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N° 2. — Homme de 27 ans.
Pouls normal.
Pouls 15 minutes après l'ingestion de GO gr de cette infusion.
N° 3, — Homme de Zh ans.
Pouls normal.
Pouls 15 minutes après l'ingestion de (JO gr. de cette infusinn.
N° U. — Homme de 26 ans.
Pouls normal.
Pouls 15 minutes après l'ingestion de 60 gr. de celte infusion.
La respiration est Ibrtement influenci'e par le iIr", comme l'avaient démontré, du reste, les recherches d'E. Smith; les inspirations augmentent de fréquence et d'ampleur, et quand on soumet les individus à une dose assez forte d'infusion de thé vert, il peut se produire une oppression pénihle et une sensation d'angoisse dans la région du co?ur : troubles que l'on doit rapporter, selon nous, à l'action de l'huile volatile, et qui ne s'observent point sous l'influence du thé noir.
Quant au refroidissement périphérique, signalé par E. Smith et par nous-méme, à la suite de l'ingeslion d'infusion de thé à la température ordinaire, il s'explique, d'une part, par l'augmentation de l'expiration pulmonaire et de la transpiration cutanée qui se produit sous l'influence de l'essence de (hé, d'une autre part, par l'influence frigorifique de la théine, dont l'action sur la chaleur organique est tout à fait comparable à celle de la caféine.
§ i. \rHon sur la nutrition. — Le thé excite la digestion; il calme ce sentiment de tension et de plénitude qui
siège à la région stomacale après un repas indigeste ou copieux. Ces effets sont dus très-probablement à son essence aromatique, qui, en augmentant la sécrétion des glandes digestives à la façon des Imiles volatiles contenues dans les diverses épiées employ(''es dans l'alimentalion (moutarde, cumin, poivre, girofle, cannelle, etc.), favorise la dissolution et l'absorption des aliments.
Pris à trop fortes doses, il peut troubler la digestion en précipitant par son acide tannique les corps albumineux dissous (Molescbott).
Il y a une question qu'ont dû naturellement se poser les physiologistes et les hygiénistes, c'est celle de savoir si l'infusion de thé est une boisson alimentaire.
Nous avons étudié l'action de cette boisson sur le système nerveux, et, d'après cette étude, nous pouvons parfaitement admettre qu'en excitant les centres nerveux elle peut agir indirectement sur la nulrition. Dans tous les cas, cette action doit être passagère et momentanée.
On peut encore tenir compte, comme l'ont fait les chimistes, de la forte proportion de substance azot(''e contenue dans l'infusion de thé, pour expliquer son rùle dans la nutrition. Mais si, comme l'a démontré Péligot, un litre d'infusion de thé (20 grammes) sucrée fournit 31 ^''",65 de matières solides, celles-ci ne représentent que 0'",o d'azote, tandis qu'un litre debouillon delà compagnie hollandaise, tout en ne contenant que :24 grammes de matières solubles, renferme jusqu'à ls'",fî d'azote. De soneùlé, Michel Lévy (1) insiste avec raison sur ralimentation substantielle des Anglais et sur la nourriture abondante dont ceux-ci font usage, malgré les quantités de thé qu'ils absorbent. Dans les hôpitaux militaires anglais de Varna et de Scutari, il a vu servir le thé à deux repas sur trois; les malades, les convalescents an-
(ï) Michel Lévy, loc. cit., l. II, p. 95.
glais le prennent malin et soir avec du pain, mais leur repas intermédiaire, le dîner (entre midi et une heure), est défrayé par une ration de viande et de légumes équivalente en quantité aux aliments que reçoivent nos militaires dans les deux repas réglementaires de leur journée à Fliôpital. Voici pourquoi nous voyons Fonssagrives (1), acceptant les idées du savant médecin inspecteur de l'armée d'Orient, admettre que (( le thé agit hien plutôt à litre de condiment, c'est-à- <lire de substance stimulant Feslomac et exaltant les facultés digeslives, qu'à litre d'aliment proprement dit. >)
Il est donc difficile d'attribuer à la quantité d'azote contenue dans l'infusion de thé les principaux effets que produit cette boisson comme substance alimentaire.
Mais, en dehors de l'excitation qu'il détermine du côté du système nerveux, il est démontré aujourd'hui que le thé joue un certain rôle comme aliment anlidéperdileur et qu'il ralentit la désassimilation. C'est ce qui résulte des recherches entreprises par Sclmltz (de Berlin) et dont les résultats ont été confirmés parles expériences que nous avons instituées pour démontrer le pouvoir antidésassimilateur de cette boisson.
,^5. Conchisious. — Ainsi le thé peut agir à trois titres l'économie :
\° Comme excitateur du système nerveux ou comme agent dynamique.
::^'' Comme ralentissant le mouvement de dénutrition ou €omme agent anlidéperdileur.
3" Comme renfermant une certaine proportion de principes azotés assimilables ou comme aliment plastique ou réparateur.
Bien qu'on ait atlribui'' au thé une foule de propriétés merveilleuses, on ne l'emploie guère journellement, en thé-
(1) Fonssagmes, Hygiène alimentaire des malades^ des convalescents et des valétudinaires, iJ'' édition.
rapeutiquc, que pour combattre l'indigestion, el encore quelques médecins attribuent-ils à l'eau chaude el sucrée qui lui sert de véhicule les bons efl'els constatés généralement à la suite de son administration. Cependant, quelques auteurs ont préconisé cette boisson dans diverses maladies et à différents titres :
1" Gomme excitant çicnéral du si/stcmc nerveux, contre la stupeur et le coma qui accompagnent les fièvres graves et adynamiques (Martin Solon), contre l'ivresse alcoolique el lenarcotisme thébaïque (Graves, James Scwel, etc.).
Il est employé encore avantageusement dans certaines intoxications profondes, et offre un antidote préférable au café contre les poisons stupéfiants et les narcotico-àcres, tels que l'opium, les solanées vireuses, le tabac, la digitale.
Fonssagrives, à l'exemple de Boerhaave, qui l'employait, du reste, dans toutes les formes graves de la petite vérole, avec phlyctènes tendant à l'ulcération, en fait un usage constant dans la fièvre typhoïde adynamique, el en augmente la dose jusqu'à ce qu'il ait obtenu une stimulation suffisante.
^° Comme diurétique, le thé a été employé avec succès chez les malades dont les urines sont rares el chargées, dans la goutte, la gravelle, l'hydropisie (Gubler).
3° Comme sédatif du système vasculaire, il a été prescrit, à la façon de la digitale, dans certaines maladies fébriles et inflammatoires (Percival et Pereira).
■4" Enlin, nous mentionnerons son emploi plus fréquent, comme stimulant diffusible et sudorifique, dans un certain nombre d'états morbides où il est utile de provoquer une sudation abondante.