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PRÉPARATION DES ALLIAGES D'OR

est recouvert d'une couche de charbon de bois. Lorsque le zinc est un des constituants de l'alliage, ce métal doit être ajouté lorsque les autres métaux sont fondus,, à cause de sa nature volatile. Lorsque le tout est fondu, on agite vigoureusement avec une tige de fer, préalablement chauffée au rouge, afin de provoquer une union plus intime des composants de l'alliage. Le métal est alors prêt à verser dans le moule^ si la température convenable a été atteinte.

Les alliages d'or sont coulés soit dans des moules^en fer, soit dans des moules en sable, suivant l'usage auquel il est destiné. Les joailliers emploient rarement des moules, sauf pour les objets d'une épaisseur considérable (anneaux) et ceux qui ont un gros relief. Pour les petits articles, on se sert d'os de seiche, le modèle étant pressé dessus de façon à être reproduit, comme dans le cas du sable. Quelquefois, on frotte deux morceaux d'os tout à fait plats sur une pierre douce et dans chacun d'eux, on dessine la forme requise, en laissant un trou à travers lequel on coulera le métal.

La plus grande partie de l'or est coulé dans des moules à lingots, puis laminé en feuilles ou étiré eu fils. Les dilFérentes précautions déjà données à propos de la coulée des métaux s'appliquent en majeure partie aux alliages d'or. Le moule doit être sec. chautfé préalablement, puis noirci ou graissé pour éviter l'adhérence du métal. Si le moule est trop froid ou trop chaud, le métal crachera, et il y aura perte d'or. 11 faut éviter avec beaucoup de soin de ne pas laisser couler du charbon ou des écumes avec le métal : faute de cette précaution, on obtient souvent des, coulées défectueuses. On peut employer une mince pièce de bois plat, tenue dans la main gauche ; on préfère le bois de peuplier, parce qu'il brûle très lentement. Beaucoup de défauts proviennent de mauvaise poudre de charbon de bois, qui est quelquefois souillée de

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poussière. Cette dernière peut être décelée par un lavage à l'eau, qui sera colorée par le' charbon ; l'eaufiltréesur du bon charbon de bois doit être parfaitement incolore.

L'or craque quelquefois pendant le laminage, ce qui est dû à son aigreur ou à la présence d'impuretés. Beaucoup de substances sont recommandées et employées pour le raflinage de l'or; pour la plupart, elles contiennent du chlore (sel commun, bichlorure de mercure, sel ammoniac). Le sel commun n'est pas à retenir : il produit un laitier très liquide qui peut couler dans le moule avec le métal, donner un lingot irrégulier plein de petits trous. La même remarque s'applique au borax. Le bichlorure de mercure convient très bien, si l'aigreur de l'or tient à la présence du plomb ou de l'élain : la cassure de la barre présente alors un grain serré, d'une couleur jaune pâle. Dans la plupart des cas, le sel ammoniac est le meilleur agent. Comme le chlorure de mercure, le sel ammoniac est volatil ; une partie se volatilise, pendant que l'autre est décomposée en ammoniaque et acidechlorhydrique, Ce dernier agit probablement sur les métaux ordinaires pour donner des chlorures volatils. Il ne reste ainsi aucun laitier pouvant couler dans les moules et contaminer le lingot de métal purifié. Dans la plupart des cas, il suffit d'une très petite quantité de ce flux ; à la vérité, un grand excès serait nuisible Toutefois, lorsque les alliages d'or contenant du cuivre sont fondus pour être affinés, on ajoute une petite quantité de charbon de bois en même temps que le chlorure employé.

Dans la fabrication des alliages d'or, il est convenable 'de ne pas employer autre chose qu'un peu de poudre de charbon de bois, pour former une couche prolectrice qui empêche l'oxydation du cuivre.

