VI INTRODUCTION
ciennes de la clinique et du laboratoire ? Bien au contraire. Il n'est pas douteux que nous marchions vers des formes de YÎe probablement meilleures et plus rationnelles. Mais en cette époque où le vent de la critique souffle si âprement à travers la forêt de la Tradition, y faisant tomber mainte branche morte, n'oublions pas que l'ouragan est aveugle et jette quelquefois bas de vieux chênes encore fort vigoureux et de jeunes pousses qui promettaient une belle venue. Parlant sans parabole, abstenons-nous des généralisations hâtives, des affirmations tranchantes, des négations excommunicatrices, des jugements téméraires ; rap[jelons à notre superbe que nulle part hélas ! les £?rreurs judiciaires n'ont été aussi fréquentes qu'en médecine ; défions-nous de l'esprit de système toujours borgne, souveni aveugle.
Bien des esprits qui se croient scientifiques sont obnubilés par la fameuse proposition : la vérité est une et l'erreur est multiple, tranchante comme la guillotine de la logique. Qu ilià la corrigent en ce qu'elle peut incliner vers l'intolérance, le sectarisme, l'étroitesse, le Jacobinisme scientifique par cette belle pensée de Renan dans laquelle Montaigne se serait reconnu : Il n'y a pas de vérité générale, il n'y a que des vérités particulières. Qu'ils n'emploient plus cette étroite formule didactique « Partons d'un prin- €ipc )) ; ne partons jamais d'un principe, mais de 2, de 3, du phi s grand nombre possible de principes et restons convaincus que si grand soit le nombre que notre médiocre entendement aura pu coordonner, un plus grand nombre encore lui aura échappé.
C'est dire que nous ne croyons avoir rien écrit de définitif. Nous écrivons tous sur le sable — n'en déplaise aux tailleurs de granit.