‹ Les Albuminuries OrthostatiquesChapitre 40 sur 56 · OBSERVATION XXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXII

(Jeanneret, Archives de Médecine des Enfants, sept. 1915.).

Fillette de 11 ans, se plaignant de céphalée, anorexie, inaptitude au travail. Cesdivers troubles généraux remonteraient à quelques mois. Elle se présente à la policlinique à 11 heures du matin après l’école. Le Dr Burchardt constate à ce moment une albuminurie de 8 0/00, l'enfant est retenu pour mise en observation.

Etat actuel : Bonne santé apparente .Poumons et cœur normaux.

Hémoglobine 90 %. Réactions de Pirquet, Mantoux : 0.

Colonne vertébrale : sans trace de} lordose.

On pratique les recherches suivantes :

. 1° Malade au lit et au régime lacté: pas d’albuminurie ;

20 Malade au lit et régime mixte ; pas d’alb. ;

39 Malade couchée en lordose maxima : pas d’alb.;

4° Malade autorisée à jouer dans le jardin : pas d’alb.; 5° Malade debout immobile en position lordotique :

Au bout de 3 min. 5 min. 10 min. 15 min. 30 min.

Albuminurie 1 0/00 20/00 1,50/00 3 0/00 10 0/00

60 Position debout lordotique, l’enfant exécutant des mouvements successifs des jambes : pas d’albuminurie.

Nous avons fait prendre à l'enfant les trois positions suivantes, sans contrainte autre que celle commandée par le rapport du banc à la table, mais en exigeant que l'enfant se tint droite et immobile :

1° Rapport du banc à la table positif, distance de 5 cent. : pas d’albuminurie.

29 Rapport du banc à la table nul {distance 0) : au bout de 30 min. pas d’albuminurie. Après une heure : traces d’albuminurie. |

Rapport du banc à la table négatif, distance de 5 cent. :

Après 30 minutes : traces d’albuminurie.

Après une heure . 3 0/00 albumine.

Dans cette dernière épreuve, la lordose était très peu apparente, en la forçant un peu, nous obtenions de suite 8 0/00 d’alb. ;

4° Rapport du banc à la table négatif (distance 5 cm.) combiné à des mouvements des jambes.

Après trente minutes, pas d'alb,

Après une heure, pas d’alb,

OBSERVATION XXIII (Résumée).

(Jehle in Die albuminurie, 1914. obs. ne IV.)

Fillette de 11 ans, qui vient nous trouver pour la première fois le 16 mars 1911. Elle a eu à la suite d'une, forte angine il y a un an, une albuminurie notable qui avait duré jusqu'en mai 1910. Elle fit à ce momentun séjour à Grado, à la suite duquel l’albuminurie avait complètement disparu. Depuis février dernier, les urines décèlent de nouveau une albuminurie allant jusqu’à 1,95 0/00 avec dans le sédiment des cylindres granuleux, Les jours suivants, on note une albuminurie variable, tantôt à l’état de traces, tantôt en très grande quantité.

Le 24 février, enfant au lit: jusqu'à 4 heures aprèsmidi, pas d’alb.

Urines de 7 heures du soir o, 6/00. Alb

Le 17 mars, l'enfant est mise au lit dans une position qui efface toute possibilité de lordose : dans les divers échantillons d’urines de toute la journée on ne constate pas d’albumine.

Cette recherche, jointe au fait que l'enfant présentait une lordose prononcée même en position couchée, nous conduit à porter le diagnostic d’albuminurie lordotique, malgré les antécédents qui faisaient soupçonner une néphrite. :

1° L'enfant debout, tronc penché en avant : après dix minutes, on note des traces d’alb., pas de cylindre.

29 L'enfant débout, tronc vertical : après dix minutes, on note o gr. 50 0/00 d'alb. avec cylindres granuleux,

On fait porter à l'enfant un corset. L'enfant revue depuis cette époque n'a plus présenté d'albuminurie,

OBSERVATION XXIV (Résumée) (Jehle, idem., obs. VIIL.)

K... Hilda, 16 ans, vient le 12 septembre 1910 pour une albuminurie qui dure depuis 6 ans, constatée à la suite d'une angine avec néphrite contractée à cette époque. C’est une enfant robuste, de bon aspect général, présentant une lordose nette ayant son maximum au nivéau des 2° et 3 vertèbres lombaires.

L'albuminurie est nettement de type orthostatique, et n'apparaît que pendant la station debout.

De plus : en position debout, tronc vertical : après dix minutes, albumine nette : en position debout, tronc penché en avant : pas d’albumine après trente minutes.

L'enfant présentait fréquemment de l’albumine dans les urines du matin : nous avons pu nous assurer que le fait était dù à ce que dans ces cas l'enfant se peignait ellemême avant de se lever et d’uriner. L’attitude qu’elle prenait alors accentuait la lordose.

Lorsqu'elle se fit peigner, ou lorsqu'elle se peigna après son lever, on ne découvrit plus d'albuminurie matinale.

L'enfant éduquéé à garder une position convenable (tronc légèrement penché en avant) ne présente plus d’albuminurie.

OBSERVATION XXV (Résumée)

(Pechowitsch, in Deutsche Medizinische Wochenschrift, 1910, cas IL.)

