‹ Les Aliénés en TunisieChapitre 7 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les questions d'assistance aux aliénés sont très à l'ordre du Jour : la France s'est souvenue qu'elle était la patrie des Pinel, des Esquirol, et le mouvement psychiatrique français, dans ces dernières années, a été considérable. Depuis dix-huit ans, chaque été, se réunit le Congrès des médecins alénistes et neurologistes de France et des pays de langue française : chaque année, sont traitées là les questions les plus nouvelles et les plus dignes. d'intérêt. La France, qui a créé la psychiatrie en quelque sorte, doit rester à la tête du mouvement et doit tout mettre en œuvre pour développer ses établissements

d'assistance.

Il est cependant un point — et c'est avec regret que nous sommes obligé de le constater — un point sur le-

quel elle s’est laissée distancer : c’est sur la question des aliénés coloniaux. Depuis longtemps déjà l'Angleterre, la Hollande, ont des établissements dans les diverses parties de leur empire colonial. La France n'en possède pas.

« La condition des aliénés dans nos colonies est une

es question de la plus haute ‘actualité et qui ne lardera pas à s'imposer à l'attention des pouvoirs publics (Régis). »

Le Professeur Régis, un des premiers en France, s'est occupé de la question. Professeur à la Faculté de Bordeaux, éducateur de futurs médecins coloniaux, c'est à lui que revenait la tâche de défendre la cause des aliénés dans les colonies françaises. Dès le 15 avril 1905, il publiait, avec de Ribier, un article sur « les aliénés aux colonies et leur rapatriement ». Puis, en août 1905, paraissait la troisième édition de son livre si remarquable Le Précis de Psychiatrie, dans lequel on peut voir la nécessité de s'occuper des aliénés coloniaux : la quatrième édition, sous presse, apportera de nouveaux arguments à la cause. Enfin, au Congrès de Dijon, en août 1908, le professeur Régis faisait adopter le vœu qu'il présentait avec Simon, sur la création de l'assistance des aliénés dans les colonies françaises.

Nous ne pouvons citer ici tous les travaux publiés sur la question, cette énumération trouvera sa place plus loin. Tous ces travaux démontrent l'urgence de créer

l'assistance aux aliénés dans les colonies françaises.

Nous plaçant à un point de vue plus particulier, nous nous occuperons des « aliénés en Tunisie ». Le moment est venu, semble-t-1l, de plaider leur cause : elle trouvera un accueil favorable auprès des pouvoirs publies de la Régence : depuis l'arrivée en Tunisie de M. Alapetite, comme Résident Général de France, les œuvres d'assistance ont pris un développement considérable. Sous l'impulsion de M. le Résident Général, et grâce à l'activité

As = dévouée et éclairée de M. Blanc, Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement Tunisien, les questions d’assistance les plus diverses vont être résolues.

Nous ne doutons pas que celle des aliénés viendra à son tour.

Après un rapide essai nosographique, dans lequel nous indiquerons, en quelques mots, la fréquence, les formes, les causes de l'ahénation mentale, suivant les différentes races, nous aborderons, dans une seconde partie, l'étude de la situation actuelle des ahénés en Tunisie, au double point de vue assistance et législation. Enfin, dans une dernière partie, nous verrons ce qui existe dans les colonies françaises et étrangères, pour présenter ensuite un projet de réforme et un plan d'organisation d’assislance rationnelle des ahénés, telle qu'elle est conçue actuellement, d'après les travaux modernes et d'après la conception actuelle de l’alréné.

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