MATERIAUX REFRACTAIRES
(le silice ; elle est employée seule pour garnir les soles des fourneaux à réverbère. Le sable n'est pas de la silice pure, mais les petites quantités de chaux, d'oxyde de fer et d'argile qui s'y trouvent généralement ne sont-pas un obstacle à son emploi. L'argile de Dina est une substance très réfractaire, que l'on trouve dans la vallée du Neath ; elle contient 97 pour cent de silice, le reste étant de la chaux, de l'oxyde de fer, de l'alumine, de l'alcali et de l'eau. Mélangée avec 1 à 3 pour cent de chaux, elle sert à faire des briques employées avantageusement pour les voûtes de beaucoup de fours à réverbère.
Ahimme. — Tout aussi infusible que la silice, elle a l'avantage de ne pas se combiner généralement aux bases; si elle donne quelquefois des aluminates, ces sels sont moins fusibles que les silicates. Mais l'alumine pure se trouve rarement dans la nature ; on a en grande quantité la bauxite qui, d'après Berthier, contient 32 pour cent d'alumine, 27,6 d'oxyde de fer et 20,4 d'eau ; sa composition varie suivant les échantillons. La variété ordinaire contient 3 à o pour cent de silice, 24 à 25 d'oxyde de fer, 50 à 60 d'alumine, 10 à 15 d'eau. Elle est généralement rouge foncé comme les minerais de fer ; mais quelques variétés renfermant peu de fer sont alors blanches et très réfractaires.
Chaux et magnésie. — Ce sont des corps infusibles, à caractère fortement basique, mais ils donnent des composés fusibles avec la silice et d'autres corps acides. Cette propriété est utilisée dans quelques fourneaux à acier, dont l'intérieur est garni de ces oxydes qui s'unissent avec l'acide phosphoriquo du fer pour donner des phosphates. La chaux et la magnésie se trouvent ensemble dans la dolomie ; on calcine le minerai et on en "fait des briques basiques.
Argile réfractaire. — Les corps réfractaires précédemment
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décrits peuvent se combiner dans certaines proportions sans cesser d'être réfractaires. L'argile réfractaire est un silicate hydraté d'alumine avec des quantités variables de chaux, magnésie, oxyde de fer, alcalis, etc., et un peu de silice mélangée mécaniquement. La propriété plastique de l'argile est due à l'eau combinée chimiquement. Dans tous les cas, la plasticité disparaît quand l'argile a été cuite ; elle reste alors granulée et friable. Les argiles des terrains houillers, comme celles de Stourbridge, sont admirablement aptes à faire des briques réfractaires quoique manquant de plasticité pour la poterie. En fait, un excès de plasticité est un désavantage pour quelques opérations métallurgiques ; les briques, par exemple, se briseraient après avoir été chauffées un certain temps.
§ 18. Creusets, etc. — Les creusets en terre sont faits d'argile réfractaire mélangée avec du sable, de l'argile cuite, ou d'autres matières infusibles, de façon à contrarier la tendance que l'argile crue possède de se contracter par la chaleur. Les corps ainsi mélangés avec l'argile se dilatent, en ne se contractant pas par la chaleur, ayant déjà été soumis une première fois à son action ; ils agissent ainsi en sens opposé à l'argile. Il faut qu'une telle composition puisse résister aux hautes températures sans se ramollir, ne pas devenir friable par la chaleur, être capable de subir des changements brusques de température sans se briser (par exemple, un creuset chauffé au blanc et sorti du fourneau dans l'air froid).
Quelques creusets doivent résister à l'action corrosive des oxydes métalliques qui se trouvent dans les matériaux traités ou dans les cendres des combustibles, de telle sorte qu'un bon creuset est celui qui est le mieux adapté aux besoins pour lesquels il est construit.
Les parties composantes du creuset sont d'abord finement