‹ Les aliments d'épargneChapitre 124 sur 146 · FONDEMENTS DE CETTE SCIENCE · texte numérisé non relu

FONDEMENTS DE CETTE SCIENCE

la physiologie expérimentale, qui, les soumettant à son contrôle et en déterminant l'action sur Torganisme sain, a étudié leur rôle et précisé leurs applications sur l'organisme malade.

Un des agents médicamenteux qui ont été, dans ces derniers temps, soumis le plus souvent à ce contrôle, est sans' contredit l'alcool, dont le triple rôle en hygiène, en pathologie et en th(''rap(nitique, comme hoisson alimentaire, comme substance toxique et comme médicament, était bien propi'e à fixer l'attention des savants, et offrait assez d'intérêt pour iii(''riter de nombreuses recherches et de nouvelles expériences.

Quant au café et au thé, nous avons vu que préconisés et employés presque au hasard par quelques praticiens dans certains états morbides, ils ont été délaissés par le plus grand nombre. Pourlant, comme le constate Fonssagrives, ils occupent un rang distingué dans la catégorie de ces médicaments familiers que nous avons partout sous la main; c on les voit, on les touche, on vit avec eux, et on les dédaigne parce qu'on n'a pas appris à connaître ce qu'ils valent comme médicaments et ce qu'on pourrait en faire (1) . »

En Amérique, la coca, cette panacée universelle des Indiens, est restée chez nous sans applications thérapeuti([U!'S. Enfin, nous ne savons à peu près rien des propriétés rné-dicinales du maté.

^^. — Mais, avant d'entrer en matière, nous croyons utile de faire une simple profession de foi sur la méthode qui nous semble pn'férable dans TiHude d'une sulistance médicamenteuse.

11 y a deux assises sur lesquelles l'action thérapeutique d'un médicament doit être établie :

{" Ue.i'périmentation physiolofjlqiœ ;

2" L observation clinique.

(1) Voyez Dictionnaire encijclopédiqite des sciences )nédic(ih's, t. XI, II'' partie, arf. Cafk.

Marvald. — Aliinenls-d'épargne. 29

i:>i) AIM'LICATIONS A LA Til I':H Al'ElTI Q UE.

La première, r<'X})('riiiiontation physiologique, doit précédai' tout essai thérapeutique; elle doit partout et toujoui's renverser et remplacer Vempirisme, qui a dominé si longtemps la pratique médicale et dont nous trouvons encore des traces dans l'application des suhstances médicamenteuses que nous soumettons maintenant au contrôle expérimental.

En Taisant connaître les effets de ces substances sur l'organisme sain, elle a acquis, il faut le reconnaître, dans ces derniers temps, une importance bien considérable. Ses principes sont les suivants :

A. Le médicament agit de la même manière sur l'organisme sain et sur l'organisme malade.

B. L'action curalive de telle ou telle substance résulte de son action physiologique (1).

Quant à la seconde, Vobservation clinique, elle contrôle les résultats de la première, elle les met en pratique et les utilise sur l'homme malade; elle les approprie aux besoins et aux exigences de tel ou tel orcane atteint dans son fonctionnement, ou les dirige contre les atteintes et les ravages de tel ou tel élément morbide qui frappe l'économie.

Toutes les deux sont utiles et indispensables, et nous croyons cpie c'est d'elles cpie dépend l'avenir de la thérapeutique.

11 résulte des expériences physiologiques que nous avons instituées pour déterminer le rôle dans l'organisme de l'alcool et des boissons aromatiques, que ces liquides agissent sur l'homme sain :

i" Comme excitants du système nerveux cérébro-spinal;

2° Comme antipyrétiques ;

3° Comme antidésassimilateurs.

C'est à ces trois points de vue que nous allons maintenant étudier leur action sur l'homme malade.

fl) Voy. Gubler, Commentaires tliérapeutiques du Codex, 2^ édition, 1874, et Cl. Bernard, Leçons de pathologie expérimentale, 1872.

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