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UNITÉ ALLEMANDE 2S

inquiètent plus d'un Germain. L'antisémitisme déchire, d'une façon sanglante parfois, les populations germaines ou slaves, et Tempire allemand ne réussit à modérer ces dissensions qu'à force d'habileté et de fermeté politiques. Il laisse aux juifs leur libre développement dans la finance et dans la presse, mais il leur ferme la carrière militaire. Plus d'un Français apprendra peut-être avec étonnement que le corps des officiers prussiens ne compte pas un seul Israélite.

La langue seule est une en Allemagne ; et tandis que, dans notre pays, la puissance politique a peu à peu, de siècle en siècle, fondu les idiomes et créé l'unité de langage, le contraire s'est produit au delà du Rhin : c'est l'unité de langage qui a été la base des ambitions nationales et le prétexte [de l'unité politique tardive et — je le crois — fragile.

En dépit de toutes ces causes qui entravaient son organisation et son unité, l'Allemagne s'est unifiée, organisée.

Qui donc a produit cette œuvre dont on ne saurait méconnaître la puissance ?

Ne faut-il voir là que le résultat de grandes victoires et de savantes intrigues ? Non. Le militarisme de la Prusse et sa diplomatie expliquent seulement le mode d'après lequel s'est accomplie Tunité nationale; ils expliquent seulement pourquoi une telle unité s'est réalisée sous rhégémonie delà Prusse et non de l'Autriche, sous la forme impériale et non républicaine ; mais ils ne révèlent pas l'âme de cette unité, — cette âme qu^on sent palpiter dans l'Allemagne entière, lorsqu'on vit, dans le pays même, observateiu* indépendant.

En étudiant de près la jeunesse allemande, j'ai bien vite acquis la conviction que l'amour de la patrie, la conscience de ses destinées et l'ambition de ses gloires futures ont été cultivés surtout dans les universités.

Les universités, à mon avis, ont été la pierre angulaire de l'empire allemand.

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