PHTHISIE PULMONAIRE
présentent une utilité incontestable sur laquelle nous n'avons pas ])esoin d'insister et qui, pour les préparations arsenicales en particulier, a été mise en évidence par un grand nombre de cliniciens, entre autres par Trousseau. Mais leur action est surtout profitable, suivant nous, dans cette période prodromique plus ou moins longue, plus ou moins manifeste , qui précède toute apparition de tubercules dans l'appareil pulmonaire, et qui n'est guère caractérisée que par des symptômes plus ou moins apparents : un peu d'oppression et de dyspnée, une petite toux sècbe et fatigante, de l'abattement, de l'amaigrissement, de la rougeur des pommettes, des sueurs peu abondantes limitées aux pieds et aux mains, souvent de Vdpoli/uric.
Dès 1806, à l'époque où nous étions interne dans le service de notre savant maître le professeur Ilirlz, à Strasbourg, nous avons recueilli plusieurs observations qui nous démontrèrent alors que la plitliisie pulmonaire était souvent précédée de polyurie, caractérisée par des urines nonseulement copieuses et abondantes, mais encore ricbes en urée, en acide urique et en matières extractives, comme le démontraient les nombreuses analyses faites par Hepp, pharmacien en chef de l'hôpital de Strasbourg, dont nous déplorons la perte récente.
Un certain nombi'e de tuberculeux furent traités par la médication arsenicale (pilules de Dioscoride, 3 à 15 par jour, ou 5 à ^20 gouttes de liqueur de Fowler), après avoir été pesés au moment de leur entrée à l'hôpital. A la suite de ces recherches multipliées , nous pûmes nous convaincre de l'heureuse inlluencc que présente cette médication, tant au point de vue de la marche des lésions pulmonaires, qui fut singulièrement ralentie et souvent entravée, qu'au point de vue des modifications satisfaisantes survenues dans l'état général (augmentation de poids, engraissement, ralentissement de la dénutrition et diminution des résidus : urée,
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matières extraclives, contenus dans les urines). Dans notre service du Yal-de-GrAce, nous avons continué cesredierclies, et depuis quatre ans que nous soumettons à la médication arsenicale les malades prédisposés à la tuberculose ou présentant déjà les signes de la phthisie au premier degré, nous nous sommes convaincu de Tutilité de cette médication. Nous avons même remarqué une relation remarquable entre l'augmentation de poids et la diminution des pertes en urée et en matières extractives, que présentaient les malades soumis au traitement antidéperditeur; et depuis que nous avons soin d'associer aux préparations arsenicales les boissons spiritueuses et les boissons alcooliques, nous n'avons eu qu'à nous féliciter de l'emploi des médicaments d'épargne, dans toutes ces formes de tuberculose lente, caractérisées au début par l'exagération du mouvement de dénutrition.