Dans la fusion des métaux précieux, la qualité du coke employé n'est pas indifférente. Les observations suivantes de

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M. C. Tookey, autrefois assistant-essayeur à la Monnaie du Japon, se rapportent à ce sujet (1).

A la Monnaie impériale d'Osaka (Japon), les barres d'or de San Francisco étaient fréquemment converties on métal pour monnaies en les fondant avec la proportion requise de cuivre pour obtenir un alliage au titre de 900 millièmes. En fondant d'une manière particulière, il y avait une perte inusuelle. Aucune bonne raison n'en était donnée ; mais M. Tookey trouva que les moufles de plombagine et les agitateurs employés pour l'opération étaient couverts de petites particules d'alliage d'or. Il semblait que les particules avaient été projetées de la surface du métal fondu par le départ d'un gaz. M. Tookey avait souvent observé un phénomène semblable lorsque les crcusetscontenantunalliage cuivre-argent étaient retirés du fourneau avant la coulée. Pendant qu'un de ces creusets, contenant 75 kgrs., refroidissait sur le plancher de la chambre de fusion, il se produisit une vive effervescence à la surface du métal, le projetant en petites particules qui se déposaient sur le plancher. Durant l'effervescence, il y eut une forte odeur d'acide sulfureux qui, sans aucun doute, avait été absorbé ou occlus par le métal, lorsque le creuset avait été exposé, à une haute température, aux produits de la combustion du coke contenant beaucoup de soufre.

La dimension des barres coulées varie suivant l'usage auquel elles sont destinées. Les fabricants d'agrafes coulent l'or en plaques larges et minces. Les fabricants de chaînes le coulent en bandes longues, et suffisamment épaisses, qui, lorsqu'elles sontlaminées aux environs des numéros 10, M, 12 du calibre de Birmingham, sont recuites et coupées en bandes dans la machine à fendre, si elles ont été étirées en fils.

(1) Percy, Mélalluri/ie \ or et argent, part. I, p. 489.

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Un fourneau à fusion ordinaire des joailliers est un fourneau à vent, ayant environ 23 cm. do profondeur, garni avec desbriques réfractaires. Le trou de tirage a 15 cm. sur7 cm. 3 et le cendrier doit avoir une capacité au moins égale à celle du fourneau. Les barres ont 2S cm. de long et 3 cm. de large en haut ; elles vont graduellement en diminuant vers le bas. Le four doit communiquer avec une cheminée d'au moins 12 mètres de haut, afin d'obtenir un tirage actif et puissant. L'ouverture doit Hve fermée avec deux briques réfractaires; chacune d'elles est maintenue solidement avec une barre de fer. Le tirage est régularisé par un registre convenable placé sur le conduit. On emploie généralement le coke; il doit être de bonne qualité et pratiquement exempt de soufre.

Les fours employés pour fondre l'or pour monnaies sont de plus grandes dimensions que ceux décrits jusqu'ici, et correspondent à ceux décrits à propos de la fusion du laiton (p. 138). L'or est vendu parla Banque d'Angleterre à la Monnaie en lingots de 12 kg. chacun. Les creusets, faits en plombagine, peuvent contenir plus de 36 kgrs. de métal-type. Ils sont d'abord chauffés avant l'introduction de la charge, afin d'éviter leur rupture lorsqu'ils contiendront le métal précieux. Pour voir si un creuset est sain, une barre de fer froide est placée au fond ; s'il y a craquement, on le verra aussitôt. Lorsque le mélange d'or et de cuivre est fondu, on l'agite vigoureusement avec une tige de fer, et on le verse dans les moules à lingots.

Les lingots sont alors essayés; deux essais sont faits par deux personnes pour chaque lingot, et l'échantillon correct est ainsi déterminé. S'il est trouvé correct, les planches sont percées et laminées aux dimensions voulues pour être débitées en flans.

