‹ Les allemandsChapitre 37 sur 89 · Hab und Leben Nos biens et nos vies · texte numérisé non relu

Hab und Leben Nos biens et nos vies

Dir zu geben A te donner

Sind vir allesammt bereit. Nous sommes prêts.

Sterben gern zu jeder Stunde, Nous mourons à toute hsure,

Âcliten nicht des Todes Wundc, Nous dédaignons la mort,

Wenn das Vaterland gebeut. Si la Patrie le demande.

fAllgemeinet Deutschcs Conimers Buch, I.ahr, i88î.

ÂLBRëCHT von GRAFF 133

Aiissilôt après, la foule s'écoula silencieuse.

Ce spectacle me serrait le cœur d'une angoisse intraduisible. Dans mon patriotisme attristé, je songeais à la jeunesse de mon pays; je me demandais pourquoi elle ne se montrait pas, elle aussi, à la fagon de la jeunesse allemande, rangée en bataille, sous le drapeau de la vraie science, autour des monuments de nos gloires, ou au pied de quelque statue en deuil de nos provinces perdues, et je cherchais en moimême ce qui pourrait, dans un prochain avenir, en faire une grande famille dans le large culte de la vérité, de la liberté et de la patrie.

Les associations d'étudiants dans TuniTO^ité. — Elles reposent sur la religion, la science, le patriotisme et l'esprit guerrier. — Type de ces diverses corporations. — La Allgemeine deutsche Burschenschaft. — Ses principes. — Ses statuts. — La scène de l'incorporation. — Avantages patriotiques de ces associations — Les hommes supérieurs de l'Aile magne y ont grandi.

Le groupement des étudiants en associations diverses est un des phénomènes caractéristiques les plus intéressants de la vie universitaire. C'est dans ces sociétés qu'une telle vie s'accuse, et c'est en pénétrant dans le secret de leur organi-

sation qu'on peut se faire une idée vraie de Tes prit qui anime la jeunesse allemande*.

J'en ai compté un grand nombre dans chaque université : vingt-cinq à Gœttingen, vingt à Halle, plus de trente-quatre à Berlin, plus de quarante à Leipzig. Elles sont à l'ensemble des universités ce que les différentes armes sont à l'armée d'un pays. Leur variété ne nuit point à l'unité, elle la féconde ; du reste la religion, la science, la patrie, voilà le trépied sacré sur lequel toutes reposent.

L'idée et le sentiment de la patrie allemande dominent dans les Burschenschaften et dans les Corps qui se recrutent parmi les étudiants riches et nobles. Le particularisme a trouvé ses plus fermes adeptes dans les Landsmamischaften^ aujourd'hui en pleine décadence. Leur étoile a pâli, à mesure que le soleil de l'empire s'est levé.

Le culte de la science a formé les associations

4. Gcschichte der Pàdagogik Karl vonRaumer, 4 Band. Gûlcrsloh. 4874.

ASSOCIATIONS D'ÉTUDIANTS ifT

littéraires, mathématiques, philologiques, médicales et autres, qui se composent surtout des étudiants travailleurs, des futurs savants et des professeurs de l'avenir. L'idée religieuse, enfin, a inspiré les associations théologiques et chrétiennes, comme celle de Wingolf^ celle des Missions, comme la Suevia et VAscania, qui rallient les étudiants catholiques de l'Allemagne.

Loin de décroître avec le temps comme des institutions surannées, ces associations se sont multipliées. Celles dont la science est Tâme ont pris entre toutes un incroyable essor, et, bien que les dernières nées, elles occupent certainement, aujourd'hui, le premier rang dans toutes les universités.

J'ai eu la curiosité de rechercher les statuts de celle qui a joué un des plus grands rôles, dès le commencement de ce siècle, je veux dire YAllgemeine deutsche Burschenschaft, qui se traduirait bien par le compagnonnage allemand universel. Sa constitution, qui remonte à Taunée 1818, donne une idée de toutes les autres

l'esprit patriotique, religieux et martial s'y accuse en traits énergiques.

£n voici les principes fondamentaux :

§ 1''. Le compagnonnage allemand universel est la libre alliance de la jeunesse allemande qui a été formée à la science dans les écoles supérieures du pays ; il a pour base le rapport de la jeunesse allemande avec Vunité future du peuple allemand.

§ 2. Le compagnonnage allemand universel, en tant que libre corporation, pose comme point central de son action collective les bases suivantes universellement reconnues :

a. Unité, liberté, égalité de tous les compa gnons entre eux; égalité de tous les droits et devoirs.

b. Formation allemande et chrétienne (cAm/liche, deutscke) de toute puissance d'esprit et de corps pour le service de la patrie.

§ 3. La communion de tous les compagnons (Bursche) dans l'esprit de ses principes présente l'idée la plus haute du compagnonnage allemand

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