‹ Les aliénés en RussieChapitre 10 sur 68 · NOM DE L'ASILE · texte numérisé non relu

NOM DE L'ASILE

Tver

Novgorod

Saratov

Riazan

Toula

Kharkov

Poltava

Kherson

Kopecks

Roubles

Houbles

Roubles

Roubles

Dans beaucoup de gouvernements, le séjour à l'asile est gratuit pour tout le monde; dans d'autres, les familles aisées doivent payer un prix de pension fixé par le Zemstwo (8 à 10 roubles) ; mais, en pratique, très peu de personnes payent.

Les sommes recouvrées par les asiles sur les malades ou leurs familles ne représentent qu'environ 20 °/o de leurs dépenses ; la différence est comblée suivant les établissements par le budget de l'État ou le budget de la province. Une partie des impôts est destinée à l'Assistance publique, les intérêts du capital reçu des Comités de charité étant tout à fait insuffisants.

Pour inciter les familles à payer une partie tout au moins de la pension, on accorde aux malades pour le versement d'une somme, même minime, certains avantages: meilleur régime, placement dans des sec-

tioiis dont la population est d'un milieu social plus en rapport avec la situation antérieure, etc.

L'éffalilr de traitement accordé en France aux indigents et à ceux qui payent a cette conséquence fâcheuse que des gens capables de payer une petite partie de la pension s'y refusent parce qu'ils n'y ont aucun intérêt.

Vêtements

La robe de chambre, très en honneur en Russie, est d'un usage courant dans les asiles pour les malades qui restent dans les sections; elle est en toile l'été, en drap l'hiver.

Dans la saison froide, on emploie beaucoup aussi les paletots de drap ouatés. Les malades travailleurs sont pourvus en outre de pelisses courtes, de bonnets fourrés, de mitaines. Dans les sections il y a toujours un certain nombre de pelisses qu'endossent les malades quand ils viennent à sortir pour un motif ou pour un autre.

L'été, les travailleurs portent des blouses en toile plus ou moins longues.

Les pantalons sont en drap pour l'hiver, en toile pour l'été.

Les chemises sont en toile et affectent la forme particulière dite chemise russe; elles se boutonnent sur le côté ; le col est droit et étroit.

La chaussure est très différente suivant la saison. L'été, un certain nombre de malades sont nu-pieds ainsi que les gardiens et les gardiennes, suivant la coutume d'une partie de la population, surtout de celle des campagnes ; cependant beaucoup de malades portent des chaussures de toile en forme de chaussettes.

L'hiver, les malades ont des bottes en feutre recouvert de cuir {snaw-boot) remontant jusqu'au genou. La botte, on le sait, est en Paissie, au moins dans la classe ouvrière, à peu près la seule chaussure en usage.

Les malades changent généralement de linge toutes les semaines et plus souvent quand cela est nécessaire.

Dans la plupart des asiles on a de grandes réserves de linge : deux, trois et quatre fois la quantité nécessaire pour faire un change complet.

Les malades qui déchirent sont laissés nus dans des cellules ou revêtus, soit de camisoles, soit de maillots d'épaisse toile retenant les mains bout à bout ou les fixant sur les côtés du corps.

En Russie, comme autrefois chez nous, les asiles primitivement quartiers d'hospice spécialisés, étaient des services sacrifiés, où l'on finissait d'user les fournitures détériorées et les vêtements réformés dans les autres sections. Aujourd'hui, on a mis ordre à de tels errements.

Dans quelques asiles, au moins dans les pensionnats, on évite l'emploi de l'uniforme qui fait perdre au malade son individualité et on lui laisse ses vêtements. A Kazan, à Saratov, on consulte même le goût des malades pour leurs costumes. Les médecins russes affirment que, grâce à cette méthode bien simple, les malades tiennent davantage à leurs vêtements et à leur linge, et par suite sont moins portés à les déchirer et à les détruire.

C'est du reste là une pratique habituelle dans les asiles d'Ecosse dont les médecins russes se sont beaucoup inspirés.

Les chiffres suivants donneront une idée des dépenses d'iiabillement. A l'asile de Novgorod, pour les vêtements, le linge, la chaussure, la literie, on a fait une première dépense de cinq cents roubles par malade, et l'entretien annuel est évalué à dix-huit roubles.

Régime alimentaire

Nourriture. — La nourriture varie un peu suivant les établissements, mais surtout suivant les régions. D'une façon générale, elle est suffisante comme quantité et comme qualité, mais trop uniforme. Elle revient en moyenne, dans les établissements des Zemstwos, à 20 kopecks, c'est-à-dire à 80 centimes par malade et par jour.

Les malades font généralement quatre repas :

Le premier déjeuner qui a lieu au lever se compose de pain et de thé.

Le second déjeuner ou dîner comprend : une soupe, un plat de viande, un autre plat, et les dimanches et fêtes un dessert.

La collation se fait avec du pain et du thé comme le premier déjeuner.

Le souper (dîner) se compose presque uniformément de kacha ou gruau (grain mondé et moulu grossièrement). On emploie les gruaux d'avoine, de blé noir, de millet, l'orge perlé.

On fait grand usage du riz et des pâtes comme le macaroni, la semoule. Les légumes les plus emploj^és sont les choux.

Le pain est bis ou noir, rarement blanc. Les malades en ont environ une livre et demie par jour ; les travailleurs généralement davantage.

Les Russes font une grande consommation dehorsd'œuvres ou zakouski qu'ils prennent debout, comme second déjeuner, ou avant le dîner en buvant force eau-de-vie en guise d'apéritif. Cet usage, qui existe surtout dans les classes aisées est, bien entendu, proscrit dans les asiles.

Le tableau suivant, pris à l'asile Alexéiev, à Moscou, donnera une idée du réo-ime alimentaire.

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SOUPEli

l'l.its

pouvaut être servis

en supplément

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