§ 143. — Préparation de for pur. — La méthode suivante

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a été adoptée par les essayeurs pour lu fabrication de l'or pur. L'or est dissous dans l'eau régale, l'excès d'acide est chassé, et on ajoute de l'alcool et du chlorure de potassium pour précipiter les traces de platine. Le chlorure d'or est alors dilué avec de l'eau distillée dans la proportion de L'J gr. par 4S00 cent, cubes ; la solution est abandonnée pendant trois semaines, puis elle est soigneusement siphonnée ; on ajoute ensuite de l'acide oxalique de temps en temps jusqu'à ce que la solutioa soit incolore ; vers la fin, la précipitation de l'or est aidée par unedouce chaleur. L'éponge d'or ainsiobtenue est lavée à différentes reprises avec del'acide chlorhydrique, de l'eau distillée, de l'eau ammoniacale, et finalement avec del'eau distillée. Elle est alors fondue dans un creuset de Picardie avec un peu de bisulfate de potasse pur et de borax, et versée dans un moule en pierre. La plaque d'essai préparée de cette manière pèse 2100 gr. et est d'une pureté moyenne de 999,96 parties d'or p. dOOO.

§ 144. — Raffinage deVor. — L'or employé pour les monnaies, s'il ne contient pas plus de 10 0/0 d'argent, est ordinairement purifié par le procédé de Miller au gaz chlore. On fond l'or impur dans un creuset d'argile, glacé intérieurement avec du borax, et on fait passer le chlore dans le métal fondu à l'aide d'un tube d'argile. Le chlore se combine à l'argent pour donner du chlorure qui vient à la surface du métal fondu, pendant que les chlorures des métaux ordinaires (zinc, bismuth, arsenic, antimoine, etc.) sont volatilisés. Une couche de borax est placée à la partie supérieure pour empêcher la volatilisation du chlorure d'argent. L'or ainsi raffiné contient de 991 à 997 parties pour 1000 d'or pur : il est plus pur que l'or fin ordinaire.

Le D' J. G. Boolh, de la Monnaie des Etats-Unis, a découvert une méthode générale d'affinage de l'or et de l'argent ;

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elle a été décrite, il y a quelques années, dans the American chemical Society. M. Booth avait trouvé qu'une certaine quantité d'or aigre accidentellement fondu avec de l'or affiné dans un creuset avait rendu toute la masse très cassante ; la cassure était cristalline, et le métal ne pouvait pas être employé pour le monnayage. Le tout fut alors affiné par l'auteur en un jour et demi pour un prix infime par son nouveau procédé. Environ 23.50 kg. furent divisés en 14 portions, et chaque portion fut affinée séparément. Les lingots, qui pouvaient être brisés en morceaux en les frappant sur l'extrémité d'une boîte en bois, furent mis dans le creuset avec des cendres sodiques et du borax anhydre fondu, dans la proportion de 30 à 60 gr. par charge ; le creuset fut presque rempli. Après la fusion, on obtint une masse tranquille de métal couverte d'un laitier graisseux, disposé à augmenter de volume. Quelques cristaux de salpêtre (30 à 60 gr.) furent alors jetés au centre de la surface métallique et comme ils fondaient, on favorisa leur répartition au-dessus de la surface du bain par le mouvement concentrique du fond d'un petit creuset. Au moment oîi l'action oxydante visible commençait à se ralentir, le fondeur à l'aide d'un petit creuset de plombagine écumait la matière fondue aussi rapidement que possible, en évitant d'enlever du métal. Ce qui restait dans le creuset était du métal affiné.

§ 145. — Or doublé. — Cette opération consiste à réunir une barre d'or à une barre d'un autre métal par ressuage ou par soudure.

Une barre d'or de qualité désirée et une barre de métal ordinaire sont d'abord parfaitement aplaties sous une presse ; les surfaces devant être réunies sont limées, nettoyées, et bien frottées avec du borax. Les deux barres de métal sont d'abord attachées avec du fil de fer, placé dans un moule, et la tein-

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