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CAS TRAITÉS PAR MIRCHISON

(Fovct'.s ll...-i.ital.)

TVPHIS.

110!) cas, 01 morisou 5.05o'o 2317 — (U3 — 27.39 1500 — 544 — 3fi.05 yili — -iOO — 43.06

FIÈVRE TYPHOÏDE

876cas, 131 morts ou 14.05° o

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eo — 14 — 52.84

11 refuse toute qualité alimentaire à l'alcool, qu'il considère simplement comme un stimulant; il lui attribue pourtant une certaine influence comme ralentissant les déperditions organiques.

On voit, d'après les chiffres donnés par Murchison, que les résultats pratiques sont loin d'être en faveur de la méthode de Todd; malheureusement on sait combien il faut se défier des statistiques, surtout quand elles ne sont pas faites, comme celle-ci, avec toutes les précautions désirables.

Les malades traités par Todd et par Murchison étaient-ils soumis à la même hygiène? Recevaient-ils les mêmes soins dans les hôpitaux différents où ils étaient traités par l'un et par l'autre? Entin, les épidémies de typhus et de fièvre typhoïde observées par les deux praticiens avaient-elles lieu en même temps, et offraient-elles la même intensité, la même malianité? Nous n'en savons rien ; ce sont autant de raisons pour nous rendre réservé sur les conclusions que Murchison

(Ij Murchison, Trealise on tite fevers of Créai Drltain. Lundon, 1802.

a tirées de l'examen «-omparalif des chiRVes que nous avons cités plus haut.

De son côté, Bennett (1), comparant les résultats de sa pratique dans la pneumonie aux résultats obtenus par Todd dans le traitement de la môme maladie, arrive à des conclusions conformes à celles de Murcliison.

En effet, sur Hi) pneumonies aiguës, dont 105 simples et 24' compliquées, traitées du 1"" octobre 1858 au 31 janvier 1865, c'est-à-dire en six ans et trois mois, il constata 125 guéri sons.

Or Todd avait eu une mortalité beaucoup plus considéraljle, représentée environ par 1 mort sur 9 malades.

§ 4. — En France, le professeur Béhier (2) fut un des plus ardents promoteurs de la doctrine de Todd; avant lui. Trousseau avait, il est vrai, appelé l'attention sur les bons effets du vin de Malaga dans certains cas de lièvre typhoïde; Aran avait mèinc donné de l'eau-de-vie dans les fièvres et les pneumonies typhoïdes des vieillards; mais aucun d'eux n'avait employé la médication alcoolique suivant les préceptes de la médecine anglaise.

Tandis que Flint (3), en Amérique,- administrait l'alcool dans la pneumonie aiguë et en obtenait les meilleurs résultats, dès 1802 Béhier appliquait la méthode de Todd sur 47 malades. 11 prescrivait 80 à 120 grammes, ou même 150, 200, 300 grammes d'eau-dc-vic ordinaire, étendus de 80 à 120 grammes d'eau édulcorée (une cuillei'éo à boujhe toutes les deux heures).

Dans quelques cas, il ajoutait à cette préparation l'acétate d'ammoniaque, sous l'influence duquel il n'y eut aucun changement appréciable dans l'action de l'alcool.

(Ij Bennclt, On the treatnient of pnetimoniabij restorat'wes. (TheLancet, 1865.) /2) Béhier, Conférences de clinique médicale. Paris, 186i. — Note sur l'emploi inti'rne de l'alcool. \ Bulletin général de thérapeutique, i8()">.)

(HjFlinl, Clinical reports on pneumonia. {Nortli American medico-chirurgical Heriew, 18(3 l.j

Sur 30 pneumonies ainsi traitées, il oblinl 20 guérisons. Quant aux 7 insuccès, ils ne doivent pas (Béhier le dit luiinème) être mis sur le compte de l'alcool, mais doivent être attribués à l'état déjà grave que présentaient les malades lors de leur entrée à riiôpital.

Ces 7 malades se décomposaient de la manière suivante :

o phtliisiques.

i bronchite capillaire généralisée.

."î pneumoniques parvenus au troisième degré.

Parmi les autres malades, il offraient surtout des formes ataxo-adynamiques.

Comme ïodd, Béhier (1) a vu « l'alcool faire cesser le délire, faire tomber le pouls, abaisser la respiration et déterminer souvent une transpiration abondante, malgré laquelle les forces se relevaient ». Jamais il n'a observé le moindre sis^ne d'ivresse.

