‹ Les allemandsChapitre 36 sur 89 · L'ÂME DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

L'ÂME DE L'ALLEMAGNE

il faut regarder vivre ce peuple remuant que l'université attire, qu'elle recrute dans toutes les classes de la nation, qu'elle met en rapport d'égalité'^atemelîè absolue. Le culte supérieur de la science, sans détruire les distinctions naturelles de la naissance ou de la fortune, crée au-dessus d'elles une unité plus haute, où les plus intelligents et les plus laborieux occupent la première place. Et quand, au jour de quelque fête universitaire, cette jeunesse, à l'air martial, défile en rangs pressés sous les bannières de ses vingt corporations, escortant ses maîtres, le peuple se met aux fenêtres, comme au jour des parades, des grandes revues militaires, et il n'est pas moins fier de contempler sa jeunesse d'élite que son empereur, ses princes et ses soldats.

J'ai vu cela à Leipzig, pour l'anniversaire du roi de Saxe, et à Berlin, en 1882, pour l'érection d'une statue à une des gloires universitaires et médicales de l'Allemagnei.

i . Le docteur Albrecht von Grftflf*

J'ai encore sous les yeux ce dernier spectacle.

Ils étaient là plus de quatre mille, s'avançant en colonne, bannières déployées. Les chefs de chaque association ouvraient la marche, montés sur des chevaux blancs, Tépée nue au poing.

Les fanfares emplissaient Tair d'une harmonie guerrière. Après avoir assisté à l'inauguration de la statue, le cortège, en silence, s'est dirigé vers Kônigsplatz. C'est là que s'élève la colonne commémorative des victoires de la Prusse en 1864, en 1866, en 1870. Les fanfares avaient cessé. Un chant national retentit tout à coup * grave et profond, jaillissant de mille poitrines. Sur un signe de Tépée, au chant national succéda le chant de la jeunesse, avec le gai refrain :

Gaiideamus^juvenes dum sumus.

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