‹ Les Aliénations De Terres Et La Colonisation Libre Agricole En Nouvelle-CalédonieChapitre 14 sur 26 · LUN OT · texte numérisé non relu

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des éleveurs. Ajourd’hui, en effet, le personnel d’une station de plusieurs milliers d'hectares se compose d’un libéré et de deux Canaques; quant au matériel, il consiste dans une case, la plupart du temps en niaouli, et en deux ou trois chevaux. Pas une barrière, pas un are en culture; on vit exclusivement de bœuf salé, et le maïs consommé est acheté. Le troupeau vit à l’aventure, détruit tous les pâturages à la fois, et tous les ans on en fait le recensement. Les génisses produisent beaucoup trop tôt, les produits sont rachitiques et la race dépérit. Combien il serait préférable d’avoir des surfaces moins grandes, mais de les améliorer, de diviser les propriétés afin de laisser les pâturages se reposer et de maintenir la race (1). »

Mais il n’est pas moins vrai, d'autre part, que les critiques à l'adresse de l'administration locale, contenues dans la dépêche du 15 décembre 1884, sont quelque peu exagérées et, dans une certaine mesure, injustes. Il faut remarquer, tout d’abord, qu'il n’a été accordé d'aliénations de terres par l’administration locale. que dans les conditions fixées par des arrêtés qui, tous, avaient reçu l’approbation du Département. De plus, les abus ne sont possibles qu'avec le mode de la concession gratuite et le mode de la vente de gré à gré: or, les arrêtés n’ont autorisé les concessions gratuites que pour certaines catégories d'individus nettement déterminées et le maximum d’étendue de ces concessions n’a jamais dépassé quelques hectares; quant aux ventes de gré à gré, d’après les arrêtés de 1875 et de 1880, elles n’ont été que l'exception; elles ne pouvaient être autorisées que par le Gouverneur en Conseil, ce qui était une garantie. Si l’on relève les ventes les plus importantes consenties sous le régime de ces

(1) Dans le but de provoquer la mise en culture des terres en friche, le sous-secrétaire d'État aux Colonies,dans une dépêche du 2 août 1884, propose au Gouverneur d'étudier le système suivant : soumettre à l'impôt toutes les terres possédées par des particuliers et laissées par eux incultes; la taxe serait calculée suivant la situation, la nature et la qualité du terrain. Afin d'encourager les défrichements et pour donner en quelque sorte une prime à l’agriculture, les terres mises en rapport seraient dégrevées au fur et à mequ'elles seraient cultivées, soit par le propriétaire lui-même, soit par son ermier. É

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deux arrêtés, on arrive aux constatations suivantes : a) sous le régime de l’arrêté de 1875, de cette date à 1880, les dix plus fortes aliénations, consenties par l'administration locale à dix propriétaires différents, ont porté ensemble sur 16.348 hectares de terres et ont produit 302.332 fr., soit 24 fr. environ par hectare. La plus forte vente porte sur 2.500 hectares; trois Seulement des dix ventes dépassent 2000 hectares; b\ sous le régime de l'arrêté de 1880, les dix aliénations les plus importantes font, au total, 24.501 hectares et ont produit 590.205 fr., c’est-à-dire environ 24 fr. par hectare. La plus forte vente a été de 4.309 hectares; elle a eu lieu au profit de M. Brun en 1882. Le même avait acquis en 1881 deux lots, l’un de 3.181 hectares, Pautre de 1.452 hectares. Les sept autres aliénations les plus importantes ont été faites à sept propriétaires différents; aucune n’atteint 3.000 hectares. — Notons enfin que la dépêche du 15 décembre semble attribuer à l'administration locale des actes dont toute la responsabilité remonte à l’État. C'est l'État, c'est le ministère de la marine qui, ainsi que nous l'avons vu, accorda à MM. Brown et Byrne une concession de 40.000 hectares, et fit donner par le commandant particulier de vastes espaces à MM. Paddon et Joubert; c'est à deux décrets que MM. Timothée Cheval et de Trazégnies d’Ittre durent leurs propriétés; ce sont des instructions ministérielles qui prescrivirent de donner 25.000 hectares de terres à la compagnie de la Nouvelle-Calédonie, devenue ensuiteSociété foncière calédonienne, puis Société franco-australienne, dite société Digeon.

Voici, d'après les Notices coloniales publiées à l’occasion de l'exposition universelle d'Anvers, la statistique des concessionnaires à la fin de 1884.

D'autre part, M. Le Clos, dans un rapport de 1884, évalue le personnel de l’agriculture à cent-soixante-treize individus, dont dix-neuf éleveurs, cinquante-cinq colons et quatre-vingtdix-neuf cultivateurs divers, sur 2.301 habitants formant la population de l’Intérieur.

Ainsi que le montre la statistique des Notices coloniales, un

certain nombre de ces colons sont étrangers. M. Charles Lemire

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SUPERFICIES. HT Anglais. AE Suisses, | Grecs. |Italiens, | Chinois. | Arabes.

