‹ Les aliénés en RussieChapitre 23 sur 68 · AGES · texte numérisé non relu

AGES

co

CO

co

CO

on

CD

De il à 15 ans

Totaux. .

Mortalité pa?' années et par mois

mois

es

co

co

co

■rt

OO

co

co

tH

Janvier Février Mars. .

Avril .

Mai . .

Juin . .

Juillet .

Août. .

Septemb Octobre Novembi Décembr

TOTATJ

le.

Causes des décès

MALADIES

ce

ce

tH

Ti

tH

Maladies cérébrales et méningites

îlaladies des organes

respiratoires

Maladies du cœur et de l'aorte

Maladies du tube digestif.

Maladies infectieuses . .

Maladies de la matrice et des ovaires

Maladies des différentes parties de l'appareil respiratoire

Maladies constitutionnelles. .

Lésions traumatiques. .

Sénilité

Suicides

Totaux . . . .

ASILE DE XOYOSXAMEXSKI

L'asile municipal de Novosnamenski est situé dans la grande banlieue de Pétersbourg, entre cette ville et Croiistadt; on s'}^ rend par le chemin de fer de la Baltique (ligne de Pétèrhof) ; on descend à la station de Serghiévo où l'on trouve à la gare des voitures particulières et un tramway qui conduit tout près de l'asile.

Le jour de notre visite (2 septembre), nous avons eu la bonne fortune de rencontrer M. le D"" Reformasky, médecin-directeur de l'établissement, qui nous a guidé le plus aimablement du monde à travers les services et les pavillons en construction,

malgré la pluie et la boue. M. Reformasky, qui lors d'un voyage en France avait visité Villejuif, avait emporté un plan de l'asile qu'il nous a montré, admirant fort les vastes proportions des pavillons et surtout la façon dont ils sont reliés par des galeries couvertes.

L'établissement, ouvert partiellement en 1893, est encore loin d'être achevé; il est du type dit asile à pavillons isolés. C'est une ancienne demeure seigneuriale vendue à l'administration des institutions de bienfaisance de l'impératrice Marie et cédée par elle à la municipalité de Pétersbourg. Nicolas P"" y venait autrefois chasser l'ours ; c'est là également que l'impératrice Catherine II reçut la nouvelle de la signature de la paix avec les Suédois.

La propriété est située entre la ligne du chemin de fer (de la Baltique) et la mer; elle a une longueur de trois verstes et demie et une largeur qui n'atteint pas tout à fait une verste, soit au total 169 dessiatines carrées. Elle est traversée par une route, la chaussée de Péterhof; sur cette chaussée s'ouvre une seconde porte. Par là, en voiture, on peut aller à Pétersbourg en une heure et demie.

La bande de terrain comprise entre la chaussée de Péterhof et la mer est en prairies et potagers au milieu desquels s'élève un petit pavillon ; quinze malades travailleurs l'habitent pendant la belle saison et peuvent ainsi garder les récoltes. Tout le long de la chaussée, l'asile est fermé par une palissade peu élevée. Du côté opposé, le long de la ligne du chemin de fer, se trouve un bois. La propriété renferme un étang d'une assez grande étendue.

Une longue et large avenue de bouleaux d'un

superbe effet part de la porte principale et parcourt la propriété dans toute sa longueur.

Indépendamment de cette allée, il y a un parc man^nifique aux arbres séculaires ; il est divisé en deux parties : l'une pour les hommes, l'autre pour les femmes.

Quand la municipalité a acquis la propriété, on y a tout de suite installé des malades, les femmes dans le château, les hommes dans les vastes communs, puis on s'est mis à construire.

Dans l'ancienne demeure seigneuriale occupée par les femmes, le salon situé au premier est devenu la salle de réunion et de travail ; des fenêtres, on a une belle vue sur la mer. Dans cette salle, il y a un piano ; chaque dimanche on y danse (les deux sexes ensemble); on y donne des séances de lanterne magique, genre de distraction très en faveur dans les asiles russes. Les autres pièces servent de chambres à coucher. Au rez-de-chaussée se trouve le réfectoire ; un petit salon orné de peintures sur métal est devenu la lingerie ; une salle aux murs de marbre sert de débarras.

Dans une aile du château se trouvent encore provisoirement les bureaux, une salle où les médecins se réunissent en conférences, qui sert de laboratoire et de bibliothèque médicale. Dans une grande armoire, une collection de manuscrits d'aliénés et d'objets divers fabriqués par eux. Une bibliothèque est à la disposition des malades.

