ACTION SIR LA CHALEUR ANIMALE
J\[êmes résultats chez un chien de berger, de forte taille, sur lequel furent répétées ces expériences.
On sait que, chez les animaux auxquels on a sectionné la moelle épinièreau niveau des i'f ou 7* vertèbres cervicales, il se produit fatalement, comme G. Binz l'a reconnu dans ses expériences, une élévation de température qui continue après la mort, et qui s'élève de 0°,4 à l'',5 chez les chiens; de 0",! à O^S chez les lapins ; de 0",o à 0",4 chez les volailles.
Or Cuny Bouvier a constaté que, lorsqu'on a eu soin d'administrer préalablement aux animaux mis en expérience une certaine quantité d'alcool, on ne remarque point d'élévation de température, mais au contraire un certain refroidiss(^ment; chez \,^ chiens auxquels cet observateur a sectionné la moelle à l'union de la région cervicale aveclarégion dorsale, le thermomètre indiqua un certain abaissement de température. Et si, au lieu d'employer l'alcool, on administre à ces animaux du sulfate de quinine, même à fortes doses, on remarque que cette substance n'a aucune influence sur l'élévation de la température, indiquée par les animaux auxquels on a fait subir la mutilation mentionnée plus haut.
Mainzer (1) a fait, de son côté, un grand nombre d'expériences sur l'homme sain, en s'entourant de toutes les précautions nécessaires "pour éviter toute chance d'erreur. H expérimenta avec de Talcool à 98" mélangé avec une quantité égale, double ou triple d'eau, et ingéré aux doses de 15 à 80 cent, cubes.
Il dressa la courbe présentée à l'état normal par la température prise toutes les cinq minutes chez deux hommes au moyen d'un thermomètre placé dans le rectum; ceux-ci restaient immobiles, couchés dans un lit pendant toute la journée, déshabillés et recouverts d'une simple couverture; la température extérieure était notée exactement, L'expéri-
(1) Voy. Arcliir fur Amilomie de Virchoir, vol. I.III.
inentation l'ut conlinuée pendant plusieurs jours, et l'on put comparer facilement la courbe normale formée par la température de chaque homme dans les circonstimces ordinaires, et la courbe recueillie quand l'individu était pendant la journée soumis à l'influence de l'alcool. Cette comparaison indiqua chez les deux sujets soumis à l'expérimentation une diminution sensible dans la température indiquée par la seconde courbe thermique.
§ 3. — Comment expliquer maintenant cet abaissement de température que tous les observateurs s'accordent aujourd'hui à signaler comme consécutif à l'ingestion de l'alcool? Nous nous trouvons ici en présence d'un certain nombre d'opinions; mais quelle que soit celle que l'on admette, que Ton attribue ce refroidissement au ralentissement et à l'arrêt des oxydations des humeurs et des tissus, et partant à une diminution des sources de la chaleur animale (Perrin, Mainzer), ou bien à l'accélération de la circulation et de la respiration et à l'évaporation pulmonaire de l'alcool, c'est-àdire à une augmentation de la chaleur perdue (G. Sée), ou bien encore, comme l'auteur de ce travail, à la consommation de chaleur nécessitée par l'excitation du système nerveux et à la dépense de force que présentent les phénomènes d'alcoolisation, il fout, dans tous les cas, rattacher cet abaissement de température à l'influence de l'alcool libre qui circule dans l'économie; car les transformations que subit l'alcool qui disparaît dans le sang, loin de pouvoir y contribuer, ne peuvent être considérées que cornme des sources de chaleur pour les éléments organiques.