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Au-dessus de 20.000!! Fè » » » » » » »

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constate ce fait, dans son Voyage à pied en Nouvelle Calédonie, publié à cette époque ». « À peine a-t-on quitté Nouméa, écrit-il, et vu les premières plantations que l'on est frappé de la diversité des nationalités des colons implantés dans la colonie. Sur une centaine de colons inscrits au rôle, il yen a un tiers d’origine allemande. Sur onze propriétés dans le domaine de Caricaté, il y a peu de propriétés françaises. La plupart appartiennent à des colons de race allemande, irlandaise ou chinoise. On comprend que les Anglais, qui ont les premiers exploité l'ile, s’y soient fixés. Il faut dire à leur louange qu'en général leurs propriétés sont parfaitement entretenues; que leurs maisons sont très hospitalières, et que tous les colons d’origine étrangère sont Français de cœur, très attachés à la colonie, en parfaite intelligence avectous. »

A la fin de 1884, les principaux centres agricoles de population libre sont les suivants :

Sur la côte ouest. — Pont des Français : près du pont dit des Français, situé à l’embranchement de la route qui conduit à la Dumbéa et de là dans l'intérieur de l’île, et de celle qui va à Saint-Louis et delà à la baie du Sud, sont groupés quelques habitants qui se livrent à la culture maraîchère. Ce point de la colonie, situé à 8 kilomètres du chef-lieu, fut occupé en 1855. — La Dumbéa : sur la rivière du même nom; c’est un véritable centre agricole; la première usine à sucre introduite en

Nouvelle-Calédonie en 1850 fut installée en cet endroit. Population européenne : cinquante-huit habitants. — Païta : situé à 20 kilomètres de Nouméa, a été fondé par les colons introduits en 1850 par M. Paddon. La culture de la canne, tout d’abord entreprise, a été abandonnée; il en est de même de celle des haricots et de la pomme de terre. On ne fait plus à Païta que l'élevage; il faut signaler pourtant quelques essais en vue de Pacclimatation de la vigne. Population européenne: cent soixanteneuf habitants. — Saint-Vincent : n'est pas à proprement parler un centre; c’est un vaste territoire sur lequel sont disséminées des stations de bétail. Population européenne : cinquante-huit habitants. — Boulouparti : dans une situation pittoresque, au pied du pic du Ouitchombo. Les terres ne sont utilisées qu’à l’élève du bétail. Population européenne : quarante-quatre habitants. — La Foa : la magnifique vallée de La Foa a été occupée par la colonisation en 1874. C’est un centre mixte où les concessionnaires libres et ceux de l’administration pénitentiaire ne sont séparés que par la rivière. Des terrains sont vendus 900 fr. l’hectare ; la population libre y est de quatre-vingt-quatre habitants. — Woindou : situé à 152 kilomètres de Nouméa, fut créé par l’administration locale en 1873. On y cultive le maïs, le tabac, le café, le haricot et le manioc. Les terrains de culture valent de 300 à 500 fr. l’hectare. — T'éremba : c’est le débarcadère de Moindou. — Pouembout : centre pénitentiaire; mais dans le haut de la vallée on compte quelques stations d’éleveurs. Population européenne : douze habitants. — Koné : à 10 kilomètres de Pouembout et séparé seulement de ce centre par des mamelons peu élevés; a été créé en 1882. La vallée de Koné réunie à celle de Pouembout forme une région très bien douée au point de vue agricole : les terres propres à la culture représentent une surface importante, et il y a de bons pâturagés. Population européenne : cinquante habitants. — Gomen : établissement principal de la Société francoaustralienne. On y cultive le maïs et on y fait en grand l'élevage des races bovine et ovine. Population européenne : trente-et-un habitants.

Sur la côte est. — Æyenghène : la vallée d'Hyenghène est

une des plus pittoresques de la Nouvelle-Calédonie; les terres y sont de bonne qualité. De vastes surfaces sont couvertes de cocotiers et alimentent le commerce de coprah. Population européenne : quarante-neuf habitants. — Pounérihouen : centre important de colonisation libre, possédant de bonnes terres à cultures et quelques bons pâturages. Population européenne : cent habitants. — Canala : l'un des centres agricoles les plus intéressants; il est situé au fond d’une baie d’une profondeur de plus de six milles. Ce qui domine à Canala, c’est la culture du café; il y a à ce point de vue des exploitations importantes. On y cultive aussi le riz et l'ananas. Population européenne : quarante et un habitants. — Nakéfy : on y trouve des plantations de café et d’ananas. Population européenne : quatorze habitants.

Au Sud. — Saint-Louis : c'est l'établissement principal de la mission des pères maristes. Ceux-ci s'y livrent à des cultures di-

verses. \ Iles Loyalty. — Il n'y a dans cet archipel que quelques Eu ropéens. - Donnons pour terminer un tableau des cultures de la Nouvelle-Calédonie en 1883.

NOMBRE D'HECTARES PLANTÉS EN LOCALITÉS, = JRESEE Caféiers. Riz. SES Maïs, Haricots. Plantes à sucre. niers. vivrières, PER es | hect,. hect. hect. | hect. hect, hect. hect.

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Caractères généraux de cette période. — De nouvelles mesures sont prises concernant les concessions : les con-

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