M, G.... jeune fille de 16 ans, chez laquelle les antécédents familiaux ne présentent rien de notable, a eu dans le jeune âge une affection, fébrile semble-t-il, mais dont elle ne peut fournir aucune précision. Vient consulter parce qu'elle présente fréquemment des maux de tête. N'a jamais présenté d'œdèmes, ni localisés ni généralisés.

A l'examen : sujet maigre et pâle, les mouvements

sont paresseux, la parole lente, la fatigue survient rapidement à l’occassion du moindre effort.

Thorax déformé par une cyphoscoliose au 3° degré et une lordose lombaire.

Petite exophtalmie avec augmentation de volume du lobe droit du corps thyroïde, pas de tachycardie, pas de tremblement. Signe de Graefe absent.

Poumons : submatité du sommet droit, en rapport avec la déformation thoracique, pas d'autres signes physiques ni fonctionnels.

Le cœur ne présente rien d’anormal à l’auscultation. Son bord droit déborde d'environ un travers de doigt le bord droit du sternum.

Urines : on note une albuminurie rythmée par la station debout et ne présentant aucun cylindre.

Cette albuminurie a disparu en trois mois par des exercices physiques consistant principalement en mouvememts d’assouplissement et de reptation.

Actuellement la malade se sent mieux, les malaises ont disparu et les urines ne contiennent plus d’albamine même après station debout.

A signaler que l'albuminurie était régulièrement amendée chaque jour par les exercices prescrits. Exemple :

Le 8 mars, avant exercices, albumine de 1 gr. 0/00.

après la séance, — o gr. 60 — Le 16 mars, avant — — I1gr.50 — après — — Ogr.22 — Le 22 mars,avant — — . 2gr. 60 — après — —— 1gr.60 — Le 13 avril, avant — — 1gr.30 — après — — ogr.80 — Le 20 avril, avant — — Igr.10O — après — — ogr.30 — Le 10 mai, avant — —— ogr.60 —

après — — traces

OBSERVATION XXVI (Résumée)

+ (Vorpahl, in Berliner Klinische Wochenschrift, 1910)

Il s'agit d’une jeune fille de 12 ans dont on ne connaît dans les antécédents qu’une rougeole dans la petite enfance. à

Se plaint depuis 6 mois de céphalée, douleurs du tronc et des membres, lassitude et anorexie. Depuis 1 an, elle présente une scoliose remarquée pour la première fois par sa mère et qui va s’accentuant.

Examen. — Bien développée pour son âge, mais malingre et pâle. Aucun stigmate rachitique.

Organes thoraciques : rien à signaler. Rien de spécial à l'examen de l'abdomen. T. A. 115 à l’appareil de Recklinghausen (méthode de Riva Rocci). Hémoglobine 80 *, à l'échelle de Sahli.

L'examen des urines amène au diagnostic d’albuminurie orthostatique. L'enfant au repos au lit, avec un régime ordinaire, ne présente pas d’albuminurie. Se lèvet-elle, régulièrement après dix minutes apparition d’albuminurie dans les urines, la quantité varie de 0,50 à 1 gr. 0/00. On note la présence, à côté de séro-albumine, du corps précipitable à froid par l'acide acétique.

L'examen après centrifugation ne décèle ni cylindres, ni cellules. s

L'intérêt de ce cas se concentre sur la colonne vertébrale, qui présente une scoliose assez marquée. La cambrure lordotique de la colonne lombaire en position debout dépassait à peine la normale.

La scoliose présentait une courbure à convexité lombaire gauche et concavité dorsale droite de compensation. En position debout elle atteignait le degré le plus élevé, et, en position couchée, elle était bien moins marquée. La suspension du corps par les bras levés la faisait disparaître presque entièrement. Le point le plus latéral de la scoliose se trouvait entre la 2° et la 3° lombaire.

Le rôle relatif de la scoliose et de la lordose dans l'apparition de cette albuminurie a été précisé par l’étude

des urines en position assise, position qui effaçait la lordose sans modifier la scoliose.

La malade ayant au préalable éliminé une urine sans albumine est assise pendant trente minutes. Puis elle urine de nouveau. Dans ces conditions, l'urine renfermait une quantité appréciable d’albumine.

Une série de recherches poursuivies dans les mêmes conditions en positions couchée ou en position suspendue par les bras, dans lesquelles la scoliose disparaissait presque entièrement, montra qu'après trente minutes et plus dans ces diverses position l’albumine n'apparaissait pas dans les urines.

Etant donné le siège de la scoliose,on rechercha la provenance possible de l’albumine d’un seul rein, par un cathétérisme urétéral, bilatéral, après dix minutes de station debout ce qui amenait d'ordinaire une albuminurie nette. Le cathétérisme fut pratiqué dans le décubitus dorsal et dans le minimum de temps.

On recueillit des deux côtés une urine claire, non sanglante. Les deux échantillons furent centrifugés, filtrés et on rechercha l’albumine dans le filtrat :

L’échantillon provenant du rein gauche fut trouvé totalement exempt d’albumine. L’échantillon du rein droit présenta nettement les réactions de l’albumine,aussi bien par l'acide nitrique à chaud que par l'acide acétique à froid.

Cette recherche fut pratiquée une seconde fois lors d’un retour de la mafade qui s'était améliorée entre temps. Les résultats furent identiques, on ne trouva après station debout préalable d'albumine que dans le seul échantillon provenant du rein droit.

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