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DIVISION DU SAVOIR

Elles ont prospéré malgré tout, et, lorsqu'on examine la vie intellectuelle de T Allemagne, les vingt-deux universités de l'empire se montrent à l'observateur comme les points culminants de son organisation savante. Ces vingt-deux sommets forment, dans la région de Fesprit, la haute chaîne des monts qui domine au loin la plaine, vrai château d'eau, où s'emplissent les réservoirs supérieurs de la pensée moderne, et qui, par des canaux bien endigués, distribuent à tous les plans inférieurs l'eau vive de la science universelle.

L'ensemble du savoir humain dans les universités allemandes se décompose, comme au moyen âge, en quatre facultés principales : la théologie, la jurisprudence, la médecine et la philosophie.

A première vue, on se demande comment ces simples titres spéciaux peuvent con^3nir le monde entier des connaissances supérieures. Il est évident que, dociles k l'in-

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stinci de conservation prédominant dans leur génie, les Allemands ont tenu à rester fidèles à la tradition des aïeux. Cette classification me fait l'effet de ces œuvres d'art gothique, moins correctes qu'expressives, et qui traduisent de grandes idées et des sentiments divins & travers la gaucherie des attitudes et l'incertitude des lignes. Au moyen âge, la théologie représentait dans l'université toute la science divine et humaine en sévère harmonie; la jurisprudence n'était que le droit romain transporté dans l'Église et épiu*é par le droit canonique; la médecine s'imposait plus encore qu'aujourd'hui à la pauvre humanité toujours tremblante devant la douleur et la mort ; la faculté des arts résumait toute science : on concevait, dès lors, que de tels linéaments pouvaient suffire; mais, aujourd'hui, ces linéaments sont un cadre bien restreint. Us ne dessinent plus que l'étroit berceau où l'esprit humain a pu dormir ses premiers sommeils et essayer se premiers mouvements. Devenu adulte, il lui faut

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