D46 CAS D'APHASIE, AVEC HÉMIPLÉGIE DROITE
gence et de la volonté à un degré suffisant pour lui permettre de
érer lui-même ses affaires, dont il a conservé un souvenir, très xact et qu’il connaît très bien, ainsi qu’il l’a prouvé, en plusieurs PUR: SP depuis le début de sa maladie.
Sans doute, on peut objecter que, devant le tribunal, on l’a soumis à plusieurs épreuves destinées à apprécier le degré de son intelligence et que ces épreuves n’ont pas tourné en sa faveur ; mais On peut aussi répondre à cette objection qu’il était alors ému ; que l’interrogatoire et l'examen ont pu n'être pas bien conduits ; que ces épreuves doivent être renouvelées fréquemment, dans des conditions très diverses et avoir lieu en quelque sorte journellement, dans la vie habituelle du malade, pour acquérir une véritable valeur scientifique; enfin, que, dans ces circonstances, les meilleurs juges de l’état d'intelligence d’un pareil malade sont ceux qui vivent constamment avec lui dans l'intimité ; ils acquièrent aïnsi la connaissance d’une multitude de signes conventionnels, lesquels permettent aux malades de manifester leurs idées, leurs désirs et leur volonté d’une manière compréhensible, malgré l’absence du mode d’expression le plus complet et le plus exact de la pensée humaine, la: parole.
Du reste, la connaissance aujourd’hui très avancée des faits nombreux d’aphasie observés attentivement depuis plusieurs années, et qui sont en tous points semblables au cas que nous examinons, nous permet d'être plus explicite encore dans l’expression de notre opinion, que si nous n'avions pour base de notre jugement que les. détails mêmes du fait soumis à notre examen.
Assurément, dans les cas d’aphasie consécutifs à une hémorragie cérébrale, avec hémiplégie droite, avec persistance de quelques monosyllabes seulement et avec conservation partielle de l'écriture de la main gauche, on doit admettre que l'intelligence à toujours subi quelque atteinte (comme du reste, dans la plupart des cas d’hémorragie cérébrale, même sans perte de la parole).
L'intelligence de ces malades a presque toujours baissé de niveau; leur volonté et leur caractère ont aussi perdu de leur énergie, et leurs idées n’ont ni la même étendue, ni la même netteté, que dans l’état normal de ces malades avant l'attaque. Mais (dans beaucoup de circonstances du moins) on ne peut pas soutenir que leur raison