CREUSETS
pulvérisées et passées à travers un tamis dont la grosseur variera avec la finesse du grain que l'on veut avoir (la plasticité est intimement liée à la finesse des particules ; dans chaque cas, pour les petits creusets, celte finesse du grain paraît être indispensable) ; la poudre est ensuite mélangée à l'eau et pétrie suivant l'usage auquel on destine le creuset. Les meilleurs résultats sont obtenus en employant un mélange de différentes argiles réfraclaires, les plus infusibles renfermant la plus grande quantité de silice et le minimum d'oxydes de fer et de chaux. La fusibilité est sensiblement augmentée par la présence en petites quantités de potasse et de soude, qui ont cependant une action efficace en soudant ensemble les différentes particules. La pyrile de fer, qui se trouve fréquemment disséminée dans les argiles, spécialement dans celles provenant des terrains houillers, est peut-être la substance la plus dangereuse. Un creuset fait avec de semblables argiles deviendra crénelé de petites cavités et même de trous, s'il est exposé à l'action prolongée de hautes températures. Il en résulte que les creusets les plus réfractaires sont ceux faits d'argiles pures, analogues à quelques variétés exploitées en France.
La convenance d'une argile pour faire les creusets peut être déterminée en en moulant une portion dans une forme prismatique, ou dans un moule présentant des angles saillants, séchant avec soin, c"uisant et exposant à une haute température dans un creuset couvert pendant quelque temps. Si l'argile est très réfractaire,on ne verra aucun signe de fusion ; si les angles sont arrondis, ce sera la preuve d'un commencement de fusion ; s'ils sont fondus, l'argile sera inutilisable.
Les objets d'argile de toute espèce peuvent être essayés pour constater leur pouvoir de résistance à la corrosion, en
70 ALLIAGES METALLIQUES
les fondant dans un mélange de litharge, d'oxyde rouge de cuivre et de borax, et en notant le temps que ce mélange mettra à les traverser. Ceux qui résistent le plus longtemps à cette action destructive sont les meilleurs. La plupart des creusets sont, par ce moyen, détériorés irrégulièrement, montrant qu'il est nécessaire d'avoir un grain uniforme pour que le creuset résiste le mieux possible.
Tous les creusets doivent être recuits au préalable en les plaçant dans une position retournée au-dessus du fourneau ; autrement ils seraient aptes à se fendre si on les mettait dans un four porté au rouge. J'ai déjà signalé cette tendance à propos des meilleurs creusets en plombagine.
Les creusets de plombagine sont faits avec de l'argile réfractaire mélangée en proportion variable avec du graphite ou du coke pulvérisé. Le bon graphite n'est ni altéré ni fondu sous l'action des plus hautes températures , en l'absence d'air, de sorte que c'est une substance très précieuse pour les creusets. Le graphite est pulvérisé, tamisé et mélangé avec une quantité suffisante d'argiie pour le rendre plastique. Les bons creusets de plombagine, après un recuit préliminaire fait avec soin, résistent aux plus grands changements de température sans se rompre, et peuvent être chauffés plusieurs fois de suite.
Si un creuset ordinaire doit être protégé contre l'action corrosive des oxydes métalliques, ou si de petites quantités de composés métalliques ont été réduites, l'intérieur est recouvert d'un enduit de charbon de bois. On mélange, à cet effet, le charbon avec une quantité suffisante d'amidon ; on en fait une pâte que l'on fait adhérer par pression sur la paroi du creuset. Ce dernier est rempli avec la brasque, et on y fait une cavité de grandeur voulue à l'aide d'une pièce de bois de forme triangulaire, puis on unit avec une pièce de