure : or, le père du jeune garçon a succombé depuis à une maladie d'Addison avec tuberculose pulmonaire, sa mère me semble menacée du côté des sommets, sa tante a été emportée de tuberculose génito-urinaire, et la fille de cette der-

Page 1