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UNE INCORPORATION

k cheval. Le livre de la constitution, le Convmers Buch est déposé, fermé, devant chaque membre. Un coup d'épée commande le silence.

L'orateur delà corporation se lève et adresse une parole de bienvenue au nouveau membre, qui se tient debout devant rassemblée.

Le secrétaire se lève à son tour, et, d^une voix loÎK lente et claire, il lit les paroles consacrées de la réception : « Vous voici en présence de rhonorable réunion pour prononcer le vœu qui vous introduit au milieu de nous.

Moi, secrétaire, je vous demande, au nom de l'association, solennellement et publiquement : « Reconnaissez-vous la pensée et Tesprit qui animent notre charte constitutionnelle? Reconnaissez-vous la pensée et Tesprit qui animent nos lois fondamentales et leur donnent puissance et crédit? Appartenez-vous au peuple allemand et reconnaissez- vous que, sans une vie patriotique, sans une participation personnelle au bien et au mal de la patrie, notre association ne saurait atteindre son but? Vous déclarez-

VOUS prêt à défendre corps et âme, au dedans et au dehors, le principe et la vie du compagnonnage, de telle sorte que vous n^hésitiez pas à vous dresser ou à tomber avec le compagnonnage comme avec le peuple allemand?... Alors, donnez votre parole d'honneur dans la main du Sprecher. »

Le récipiendaire répond : «Oui, » en tendant lamain au représentant de la corporation. Il est désormais le membre de la société des Burschenschaften.

L'égalité entre les titulaires est absolue. Ils sont frères. Ils se disent : tu. Ils s'assistent comme témoins en cas de duel. La seule différence entre eux c'est l'expérience et l'ancienneté. Après un an et demi, leur acceptation est définitive ; à la deuxième année, ils peuvent être élus membres du bureau ; à la troisème, président. Cette différence ne doit point amener la sujétion des jeunes sous les anciens : c'est la valeur de l'individu et non l'ancienneté qui compte.

Tout membre est tenu de prendre deux fois

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par semaine, à la salle d'armes, des leçons d'escrime.

Le duel est le mode de trancher toutes les questions d^honneur pendantes entre les étudiants et les corporations qui n'ont point renoncé à se battre. Dès lors, c'est un devoir pour chaque membre d'être en mesvd*e de se défendre lui-même, de défendre ses camarades, ue se battre au besoin pour eux et pour Tassociation.

La corporation a ses fêtes : elles sont destinées à rapprocher au moins une fois par an tous les membres épars et à réchauffer les sentiments patriotiques, religieux et fraternels du compagnonnage .

Ces usages et l'esprit qui les a créés vivent encore au sein des universités allemandes comme au lendemain d'Iéna. Certaines coutumes ont vieilli; mais l'esprit est resté jeune. La nouvelle Biirschenschaft, qui s'est récemment fondée, a tout gardé de l'ancienne ; elle

n'a en vue que la réforme des abus : le duel, ' Toppression des jeunes sous la tyrannie des anciens, et certains désordres de la vie d'étudiant.

J'ai sous les yeux une brochure récente * et divers numéros de la Gazette universelle du compagnonnage allemand : j'y retrouve les mêmes principes patriotiques et moraux, scientifiques et guerriers qui ont présidé à la fondation de la première Burschenschaft. Les voici, dans leur sobriété éloquente :

i** Culte de l'esprit national, sans parti politique ;

2* Culture de l'histoire des étudiants ;

3° Esprit scientifique ;

4* Principes de conduite morale ;

5* Vivre selon ses moyens, et ne point violer sa parole d'honneur;

6* Développement des exercices corporels :

gymnase, escrime, natation, etc.

{, Die neue Burschenschaft, von Eug. Wolff. Berlin, 1883.

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