‹ Les Allemands à Compiègne, septembre 1914, journal d'un otageChapitre 2 sur 13 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

ÉMILK LAROSK, LIDIUIRE-ÉDITEUR 11, rue Victor-Cousin, 11

.1 ?iia fille.

Ta me demandes, mon enfant, de te raconter les événements dontCompièr/ne fut le théâtre pendant V occupation alleînande, événements dont je fus spectateur, et dans lesquels feus même à jouer à certains numients une figuration. Je veux bien, en te prévenant toutefois, fjue tu trouveras mon récit bien peu mouvementé. Grâce à Dieu nos concitoyens nont pas vécu les jours tragiques que traversèrent nos voisins de Soissons, Creil, ou Se?ilis, ou ?nèfne des villages plus rappîYjcàés co7nîne Choisg, Ribécourt et tant d'autres, car leur ville fut, presque miraculeusement, préservée. Cela dit — et je devais t avertir — je commence :

en 1914

Qui n'a pas vu Compiègne dans les premiers jours du mois d'août 1914 peut difficilement se faire une idée exacte de l'agitation fébrile à laquelle furent en proie les habitants de notre cité pendant la période qui commenta au moment oii fut affiché l'ordre de la mobilisation générale, et qui dura deux ou trois semaines. Il y en avait du mouvement dans les rues ! des uniformes, du panache, de l'enthousiasme, des cavaliers, des voilures, des automobiles, des bicyclettes et des piétons. Tout le monde parmi les civils était nerveux et affairé. Les officiers de la garnison et les militaires de tous grades rejoignant leurs régiments étaient plus calmes : mais les pékins ! comme ils savaient s'agiter !

Le remue-ménage commençait de bonne heure. Vers les huit heures les « grandes commissions » se réunissaient à l'Hùtel de Ville dans la salle des

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