‹ Les aliments d'épargneChapitre 136 sur 146 · I. — Polyurie · texte numérisé non relu

I. — Polyurie

On saiL qu'il existe un état morbide, décrit par AVillis sous le nom d'azoturie, par Bouchardat sous la désignation de forme nouvelle de consoïnption, et, dans ces derniers temps, par plusieurs observateurs, sous le titre de pobjnrie, qui est caractérisé par l'exagération de la désassimilation des éléments organiques et conséquemment par la production i d'une grande quantité de matériaux excrémentitiels, urée.

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malièrcs extractives, etc., continuellement versés dans le sang et éliminés par les urines ordinairement très-abondantes. La dénutrition étant plus active, on conçoit que la masse des déchets doive être augmentée.

Dans certaines formes de cette affection, tant que l'acquisition de l'organisme peut combler les déficits considérables produits par cette dépense exagérée de la vie organique, l'économie ne périclite pas et n'est exposée à aucun épuisement. C'est ce qui arrive chez certains polyuriques soumis à une alimentation copieuse et réconfortante, conservant l'appétit et présentant des digestions régulières et faciles. Mais quand les fonctions digestives viennent à être troublées, quand l'alimentation est insuffisante et que les recettes ne peuvent être proportionnées aux dépenses, surviennent de l'amaigrissement, de l'émaciation, de la perte des forces, et en dernier lieu une anémie })lus ou moins profonde; l'organisme présente alors tous les signes constatés par Chossat chez les animaux soumis à l'abstinence (perte de poids, abaissement de la chaleur animale, disparition de la graisse et appauvrissement du sang; prostration et engourdissement, etc.).

Entre ces deux formes extrêmes existent, il est vrai, de nombreux types intermédiaires ; mais ce qu'il est utile de constater dans chaque cas particulier, c'est la façon dont l'organisme supporte les dépenses exagérées cl les pertes énormes qu'il subit par l'exagération de la dénuti-ition, et la facilité plus ou moins grande avec laquelle il fait face, par les ressources de l'alimentation, au déficit auquel l'expose la suractivité des échanges organiques. On arrive à ce résultat par la balance, qui, commele fait remarquer avec tant de raison notre collègue Kiéner, dans son intéressant travail (1), donne alors le renseignement complémentaire de l'analyse chimique des urines ; on connaît ainsi lesdeux colonnes du livre de compte,

(I) Voy. Kiéner, Essai sur la physiologie de la pohjtirie. Ihise de SIrasbourg, 18GC.

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et Ton d('loniiiiU' avec friiil l'aflivilé organique el le sondans lequel elle prédomine. Telle était, comme on le sail, la méthode employée par notie savant maître, le professeur Hirlz, à la clinique de Strasbourg; avec la balance il avait coutume de suivre l'effet des traitements reconstituants chez certains malades, et de déterminer, au contraire, le degré de décadence et d'amaigrissement soupçonné chez d'autres. Telle est la})ratique que nous avons suivie depuis quelques années dans notre service du Val-dc-Gràce, où nous avons l'habitudo de faire précéder et de faire suivre chacune des médications instituées dans les affections fébriles et dans certaines maladies chroniques habituellement débilitantes, par le pesago des sujets en traitement dans nos salles.

Nous avons ainsi recueilli un grand nombre d'observations de polyuries caractérisées par une émaciation profonde et par des déperditions organiques considérables, et dans lesquelles^ les malades ont présenté une amélioration évidente et certaine consécutivement au traitement tonique et antidéperditeur qui leur a été appliqué. Nous nous contenterons de mentionner ici les plus intéressants dans le tableau suivant, où nous avons relevé dans une première colonne le poids de nos malades, et dans une seconde colonne la quantité d'urine, la richesse de ce liquide en urée et en matières exlractives indiquée par l'analyse chimique, avant et après la période pendant laquelle chaque malade a été soumis à la médication antidénutritive :

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