La petite chapelle du château existe encore ; on est en train d'en construire une nouvelle avec une disposition toute spéciale. Attenant à la chapelle proprement dite se trouve une grande salle où les

malades se tiendront pour suivre les offices, mais cette même salle servira habituellement de réfectoire pour les malades occupés aux travaux des champs, et aussi de salle de fêtes (voyez pi. IX).

En Allemagne, nous avons vu quelque chose de semblable à l'asile d'Alt-Sherbitz, près de Leipzig. Une grande salle, au fond un autel, entre les deux un grand rideau. Pendant les offices, le rideau est ouvert ; dans l'intervalle, il est fermé, et la salle sert alors pour des fêtes, bals, etc. A Paris, au Conseil général de la Seine, on a proposé d'utiliser la chapelle de l'asile Sainte-Anne comme salle de fêtes en dehors des heures consacrées aux offices ; de vives protestations se sont élevées. On voit qu'en Russie et en Allemagne, chez les catholiques orthodoxes et chez les protestants, le clergé est plus accommodant au moins sous ce rapport.

Les bâtiments anciens sont construits partie en pierre, partie en bois ; les nouveaux en pierre et en brique.

Tous les pavillons pour les malades sont du même modèle. Chacun est divisé en plusieurs parties de façon à faciliter le classement des malades par catégories ; dans chaque partie, une salle de réunion sur laquelle ouvrent les dortoirs.

Au moment de notre visite, il y avait quatre pavillons neufs d'habités : deux à portes ouvertes, l'un pour les femmes, l'autre pour les hommes ; deux à portes fermées, un pour chaque sexe. Chaque pavillon est pourvu d'une salle de bains. Les planchers sont en bois peint et verni. Les fenêtres sont sur le modèle de celles de l'asile militaire Saint- Nicolas.

Chapell.- [proprement dite

Cloison mobile

Zl

Salle pouvant contenir 400 personnes

servant alternativement

de réfectoire pour les travailleurs

de salle pour entendre les oflices

de salle pour les fêtes

Cuisine

Vaisselle Laverie

Sortie

Pl. IX.

Vaisselle Laverie

— Hall y a une cuisine centrale et une glacière.

Le médecin-directeur habite un grand et beau pavillon.

Les ditïerents bâtiments sont éloignés les uns des autres et séparés par des bouquets d'arbres et des jardins.

L'eau vient de l'étang ; elle est puisée à laide de machines élévatoires munies de filtres. L'étang sert encore pour les bains froids en été, pour le patinage en hiver.

Le chauffage est assuré dans chaque pavillon par un poêle placé dans le sous-sol.

Bientôt l'asile sera éclairé à la lumière électrique.

En construction : divers pavillons semblables à ceux déjà existants et, sur le bord de l'étang, une vaste buanderie.

En projet : un pavillon devant servir d'inlirnierie, un autre réservé aux maladies contagieuses.

Le téléplione relie l'asile avec Pétersbourg et les ditïerents pavillons entre eux.

Le mobilier ne présente rien de bien particulier ; à noter cependant les matelas garnis d'écorces de bouleau et de tilleul.

Les malades, comme nous l'avons expliqué, sont envoyés de l'asile Saint-Nicolas et choisis parmi les chroniques des deux sexes capables de travailler. Tous ne sont pas cependant absolument incurables.

11 entre une centaine de malades chaque année ; ainsi le jour de notre visite la population était de 420 ; quand l'asile sera terminé il contiendra 1,500 places.

La moitié des malades travaillent. Ils s'occupent surtout aux travaux des champs, mais aussi aux

soins du ménage, à la ferme, à la cuisine, à la boulangerie ; un certain nombre fabriquent des boites pour les pharmaciens de Pétersljourg ; il existe des ateliers de tailleur, cordonnerie, serrurerie, reliure, peinture, etc.

Le personnel comprend, outre le médecin-directeur, trois médecins tous chefs de service, et des employés d'administration.

Tous les jours, après la visite, les médecins se réunissent en comité et rendent compte au médecindirecteur de ce qui s'est passé depuis la veille dans leur section respective.

Dans chaque pavillon il y a un surveillant, deux sous-surveillants et des gardiens ou gardiennes dans la proportion de 1 pour 8 malades.

Le personnel secondaire habite une maison située en dehors de l'asile.

En somme, Novosnamenski est un établissement encore inachevé ; sous l'intelligente et active direction de M. Reformasky, les constructions et l'installation se poursuivent méthodiquement : sous peu. Pétersbourg sera doté d'un magnifique asile.

Page 1