‹ Les alliages métalliquesChapitre 30 sur 112 · LAITON BLANC · texte numérisé non relu

LAITON BLANC

Delta de ai mm. coulé en coquille, fut soumise aux essais mentionnés ci-dessous :

(L'échantillon fut réduit an centre pour l'essai.)

Aire.

Allonfrcmeot sur 76 mm.

Si

mm

mm

miu*

mm^

mm

Effort maximum.

kï par mm* 55,ï

Remarques.

Brisé d.ins la partie réduite ; bonnes cassures.

liaiton blanc.

§ 44. — Les alliages de cuivre etde zinc contenant moins de 45 0/0 de cuivre cessent d'avoir une couleur jaune. Ceux contenant de 40 à 30 0/0 de cuivre sont blanc dargenl, et audessous de 30 0/0, la couleur passe du gris au gris-bleuâtre, la ressemblance avec le zinc métallique étant d'autant plus gi'andc que la proportion de ce métal est elle-même plus grande. Les alliages blanc d'argent ont une cassure conchoïdale, et les alliages les plus zincifères ont une cassure plus ou moins cristalline. A cause de leur aigreur, ils ne peuvent êtie employés pour le laminage et le tréfilage ; mais quelquesuns sont utilisés pour les travaux à la presse, si on ne se sert pas de pressions trop fortes. Certains de ces alliages sont connus sous des noms spéciaux.

§ 45, — Platine Birmingham et Plomb-plati7ie. — Ils sont employés pour certains travaux ; leur composition varie suivant les fabricants :

Cuivre 46,5 43 20

Zinc 53,5 57 80

HIOR^s 9

Ces alliages sont utilisé? pour les boutons: on les coule dans des moules donnant des arêtes vives, et] on régularise par une compression faite avec soin. D'autres alliages pour boutons contiennent :

Cuivre ..54 50 60,0 60 54,5

Zinc 43 45 33,5 30 45,5

Étain 3 5 6,5 10 »

§ 46. — Alliages de Sorel. — Ces alliages se distinguent par une grande dureté et une ténacité considérable. Ils se moulent bien et peuvent être facilement détachés du moule. Employés beaucoup pour les statuettes et autres objets artistiques, ils sont vendus sous le nom de bronze fondu après avoir été préalablement bronzés. Les proportions suivantes sont recommandées :

Cuivre i 10

Fer 1 10

Le fer est employé en tournure et fondu avec le cuivre et le zinc sous une couche de charbon de bois. Mais comme le zinc se volatilise très facilement, il est préférable de l'employer préalablement fondu : on obtient ainsi un alliage plus homogène avec la perte minimum de zinc.

§ 47. — Bronzes de Fontainemoreau. — Ils sont recherchés pour le moulage en coquilles, le métal étant coulé dans des moules en fer. On a ainsi des alliages plus homogènes, le refroidissement rapide empêchant la séparation des constituants selon leurs densités respectives. La nature très cristalline du zinc est changée par l'addition de cuivre, de fer ou de plomb. On emploie les proportions suivantes :

soOdures pour laitons 13i

Zinc . .

Cuivre .

Fonte. .

Plomb .

Soudures pour laitons.

§ 48. — Ce sont des alliages de cuivre et de zinc employés pour joindre les différentes parties d'un objet. Le point de fusion de la soudure doit être inférieur à celui du corps à souder, mais il doit en être aussi voisin que possible, afin d'obtenir un joint plus solide. La soudure pour laiton appartient à la classe connue sous le nom de soudures fortes ou brasures. On peut dire, en règle générale, que le point de fusion des alliages cuivre-zinc est d'autant plus élevé qu'il contient plus de cuivre, et alors, un laiton quelconque pourra être transformé en soudure par addition de zinc ou de cuivre, suivant les cas. L'alliage employé ordinairement pour souder le laiton contient parties égales de cuivre et de zinc. Une soudure facilement fusible s'obtient avec 34 de cuivre et 66 de zinc. Dans ce cas, cependant, le joint serait beaucoup plus faible que si la soudure employée était plus difficilement fusible ; l'excès de zinc devra être évité lorsque ce sera possible. Une autre soudure fusible a la composition suivante : 44 parlies de cuivre, 50 de zinc, 4 d'étain et 2 de plomb. Les alliages contenant du plomb ne sont pas recommandables, car ce métal tend à se séparer et à donner des pailles noires invisibles ; la solidité du joint est ainsi diminuée. Une forte soudure pour les alliages plus riches de cuivre et de zinc s'obtient avec 53 parties de cuivre et 47 de zinc. La soudure pour laiton est quelquefois employée pour souder le fer et le cuivre, et comme ces métaux ont un point de fusion plus

ALLIAGES METALLIQUES

élevé que celui du laiton, on peut utiliser une soudure de meilleure qualité ; c'est ce qui arrive souvent. Dans ces cas, l'étain est souvent ajouté comme un des constituants ; on doit éviter son emploi, car il augmente l'aigreur de la soudure et devient ainsi une cause de faiblesse. L'addition d'étain au laiton donne lieu au passage de la couleur jaune à la couleur grise ou blanche, suivant la quantité d'étain employée ; les alliages sont alors obtenus avec une couleur jaune, blancjaunâtre et blanc-grisâtre. Le tableau suivant donne les différentes variétés de soudures :

Très forte

Forte

Moyenne

id

Facilement fusible .

id.