La plupart des malades traités par le savant clinicien de la Pitié étaient d'un âge avancé; pourtant quelques-uns avaient de 21 à 30 ans. Aussi Béhier pense qu'il y a là encore matière à expérimentation, à laquelle il offre pour élément les faits f{u'il a observés.

Il tire de ces observations les conclusions suivantes :

1" L'emploi des excitants n'est pas toujours aussi dangereux qu'on pourrait le croire;

2° Bien qu'il nuise lorsqu'il est pris avec abus et en grande quantité à la fois, l'alcool potable n'est pas nécessairement dangereux quand il est bien manié et prescrit à doses fractionnées ;

3" Le soutien qu'il donne au système nerveux, très-notablement relevé par son emploi méthodique, fait très-rapidement cesser le délire qui existe dans les affections aiguës;

A" Nul effet grave ne résulte de cette pratique, laquelle,

(1) Loc. cit., p. 3G7 et suiv.

au contraire, soutient les forces des malades, empêche ramaigrissement et liàte la convalescence.

,^ 5. — Sous l'empire des idées nouvelles, Monneret (1 ), suivant l'exemple de Stokes, avait employé le vin à hautes doses ( l/:2 litre à 1 litre en M heures) dans les fièvres typhoïdes adynamiques. Il s'en était bien trouvé et avait remarqm; que, sous l'influence *des spiritueux, les troubles abdominaux s'amendaient et diminuaient, et que les hémorrhagies, soit intestinales, soit nasales, devenaient moins fréquentes.

Béliier tenta le traitement de Todd dans la fièvre tyhoïde; il n'en obtint aucun succès. « Il est vrai, dit-il, que les formes étaient très-graves et la maladie déjà fort ancienne {'2). » C'est pourquoi, sans doute, il a été beaucoup moins heureux que'l^veedie (o).

Plus récemment, Terrier (i) justifia les doses énormes employées par les médecins anglais (50 à 100 grammes d'eau-de-vie ou de rhum par bouteille de Bordeaux, ou 1, "2 ou o bouteilles de Bordeaux en 24 heures), en montrant que les alcooliques ont beaucoup moins d'activité sur l'homme affaibli ou déprimé par la fièvre que sur l'homme sain.

D'après lui, les symptômes produits seraient bien diflerents dans les deux cas : tandis qu'à l'état normal se manifeste l'alcoolisme aigu avec tous ses dangers, on voit chez le fébricitant le délire s'apaiser, la céphalalgie disparaître, le pouls se ralentir, la langue, de sèche, devenir humide; à ces phénomènes se joint une augmentation des sécrétions rénales et cutanées.

Avec Stokes, Todd, Pursell et Beale, il signale les bons

(Il Monnen-t, De l'emploi (ht riii dans le traitement de la fièvre typhoïde. (Revue de thérapeut. méd.-chir., t. X, 180:2, p. 485.)

(i) Loc. cit., p. 608,

(3) Voy. The Lancet, juin 18G0.

(i) Terrier, Emploi des alcooliques dans les maladies aiguës. [Revue de thérapeutique, 1866, p. 36'J.)

effets do l'alcool dans tous les états typhiqiies, où ce médicament lutte énergiquemenl contre la dépression des forces.

Dans les commentaires thérapeutiques du Codex, Gubler (l), tout en insistant sur les mauvais eff(;ts de l'alcool dans la fièvre inflammatoire franche et intense, caractérisée par une combustion exagérée se traduisant dans les appareils et dans les sécrétions par une dénutrition rapide et une abondance d'urée, reconnaît toutefois à ce médicament une influence favorable sur les fièvres adynamiques caractérisées par l'enrayement dans les oxydations organiques et par le refroidissement. Il fait ressortir combien, dans ce cas, l'alcool peut rendre de services considérables, « soit en se comportant comme un aliment respiratoire et on ralentissant la dénutrition, soit en rendant agissanles des forces radicales à l'état latent, soit en rendant à chaque instanl au système nerveux la force qui lui manque. »

Enfin Jaccoud {il), reconnaissant ce qu'il y a d'exagéré et d'exclusif dans les principes formulés par Todd, dans le traitement d'ailleurs si complexe et si variable de la pneumonie, et suivant l'exemple de son maître Béhier, n'admet d'abord qu'une seule indication véritable de l'alcool chez les pncumoniqucs : cesiVadynamie.

