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IV. InDICATIOîîS et COXTRE-INDICATIONS

La ration de graisse doit être dans une certaine mesure proportionnée au froid extérieur. C'est ainsi que Thuile de foie de morue habituellement bien tolérée l'hiver est insupportable l'été, et que les Esquimaux font, comme chacun sait, une consommation extraordinaire de graisses. Suivant Pages, la graisse animale conviendrait surtout aux pays froids, la graisse végétale aux pays chauds.

La ration de graisse doit être proportionnée au travail et en particulier au travail manuel ; c'est le grand aliment de force et le travail manuel, l'exercice accroît précisément l'aptitude de l'organisme à le digérer.

Il ne peut venir à notre esprit de rappeler même en raccourci toutes les indications et les contre-indications des graisses. Nous rappellerons seulement quelques indications cliniques essentielles qui ont fait l'objet de travaux récents.

C'est surtout dans les affections du tube digestif que les propriétés physiologiques des graisses sont à considérer : Les recherches coprologiques de René Gaultier confirmant et précisant le» enseignements antérieurs de la clinique et du laboratoire lui ont permis de formuler les conclusions essentielles suivantes :

En cas de trouble d'absorption intestinale (entérites), la quantité de graisse utilisée est moindre que la normale, mais la quantité de graisse dédoublée est encore relativement considérable, près des deux tiers.

En cas d'absence de bile (ictères, hépatites, cirrhoses, néoplasmes, etc.), Tutilisation est également diminuée, mais la quantité de graisse dédoublée n'est qu'à peine d'un tiers.

En cas d'absence du suc pancréatique (pancréatiles, néoplasmes, etc.), Tutilisation est faible, mais surtout la quantité de graisse dédoublée est inférieure.

Si bien que Vabsence simultanée de bile et de suc pancréatique entraine une utilisation presque nulle, le dédoublement des graisses tombant au tiers.

Le régime devra donc être hypograisseux, albumino-hydrocarboné (viande maigre, lait écrémé, poissons maigres, légumes secs et verts avec peu ou pas de beurre, fruits, etc.), dans tous ces cas (entérites, hépatites, pancréatites, néoplasmes, etc.). Il en sera de même dans la plupart des dyspepsies et des gastrites, à cause de l'action inhibitrice^xercée par les graisses sur la digestion stomacale.

Mentionnons toutefois Vaction particulière de Vhuile d'olive et de V acide oléique, son dérivé sur la lithiase biliaire.

D'après Artault de Vevey, cette action serait curative et préventive. « L'huile d'olive en lavements agit curativement d'abord sur le symptôme colique par une action de viscosité lénitine sur les parois intestinales, dans ses effets rapides, presque immédiats, en un temps où l'absorption ne peut être invoquée, effet mécanique prouvé par l'action même du lavement d'huile sur des contractions spasmodiques de voisinage comme dans la coUque néphrétique. Dans le cas d'absorption par la bouche, l'effet se

produit par le même mécanisme et dans le cas de l'acide oléique, par une excitation locale qui provoque un brusque afflux de bile et Tentraînement du calcul.

« Enfin Faction ultérieure préventive découle de la connaissance de la constitution de l'huile d'olive qui facilite l'absorption de l'acide oléique, et par une régénérescence des acides biliaires, «gui maintiennent la cbolestérine en dissolution. »

'On sait par ailleurs les résultats remarquables obtenus chez l'enfant par l'huile de foie de morue.

L'emphi des graisses dans les maladies consomptives, dans la iaberoulose en particulier, a fait l'objet de nombreuses recherches. Uin des derniers travaux est celui de Laufer, relatif à l'influence des ^graisses sur la nutrition des tuberculeux (Académie de médecine, 20 juin 1905); l'auteur y montre que les graisses agissent sur les tuberculeux en déterminant une rétention et par conséquent en épargnant une notable quantité de l'azote. Cette épargne azotée est susceptible de s'accroître jusqu'à une certaine limite, après laquelle le surplus demeure inutilisé. Un groupe de malades a été soumis au régime des graisses à hautes doses (5o à 200 ;gTanmies par jour, y compris les substances grasses pures (beurre ou huile). Un autre groupe de malades reçut des doses modérées <de graisse (80 à 100 grammes par jour).

Chez les malades du premier groupe, le poids s'élève rapidesnent, mais il devient bientôt stationnaire, puis s'abaisse quelquefois au-dessous du poids primitif, en raison de troubles «digestifs, de la perte d'appétit ou du défaut d'utilisation.

Chez les malades du second groupe, le poids s'élève plus lentement, mais de façon continue, en sorte que l'on a un résultat irès supérieur.

11 est donc nécessaire de prescrire les graisses, mais à doses modérées, dans le régime des tuberculeux et de s'informer avec :fioin au préalable: i" de l'état de leurs fondions digestives ; *j^> de la teneur en matières grasses de leurs aliments ordinaires.

AUMENTS ORGANIQUES 89

Les graisses s'absorbent soit en nature et presque à l'état de pureté (beurre, huile de foie de morue), soit sous forme d'aliments à prédominance grasse (lait, lard, olives, noix, noisettes, etc.), soit associés aux autres aliments albuminoïdes ou hydrocarbonés à l'aide d'artifices culinaires : cuisine au beurre du Nord, cuisine à l'huile du Midi, sauces en général.

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