Soudure blanche . .

Cuivre

Zinc

Elain

Plomb

SO

Couleur

jaune rougeâtre

blanc

gris

blanc

Dans la fabrication des soudures, il est très important que les métaux constituants soient de très bonne qualité, car les impuretés modifient sérieusement la couleur, la malléabilité et la résistance de la soudure ; on doit également apporter beaucoup de soin dans le mélange des métaux, de façon à obtenir un alliage uniforme. La soudure est souvent faite en fondant le laiton et y ajoutant la quantité calculée de zinc ; on a ainsi un mélange plus parfait et une perte de zinc moindre que dans le cas où l'on met le zinc dans le cuivre fondu. La soudure est ordinairement employée sous forme de grains; on obtient ces grains en coulant l'alliage fondu dans l'eau, ou en le pulvérisant dans un mortier de fer étant encore très chaud.

Le mode le plus convenable pour préparer la soudure pour

SOUDURES POUR LAITONS 133

laiton est le suivant : fonilre rapidement le laiton dans un creuset, le métal étant recouvert d'une couche de poussier de charbon de bois ; lorsqu'il est complètement fondu, ajouter le zinc qui a été préalablement chauffé près de son. point de fusion. Agiter vigoureusement pendant quelques minutes pour être certain de l'homogénéité du mélange, enlever la scorie de la surface et couler ensuite, en ayant soin que ni du charbon ni de la scorie ne soient entraînés avec le métal dans le moule, ou dans l'eau conme ce peut être le cas.

Une méthode de granulation consiste à retirer le lingot du moule aussitôt solidifié et à le pulvériser dans un grand mortier de fer ; ou bien à chauffer le lingot de soudure au-dessus d'un feu de charbon de bois et le pulvériser ensuite dans un mortier de fer.

Quelques fabricants mettent le métal fondu dans une cuiller et le versent ensuite dans l'eau froide d'une hauteur considérable ; sur son passage, le métal traverse un balai humide ou un dispositif semblable, de façon à être divisé en fragments. Le métal granulé est ensuite passé dans une série de cribles de différentes grandeurs, de manière à obtenir des grains uniformes.

Un autre procédé est le suivant : couler le métal fondu sur la surface d'une grande boule de fer placée dans une terrine basse contenant de l'eau froide, de sorte que le haut de la boule émerge au-dessus de la surface de l'eau. Le métal est ainsi rompu en petits fragments de grandeur uniforme.

D'après Krupp, on obtient les meilleurs résultats de la manière suivante :

« A quelque distance au-dessus de la surface de l'eau servant à l'opération, on dispose un tube horizontal communiquant ou avec une pompe foulante puissante ou avec un réservoir d'eau. Avant de couler le métal, on ouvre le robinet

du tube de façon à diriger le jet d'eau liorizontalement audessus du vase contenant TeEfu. Le métal fondu est versé sur ce jet d'eau ; et il est d'autant plus divisé que l'eau s'échappe du tube avec une plus grande force. Par ce moyen, il est possible, dans certaines limites, d'obtenir des grains de dimensions déterminées. » Gomme le montre cette description, la pulvérisation du courant de métal fondu est basée sur le même principe que celui employé pour la diffusion des liquides odorants dans l'air.

Si la soudure est granulée au moyen de l'eau, il est nécessaire de retirer les grains de l'eau aussitôt que l'opération est terminée et de les sécher vivement, afin d'éviter une oxydation superficielle.

Fabrication des laitons.

§ 49. — Il a été fait allusion précédemment à deux modes distincts de fabrication des laitons, connus respectivement sous les noms de métliode à la calamine et de méthode directe; la première était presque exclusivement employée il y a cinquante ou soixante ans, mais elle est maintenant pratiquement abandonnée. Dans la méthode ancienne ou méthode à la calamine, le cuivre métallique est mélangé avec de l'oxyde de zinc et du charbon de bois et ce mélange est fortement chauffé pendant douze heures et plus ; le zinc, réduit par le carbone et l'oxyde de carbone, s'allie avec le cuivre pour donner le laiton. Le métal ainsi préparé a été réputé de qualité supérieure à celui fait par la méthode directe ; mais par suite de la grande amélioration dans la qualité des laitons de ces dernières années, il est très douteux, si l'ancien procédé était repris, que la valeur du métal pour beaucoup d'emplois fût supérieure à celle du laiton étant actuel-

Page 1