« Donner de l'alcool dans l'adyiiamie fébrile, dit-il, c'est venir directement au secours du malade que la fièvre consume, c'est lui fournir un aliment excessivement combustible, à décomposition très-rapide, dont la combustion limite nécessairement la dépense de l'organisme féhricitant. En ci'autres termes, la combustion exagérée qui est le fait de la fièvre est entretenue en partie aux dépens de l'alcool absorbé, au lieu d'être alimentée tout entière par la substance organique elle-même. »

Mais dans son traité de pathologie interne, le savant mé-

(1) Loc. cit., p. 6{)6 et suiv.

("2) S. Jaccoiul, Leçons de clinique médicale. Pari?, l!<(JT, p. 73 et suiv.

EFFETS THÉnAPErriQUES. 285

dccin de riiôpital Lariboisièrc étend considérablement les indications de la médication alcoolique dans divers états morbides, où son utilité s'explique par l'action spéciale de l'alcool, qui détermine souvent un abaissement momentané de la température, qui stimule le système nerveux, qui présente à la combustion fébrile un élément facilement combustible, qui restreint par là la consomption organique et devient un agent cV épargne ( l).

Jaccoud préconise l'emploi des spiritueux, non-seulement dans la pneumonie, mais encore dans la fièvre typlioïde, dans la variole, dans la scarlatine, dans l'érysipèle, en un mot, dans toutes les pyrcxies à cycle continu et déterminé, dans lesquelles le pi-alicien se trouve en face des mêmes indications.

Nous-rnème, dans notre travail [îl), nous avons rangé l'alcool, d'après son double rôle physiologique comme anestliésique et comme antidéperditeur, parmi les principaux agents de la médication antipyrétique. Nous avons même insisté sur les avantages qu'il présente à ce titre sur les autres médicaments antifébriles qu'on a tort de lui préférer trop souvent.

D'abord, avons-nous dit, c'est un médicament usuel, qui se trouve partout, qu'on peut se procurer facilement et d'une administration commode, quand il est prescrit en potion ou sous forme d'eau-de-vie ou de rhum. Il est parlaitement toléré par le malade; pa^ de vomissements, pas de nausées, pas le moindre dégoût ou la plus légère répugnance à craindre : avantages considérables quand on le compare aux piincipaux antipyrétiques (digitale, veratrum, etc.).

Son ingestion n'offre pas le moindre danger. Il n'a pas besoin, pour être administré, d'une surveillance et d'une attention nécessaires quand on prescrit ces derniers médica-

(1) Vov. Jaccnud, Trnllc de patholofjk iiilciiip. 1871, t. II, ji. 70.

(2) Yoy. A. Marvaud, l'Alcoul, son uclion pliijsio oaique etc., travail cité.

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monts, ({ui, maliiic leur pouvoir anlifébrilc inconti3Stal)lo ol malgré les éloges qui leur ont été décernés, semblent devoir rester conOnés dans les grands hôpitaux et n'être jamais utilisés d'une façon utile et efficace dans la pratique journalière.

Grâce à cette bénignité, les préparations alcooliques peuvent être prescrites, pendant toute la durée de la pyrexie, à doses croissantes et graduées, suivant l'élévation de la température et les symptômes plus ou moins graves présentés par le malade. Le praticien pi-ut en outre varier ces préparations, les administrer soit en tisanes, soit en potions, leur associer, suivant les cas, des boissons excitantes et aromatiques (café, thé, coca, etc.), qui agissent dans le même sens.

Par leur emploi continu, on peut obtenir le maintien de l'abaissement de la température, avantage sur l'emploi des bains et des lotions froides, qui déterminent pendant une période très-courte une réfrigération de quelques degrés, presque aussitôt suivie d'une chaleur au moins égale et quelquefois supérieure à la chaleur morbide constatée par le thermomètre avant l'emploi de ces réfrigérants (Libermeister, Jergenssen, etc.). Enfin, l'alcool restreint les déperditions organiques en enrayant dans sa source même la combustion fébrile, propriété précieuse, qu'il partage du reste avec d'autres antipyrétiques (sulfate de quinine, arsenic).

Nous avons expérimenté depuis trois ans la médication alcoolique dans notre service du Yal-de*Gràce, où nous avons administré les spiritueux dans un certain nombre d'affections fébriles (fièvres typhoïdes, varioles, pneumonies franches, rhumatismes articulaires aigus, etc.); nous espérons que les heureux résultats constatés à la suite de nos essais paraîtront suffisants pour faire entrer dans la pratique une méthode thérapeutique trop longtemps regardée comme peu efficace ou trop dangereuse, et dont rim})ortance et l'innocuité nous semblent aujourd'hui parfaitement démontrées.

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