‹ Les Aliénés en TunisieChapitre 26 sur 39 · À. — COLONIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

À. — COLONIES FRANÇAISES

Les colonies françaises ne possèdent qu'un nombre très restreint d'asiles d'aliénés. Seules, les anciennes colonies, comme les Antilles et la Réunion, ont des établissements spéciaux. Madagascar, depuis quelques années, a aussi un hôpital spécial réservé aux aliénés indigènes.

Aux Antilles, il ne reste plus que l'asile de la Guadeloupe, fondé en 1877 ; un second établissement a disparu lors de la catastrophe de la Martinique. L'asile de la Guadeloupe paraît suffisant pour nos possessions des Antilles.

A la Réunion, l'hôpital général comporte un quartier d'hospice tout à fait indépendant où sont internés les malades de la colonie atteints d'ahénation mentale.

L'assistance des aliénés a recu un commencement d’organisation à Madagascar, pour ce qui concerne les indigènes. Le D° Jean Rigaud, médecin-maJor des troupes coloniales, adjoint au directeur du service de santé de la colonie, que nous avons eu la bonne fortune de renconlrer, a bien voulu nous donner des renseignements inédits sur la question. Nous le remercions très vivement de son obligeante collaboration.

Les aliénés européens sont rapatriés en France, après une période d'observation dans les hôpitaux de la colonie, qui, tous, possèdent des chambres d'isolement pour celle calégorie de malades. Les alénés, originaires de la Réunion, sont évacués par les paquebots de la Compagnie des Messageries marilimes, sur la Réunion, où ils

sont inlernés à l'asile Saint-Paul.

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Quant aux indigènes, quelle que soit leur origine, c’està-dire Malgaches, Africains, Indiens, etc., ils sont évacuës sur l'asile d'Iaosv, à 20 kilomètres de Tananarive, soit par voie ferrée, lorsqu'elle existe, soil par voie de mer. Les bâtiments occupés par les aliénés datent de 1903 : à cette époque, le général Galliéni les fit construire pour hospitaliser les malades atteints d’affections vénériennes. Mais, en 1905, 1ls étaient désaffectés et abrilaient dès lors les aliénés.

L'asile est composé de pavillons, bas, à un seul étage, séparés par des parcs ombragés de manguiers et situés à l'ouest, près de l'Ikopa, qui est la rivière voisine. À la têle de l'asile se trouve un médecin indigène de colonisalion, placé sous la surveillance du médecin français, inspecteur de l’Assistance médicale de la province de Tananarive. L'asile d'Itaosy peut contenir actuellement 200 malades. On est en train d’édifier un pavillon qui doit servir aux ahénés européens, en attendant leur rapatriement, ou bien lorsque, n'ayant plus de lien avec la mèrepatrie, ils sont maintenus dans la colonie. |

Il y a loin, comme on peut le voir, du système qui serait en honneur à Madagascar, si l'on ajoutait foi à une correspondance publiée par le Malin du 30 mai 1906, el reproduite par le Progrès médical du 7 avril de la même année : « Il n'existe pas à Madagascar de service hospitaher pour les aliénés. Dès qu'un indigène est attemt d'aliénation mentale, vous ne devineriez jamais le traitement qui lui est infligé. On rive à ses deux chevilles deux anneaux de fer reliés entre eux par une forte chaîne de 1 m. 30 de longueur. Les poignets sont de même em-

prisonnés et. on le lâche sur la voie publique. La com-

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misération publique s'en empare, l'héberge et le nourrit, quand ce ne sont pas les enfants qui le harcèlent à coups de pierre. » Le D' Rigaud a vu à Madagascar, en 1895, lors de la prise de Tananarive, des individus soumis à un pareil traitement ; c'élaient non pas des aliénés, mais des prisonniers. |

Est-il besoin d'ajouter que depuis l'occupation francaise, ce système qui, paraît-il, est actuellement encore en honneur à Zanzibar, a disparu de notre colonie, même pour les prisonniers ?

L'Afrique Occidentale Française ne possède pas d'établissements spéciaux. Les Européens sont mis en observation à Dakar ou à Saint-Louis, avant d'être expédiés en France. Le même système d'envoi en France est employé pour les indigènes sénégalais, et Borreil, dans sa thèse récente, a raconté le triste sort des Sénégalais « Sur 72 aliénés admis à Marseille depuis 1897, 3 sont sortis guéris, 38 sont décédés, 31 demeurent en traitement (p. 17). »

Rien non plus ni à la Nouvelle-Calédonie, ni à la Guyane, et cependant, dans ces pays de déportation, on peul supposer, a priori, que les besoins doivent être grands et les aliénés nombreux.

L'Indo-Chine Française ne possède pas d'établissements d'aliénés, et la populalion de notre grande colonie est de vingt-huit millions d'habitants. En 1906, Kermorgant annonce à l'Académie de Médecine qu'à Mytho (Cochinchine) « la question d'un asile d'aliénés recevra sans tarder une solution ». Rien n'a été fait.

Les alénés de la Cochinchine sont hospitalisés à Choquan, L'hôpital de cette ville comprend un quartier cel-

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