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3° Les malades présentant des signes d’aliénation mentale, dont le placement ou la mise en observation sont demandés par leur famille, leur consul, s'il s’agit de sujets étrangers, parfois, par eux-mêmes.
4° Les malades, qui, au cours d'une affection médicale ou chirurgicale en traitement à l'Hôpital Français, présentent des symptômes de délire ou d'agitation, troublant le repos des autres malades et empêchant leur maintien en salle commune. Ce service d'isolement sera très bien vu des autres pavillons de l'hôpital, car de tels cas sont assez fréquents (délire des fièvres, délire des opérés, psychoses des femmes en couches, elc.). ,
5° Parfois, de simples psychonévroses, des neurasthénies, des états hystériques prolongés seront heureux de pouvoir y trouver la cure d'isolement ou d'hydrothérapie nécessilée par leur état.
6° Au besoin, on pourrait y soigner quelques malades atteints d’affections nerveuses organiques (tabes, paralysies), bien que ces malades ne présentent pas de troubles psychiques nets : cela, au prorata des lits vacants.
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On déchargerait d'autant les services de médecine nérale, parfois encombrés à l'Hôpital Civil Français.
7° Enfin, ce pavillon pourrait, dans quelques occasions, rendre de grands services à la justice. Des inculpés, dont l'état mental paraît suspect, pourraient très ulilement y être placés en observation. On ne saurait s'entourer d'assez de garanties en pareil cas ; les visites, si fréquentes qu'elles soient, du médecin expert, dans lés prisons, ne sauraient remplacer l'observation continuelle de toutes les heures par un personnel spécialisé. Une démarche devrait être faite dans ce sens-là à la justice.
Dans un service où la surveillance sera très étroite, des tentatives d'évasion seraient bien rares.
8° Une consultation gratuite internationale pour maladies nerveuses serait annexée au service.
Ce service devrait se montrer très large au point de vue des admissions ef avoir un caractère international.
On pourrait excepler de sa clientèle les Musulmans, pour lesquels un pavillon analogue devrait être construit, mais tous les autres nationaux devraient y être admis. I ne faudrait pas, en particulier, rejeter les Israélites, race très névropathe et très psychopathe, qui fourniralt un intéressant contingent de malades payants.
Un prix de Journée raisonnable devrait être établi pour tous les malades, le même pour tous, sans distine- Uon de nationalité. l
La pratique de ce service, pendant deux années, a permis au D Porot de se rendre compte qu'on aurait une chentèle payante assez nombreuse. I n'existe pas de maison de santé en Tunisie : un service bien aménagé, qui n'aurait pas l'étiquette d'asile, tenterait bien des familles embarrassées d’un nerveux ou d'un aléné.
En résumé, ce service, que bien peu de villes en France possèdent encore, malgré les réclamations imstantes des médecins spécialistes, serait à la fois :
1° Un poste de secours pour les cas d'urgence ;
2° Un service d'observation pour tous les cas d’aliénation mentale, permettant le triage des cas curables el des incurables, et une antichambre de l'asile
3° Un service surtout de traitement rationnellement
installé, permettant de rendre à la vie sociale, dans un
Are délai plus &u moins long, et sans lare infamante, tous les malades susceptibles de guérison.
Il fonctionnerait à la fois comme linfirmerie du Dépôt, le service d'admission de l'asile Sainte-Anne, en même temps que comme certains services de délirants aigus, dans de grands hôpitaux : hôpital Saint-André de Bordeaux (Régis), service des délirants de l'Hôtel-Dieu de Paris. Il offrirait enfin à certaines familles les ressources d'une maison de santé privée.
L'aménagement de ce service lui permet de répondre
à toutes ces fins.
3° Aménagement d'un pavillon pour les Musulmans.
Symétriquement au pavillon de l'Hôpital Français, on devrait créer sur la même ligne d'assistance un petit service d'observation et de traitement pour les Musulmans, alteints d’alhénation mentale. Il serait concu dans le même esprit que celui de l'Hôpital Français, et répondrait aux mêmes indications : recueillir de suite les cas de déhre, les observer quelque temps, faire le triage entre les cas de folie transitoire et curable et ceux de folie incurable relevant de l'asile, soigner les premiers et diriger les autres sur la seconde ligne d'assistance, l'hospice.
Ce service serait rattaché à l'hôpital Sadiki.
À dire vrai, son besoin est peut-être moins impérieux que celui de l'Hôpital Français. Les fous, dans l'esprit du Musulman, ne relèvent pas de l'hôpital : calmes, on leur laisse leur liberté, on les vénère : agités, on les enchaîne à la prison ou à la maison. Il faudrait donc d’abord éduquer la mentalité coranique à cet égard.
D'autre part, il semble que les cas de délires aigus, de psychoses aiguës, soient plus rares chez rs Musulmans que chez les Européens : ils ont un équilibre psychologique, une pondération naturelle qui doit rendre leur cerveau moins facilement déréglabe ; leur système nerveux est moins délicat et moins vulnérable aux infections que le nôtre : enfin, s'ils ont le kif, ils n'ont pas encore l'alcool qui est le plus grand facteur de tous les accidents cérébraux aigus, soit qu'il agisse seul, soit qu'il révèle une tare latente.
Mais il est cependant assez d'aliénés dans cette race pour jusüfier la création de ce service, qui se réduirait à un simple poste d'observation et de triage, d'où l'on évacuerait sur l'asile mixte les malades jugés chroniques et incurables.
La Tékia pourrait devenir cette antichambre de l'asile
jutur.